Le pharaon Toutânkhamon n’a visiblement pas encore dévoilé tous ses secrets. Aujourd’hui nous en sommes certains : l’origine du fer constituant la lame d’une des dagues trouvées sur la momie du pharaon est bien d’origine météoritique ! Cette découverte remarquable nous en apprend plus sur ce jeune pharaon.

Fils d’Akhénaton et de la propre sœur de ce dernier, Toutânkhamon est le onzième pharaon de la XVIIᵉ dynastie. Mort à l’âge de 18 ans, il a donc connu un règne relativement court. Il n’en reste pas moins connu, notamment pour sa sépulture découverte par Howard Carter en 1922, recelant de trésors. Parmi les nombreuses trouvailles mises en évidence, on compte cette dague, d’une trentaine de centimètres. Dotée d’une poignée terminée par un cristal de roche, celle-ci est protégée par un fourreau en or.

 

Des météorites dans le désert, pas si étrange que ça…

Comment est-ce que les Égyptiens de l’époque ont-ils mis la main sur ces météorites ? En fait, c’est dans les déserts de sable et de glace qu’on en trouve le plus. Alors non, ces régions ne favorisent pas la chute de roches extraterrestres en leur lieu, mais c’est tout simplement car une roche toute seule (sur de la glace ou du sable) se remarque bien plus aisément et a beaucoup plus de chance d’être tombée du ciel à cet endroit que d’y avoir été déposée ou apportée de quelque manière que ce soit par un phénomène terrestre.

lame dague toutankhamon météorite sidérite

Cette dague d’une longueur de 34,2 cm a été trouvée à droite de la momie de Toutânkhamon et est constituée d’une lame de fer, d’un pommeau de cristal de roche et d’un manche en or serti de pierres précieuses. Crédits : John Wiley & Sons/University of Oxford

Il faut également savoir que certaines météorites, les sidérites, sont en alliage de fer et de nickel presque pur, signifiant qu’elles sont « prêtes à l’emploi » pour un forgeron. Cette information renforce donc la théorie disant que les premiers outils en métaux provenaient de sidérites et que ce sont des civilisations proches des déserts qui les ont utilisés en premier.

La dague a été découverte en 1925 dans le sarcophage de la momie, trois ans après la découverte de la sépulture du pharaon Toutânkhamon. Elle est actuellement exposée au musée du Caire.

 

Une signature spectrale caractéristique des météorites ferreuses

Alors qu’on ne sait pas encore à l’heure actuelle si la tombe de Toutânkhamon possède réellement une chambre secrète et peut-être (qui sait ?) une autre momie, ce pharaon a de nouveau fait parler de lui dans une publication du journal Meteoritics and Planetary Science.

Effectivement, la lame de fer a immédiatement suscité l’intérêt des archéologues. Son métal se veut particulièrement rare pour l’époque, valant même plus cher que l’or à ce moment-là ! Afin d’en savoir plus sur la composition de l’objet, les chercheurs l’ont soumis à une étude via la spectrométrie de fluorescence des rayons X, une technique non invasive car elle ne nécessite pas de prélever d’échantillon. En effet, lorsque l’on bombarde de la matière avec des rayons X, elle les réémet mais sous forme d’un spectre caractéristique de sa composition, en particulier de ses concentrations massiques en éléments. Les résultats montrent que l’alliage contient 10% de nickel et 0,6% de cobalt. Selon les scientifiques, cette composition est typique des météorites dites ferreuses et celles-ci se distinguent par un taux élevé de fer et de nickel ainsi que des faibles quantités de cobalt, de phosphore, de soufre et de carbone. La lame de la dague du pharaon est donc faite d’une matière d’origine extraterrestre.

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L’intérieur du sarcophage de Toutânkhamon : la position de la dague est indiquée par la flèche blanche, en bas à gauche de la photo. Crédits : Griffith Institute/University of Oxford

La haute qualité de la fabrication de la lame du poignard par rapport à d’autres objets en fer météoritiques de formes simples « suggère une maîtrise significative de la ferronnerie à l’époque de Toutankhamon », annoncent les chercheurs.

Ces résultats arrivent alors qu’une équipe accompagnée par l’ancien ministre égyptien des antiquités et célèbre archéologue Zahi Hawass, s’apprête à tester un nouveau scanner sur la Grande Pyramide de Gizeh. Le scanner utilise des particules subatomiques appelées muons afin d’examiner la structure funéraire vieille de 4500 ans. Ils espèrent que la technologie moderne permettra de révéler des secrets anciens cachés sous les blocs de calcaire. Les pharaons ne nous ont pas encore dévoilé tous leurs secrets, affaire à suivre…

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