Les scientifiques sont enfin en train de comprendre comment réparer les lésions de la moelle épinière, ce qui n’est pas une chose aisée. De nouvelles recherches ont mis en lumière la manière dont l’une des techniques les plus avancées fonctionne, et en particulier comment le corps peut se guérir, avec l’aide des chirurgiens.

En plus de proposer un aperçu plus détaillé des traitements existants, les chercheurs espèrent que cette étude pourra conduire à de nouvelles techniques permettant de lutter contre d’autres types de dommages du système nerveux, peut-être même dans des cas où la moelle épinière est sectionnée.

L’équipe du King’s College de Londres, au Royaume-Uni, s’est concentrée sur une méthode récemment développée qui consiste à reconnecter les neurones sensoriels à la moelle épinière après des traumatismes, en examinant comment la réparation s’opère au niveau cellulaire et la manière dont les neurones se reconnectent afin de rétablir certains circuits brisés à travers le corps.

« La stratégie consistant à encourager une nouvelle croissance à partir des neurones de la moelle épinière pourrait être utile pour d’autres blessures du système nerveux », a déclaré Thomas Carlstedt, l’un des chercheurs de l’étude.

La moelle épinière désigne la partie du système nerveux central qui se prolonge en dessous du tronc cérébral au niveau du bulbe rachidien. Elle est contenue dans le canal rachidien, qui la soutient et la protège. Elle gère à la fois les neurones (pour le mouvement musculaire) et les neurones sensoriels (pour la douleur, le toucher, etc.), permettant à toutes les cellules nerveuses du corps de communiquer avec le cerveau.

Lorsque ces deux types de neurones se connectent à la moelle épinière, l’on obtient ce que l’on appelle des racines motrices et des racines sensitives. Lors de traumatismes, ces racines se déchirent et provoquent une perte de connexion entre les parties du corps.

Tandis que les racines motrices peuvent généralement être replantées par les chirurgiens (et peuvent ensuite repousser), les racines sensitives sont bien plus difficiles à reconstruire. « Les médecins ont déjà considéré ce type de lésion de la moelle épinière impossible à soigner. Ces blessures causées par déchirure peuvent causer un grave handicap et une douleur atroce », explique Nicholas James, un membre de l’équipe.

Cette nouvelle méthode consiste à couper les cellules nerveuses sensorielles originales à la racine et à replanter cette racine plus profondément dans la moelle épinière, plus précisément dans une zone appelée corne dorsale (ou corne postérieure), qui est composée de plus de neurones sensoriels qui ne se connectent généralement pas directement aux racines sensitives.

moelle epiniere

Cette nouvelle technique implante les cellules nerveuses sensorielles plus profondément dans la moelle épinière. Crédits : Thomas Carlstedt/Mårten Risling

Lorsque cette technique a été testée chez des patients, plusieurs réflexes rachidiens sont revenus, démontrant que certains des circuits neuronaux avaient été reconnectés. Mais comment est-ce possible ? Telle était la question de cette nouvelle étude, qui a reproduit ce même type de blessures chez des rats, et a testé les mêmes techniques dites de réparation, en utilisant des impulsions électriques afin de voir comment les circuits neuronaux avaient réussi à se réparer par eux-mêmes.

L’analyse a montré que de petites ramifications neurales avaient poussé à partir de dendrites dans la corne dorsale : les neurones avaient donc atteint la racine sensitive implantée pour générer à nouveau des circuits neuronaux fonctionnels.

À présent, nous savons que la corne dorsale est propice à l’utilisation de cette technique et pourrait bien nous offrir un moyen de réparer efficacement différents types de lésions de la moelle épinière, et peut-être même de reconnecter les circuits neuronaux dans des cas où la moelle épinière a été sectionnée.

Bien entendu, des recherches supplémentaires devront être menées, mais il est intéressant et important de pouvoir examiner de près comment les chirurgiens et le corps humain peuvent combiner leurs efforts afin de réparer certains types de blessures.

Sources : Frontiers in Neurology, Science Daily

7 Réponses

  1. Ammar Oulmi

    Bonjour
    Je suis très intéressé par ce qui a été publié concernant l’étude sur la réparation de la moelle ,ma question et savoir ,ça concerne les blessures dans l’immédiat ou d’autres dépassant la phase de consolidations

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  2. Fernand jr Couture

    Bonjour,
    Ma question est aller vous être en mesure de faire des essais cliniques,
    même si ça fait longtemps que la blessure est arrivé..?

    Parce ce que je ressens mon corps et quand je force ďans mes muscles, je ressens une certaine petite contraction.
    Merci de méclairé sur ce sujet.

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  3. SANKARA harouna

    Bonjour jai aime votre article .
    Je voulait savoir si cela concerne les tetraplegique de plus de 2ans .
    Si possible je voudrait participe a vos essai . merci a vous qui vous batte chaque jour pour trouve un remaide pour nous tetra et paraplegique

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  4. Christophe

    Bonjour,
    Je suis paraplégique avec la moelle épinière écrasée et sectionnée à 70% sous la dernière vertèbre thoraxique depuis un an. J’ai un ressenti dans mon corps quand on masse certaines zones de mes pieds et de mes jambes. Quelles pourraient être les chances de retrouver ma faculté de marcher si cette technique était appliquée à mon cas ?
    Vous dîtes avoir déjà réalisé une tentative sur l’homme montrant une amélioration. Combien de tentatives réussies ont déjà été réalisées ? Prévoyez-vous d’en réaliser d’autres à court terme ?
    Merci de votre réponse dans laquelle je mets plein d’espoir.
    Kris. 11/avril/2018

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  5. Laffineuse

    Bonjour ! Mon fils vient d’avoir la moëlle épinière sectionnée au niveau de la 11ème vertèbre, cela m’intéresse Au plus haut point, merci de vous battre pour cela et si vous avez besoin

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  6. Buzzi

    Bonjour ,mon fils né en 1994 ā fait une chute de 10 mètres,avec polytraumatisme.
    Le bilan lésionnel initial retrouve une fracture de c7 avec dislocation + rotation , une luxation c6-c7 , une fracture T5 …..
    Il présentait à la date de la chute , en juin 2016 une paraplégie ASIATIQUE de niveau sensitif T4 .
    Ayant lui même refusé le diagnostic initial ,nous avons décidés de l’aider à se rééduquer, il arrive à faire 5 pas entre 2 barres,bouge bien les orteils ,serait il possible de l’inclure dans un essai clinique.
    Je me tiens à votre disposition pour toute information sur son état.
    Merci .

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