Selon une nouvelle étude, les souvenirs des patients atteints par la maladie d’Alzheimer pourraient ne pas être perdus à jamais.

Des scientifiques de l’Université de Columbia, aux États-Unis, ont découvert que les souvenirs des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer, peuvent être récupérés grâce à l’optogénétique : cette méthode associe l’optique à la génétique, et permet donc, grâce à l’utilisation de lumières, de rendre certains neurones sensibles à la lumière.

Cette étude pourrait améliorer notre compréhension de la maladie et nous aider à comprendre comment, au lieu de simplement détruire la mémoire, elle perturbe les mécanismes permettant de se rappeler des souvenirs. Les résultats ont été obtenus par les chercheurs en comparant des souris en bonne santé avec des souris souffrant d’une maladie semblable à la maladie d’Alzheimer chez les êtres humains.

Dans un premier temps, certaines parties du cerveau des souris ont été conçues afin d’émettre une lumière jaune lorsque le souvenir se stocke, tandis qu’une lueur rouge est perçue lorsque la souris accède à ce souvenir, en s’en rappelant. Les souris ont ensuite été exposées à une odeur de citron puis ont reçu un choc électrique, associant ces deux souvenirs de manière simultanée.

Une semaine plus tard, les souris ont à nouveau été exposées à l’odeur de citron : les chercheurs ont observé des lueurs jaunes et rouges chez les souris en bonne santé, qui exprimaient alors de la crainte (tandis qu’elles accédaient aux souvenirs corrects).

Cependant, les souris atteintes par la maladie d’Alzheimer émettaient des lueurs dans différentes régions du cerveau et étaient indifférentes aux stimulations par l’odeur du citron, démontrant qu’elles allaient chercher des informations dans les mauvaises sections du cerveau.

L’équipe, dirigée par Christine A. Denny, a ensuite utilisé un câble de fibre optique pour émettre une lueur de laser bleu dans le cerveau des souris. Cela a « réactivé » la mémoire de la souris avec succès, générant à nouveau une réaction de peur lorsque les souris ont senti l’odeur du citron.

Cette recherche pourrait donc amener de réelles révolutions dans le domaine de la recherche et du traitement de la maladie d’Alzheimer. En effet, en comprenant mieux le fonctionnement de la maladie, de nouveaux traitements pourraient être établis afin d’aider les personnes atteintes à accéder à leurs souvenirs.

À présent, les chercheurs devront répondre à la question cruciale qui est de savoir si le cerveau des souris et la maladie d’Alzheimer artificielle à laquelle ils les ont exposées, sont suffisamment similaires à la variante humaine de la maladie pour que les résultats soient médicalement significatifs et fiables.

De plus, il est extrêmement difficile de cibler des souvenirs spécifiques, car le cerveau reste un organe des plus complexes dont nous ne connaissons pas encore tous les mystères. D’autres études seront donc nécessaires, mais les résultats de cette recherche restent prometteurs.

Sources : HippocampusAlzheimer’s Foundation of America

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