Voici ce que dont nous aurions besoin pour transformer des trous de ver en des raccourcis intergalactiques ! Un raccourci efficace pour diminuer la durée d’un trajet est très souvent apprécié. Mais qu’en est-il des tunnels spatio-temporels ? Sont-ils envisageables ?

Penchons-nous dans un premier temps sur les trous noirs, les trous blancs et les trous de ver, sur ce qu’ils sont en réalité. Posons-nous ensuite la question suivante : comment est-ce qu’ils pourraient, du moins théoriquement, permettre des voyages plus rapides à travers l’espace et le temps ?

Nous connaissons tous l’existence des fameux trous noirs. Mais, la physique qui les explique prédit également la possible existence de trous blancs, qui seraient donc l’opposé des trous noirs : en astrophysique, un trou blanc est un objet susceptible d’exister réellement, car il peut être décrit par les lois de la relativité générale. Rien ne peut s’échapper d’un trou noir et concernant un trou blanc, rien ne peut y pénétrer. Techniquement, cela s’exprime par le fait que la singularité gravitationnelle qui existe au sein de ces objets est dans le futur de l’horizon qui l’enveloppe (trou noir), ou dans son passé (trou blanc)En cosmologie par exemple, le Big Bang peut être considéré comme un trou blanc.

L’horizon des événements d’un trou noir représente la limite au sein de l’espace entourant un trou noir dont, une fois dépassée (une fois que vous y êtes entrés), il est impossible de s’y échapper (même la lumière y est condamnée). Mais d’une autre part, l’horizon des événements d’un trou blanc est impossible à pénétrer.

Le trou de ver quant à lui entre en jeu lorsque nous apprenons que tous les trous noirs sont naturellement reliés à des trous blancs : tels des jumeaux identiquement opposées, joints aux singularités. C’est du moins ce que pensent certains scientifiques, car bien que nous ayons constaté l’existence de nombreux trous noirs, nous n’avons toujours aucune preuve que les trous blancs existent bel et bien. Nous n’avons également aucune preuve d’un quelconque processus susceptible de les former, ou d’un moyen pour eux de continuer d’exister une fois leur formation achevée. Par contre, d’autres scientifiques pensent que l’existence de ces trous blancs est tout simplement impossible, car ils ne seraient jamais assez stables pour perdurer une fois formés. Cette instabilité affecterait directement le trou de ver : ils ne pourraient jamais durer, se prolongeraient et se déchausseraient presque immédiatement.

Cependant, certains continuent de penser que nous pourrions faire perdurer et « fonctionner » les trous de ver, comme un véritable système de métro à travers l’Univers. Afin de faire fonctionner un tel système, il faudrait se situer juste à l’extérieur de l’horizon des événements du trou noir, dans le but de le traverser, sans subir les effets de sa gravité. En effet, nous savons que si nous nous approchons trop d’un trou noir, il s’agirait d’un aller simple au-delà de son horizon des événements : nous serions alors littéralement « spaghettifiés »… et ce ne serait qu’un début.

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Crédits : Hitek

Il faudrait également un tunnel assez solide et stable pour gérer à la fois le penchant gravitationnel mentionné ci-dessus, ainsi que les personnes qui le traversent à des vitesses extrêmes.

Qu’est ce qui pourrait rendre tout cela possible ? Un tunnel en matériau de masse négative. Les matériaux de masse négative n’ont pas été découverts (ou fabriqués) dans l’Univers, bien que des physiciens de Washington aient récemment créé un fluide présentant une masse négative. Est-ce qu’un jour des scientifiques arriveront à créer un matériau de masse négative ? Peut-être.

Pourtant, devrait-ce être une priorité ? Il y a en effet de nombreuses raisons pour lesquelles un tel système de déplacement rapide serait exceptionnel pour l’humanité : nous pourrions enfin explorer tous les recoins de la galaxie, peut-être même découvrir une vie extraterrestre dans l’espace, des planètes habitables, etc. Tout cela, et nous en sommes certains, ne serait que la partie immergée de l’iceberg au niveau des découvertes que nous pourrions effectuer en voyageant à travers l’Univers de cette manière.

Cependant, nous ne devrions pas baser tous nos espoirs de traverser un jour la galaxie et voyager à travers l’espace sur cette méthode théorique, sur les trous de ver. En effet, il reste très peu probable que de quelconques percées en physique, comme par exemple la création de matériaux de masse négative, puisse un jour mener à la création de trous de ver utilisables à de telles fins. Ces tunnels permettant des voyages spatiaux violeraient beaucoup de lois et théories physiques, dont bon nombre d’entre elles ont déjà été testées et validées.

De plus, il existe un certain nombre d’autres projets en cours, qui pourraient un jour nous permettre de voyager efficacement et surtout beaucoup plus rapidement à travers l’espace. C’est notamment le cas de l’EM drive, ou le propulseur à cavité résonante électromagnétique asymétrique, qui est un système de propulsion électrique visant à produire une poussée sans carburant. Si cela fonctionne, cela représenterait indéniablement une avancée sans précédent dans le domaine du voyage spatial sur de longues distances.

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Test d’un moteur ionique au xénon, dans un laboratoire du Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Crédits : NASA/JPL

Il faut savoir que la propulsion ionique est déjà utilisée pour les déplacements des fusées lorsque celles-ci sont déjà dans l’espace : par exemple, la mission Dawn de la NASA utilise cette technique, tout comme plusieurs autres missions Japonaises ou de l’ESA (l’agence spatiale européenne).

Mais cela risque encore de prendre un certain temps avant que la technologie soit assez avancée pour une utilisation à grande échelle, qui permettrait aux humains de se déplacer encore plus rapidement dans l’espace et sur de plus grandes distances. Dans tous les cas, il reste peu probable qu’une solution nous permettant de traverser sans risque des trous de ver, mais qui enfreigne un certain nombre de lois de la physique, voit prochainement le jour.

Sources : Washington State University, Scientific American

Une réponse

  1. Chris

    Un trou blanc serait donc la deuxième extrémité d’un trou noir et serait ce que l’on appelle le « Big bang ».
    Il serait donc normal que nous ne puissions pas en observer dans notre univers.
    Il pourrait être possible que chaque trou noir donne naissance à un nouvel univers a son extrémité. Si Multivers il y a, il faut bien que ces autres univers se créer d’une façon ou d’une autre.

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