De cette étoile naissante (ci-dessus), s’échappent deux jets de plasma tout simplement brûlants. Cependant cachée par les voiles d’une nébuleuse (dans la constellation d’Orion), jamais auparavant des astronomes n’ont pu observer un tel événement avec une précision pareille !! Cette image infrarouge colorisée a été prise par le télescope Hubble.

Une photographie spectaculaire

On peut sans autre dire que cette photo est l’une des plus spectaculaires qu’ait pris le télescope spatial Hubble ces dernières années (sans oublier la fameuse photo de la galaxie Andromède !). Cette étoile naissante, invisible encore et plongée dans la ouate d’une nébuleuse lointaine, jette ses premiers feux dans la constellation d’Orion. L’astre porte le numéro 24 du catalogue de Harbig-Haro, qui comporte aujourd’hui près de 500 objets semblables… Les « objets de Herbig-Haro » du nom des astronomes qui les ont étudiés intensément (en premier) dans les années 1950, sont vraiment minuscules et très discrets. Ils exigent de ce fait de grand télescopes (dont le télescope Hubble) pour pouvoir être observés en détail.

Ces trois images de Herbig-Haro 24 on été obtenues : à gauche, par un télescope de 2,2m de diamètre de l’observatoire de la Silla, au Chili. Au milieu, par le télescope Gemini North de 8,2m de diamètre, à Hawaii et ensuite à droite, par le télescope spatial Hubble de 2,4m de diamètre, dans l’espace.

L’image de gauche a été prise dans la lumière réellement visible, tandis que les deux autres ont été prises en infrarouge. La résolution du télescope spatial Hubble, libérée de l’atmosphère terrestre, permet d’observer la nébuleuse en grand détail ! Le champ que l’on voit représenté ici mesure seulement 1 minute d’arc de côté.

 

Observation compliquée…

En effet, les étoiles naissantes sont très difficiles à observer notamment dû au fait de ces années lumières de brouillard, de gaz et de poussière interstellaire… L’étoile se forme par effondrement gravitationnel au milieu d’un immense nuage de gaz très dense, froid et opaque. Le nodule de gaz qui va former une étoile devient alors une sphère en rotation, de plus en plus dense et chaude autour de laquelle le gaz résiduel forme un disque en rotation constante. Quand une étoile se forme, une partie de son énergie est libérée dans son axe de rotation de manière extrêmement violente, sous la forme de deux jets de plasma brûlants qui percent littéralement le milieu interstellaire.

Il faut savoir que ces jets possèdent une température de 10’000 degrés, sont expulsés à près de 1000km par seconde et s’étendent jusqu’à une ou deux années-lumière de l’étoile naissante (voyez donc que le terme mentionné plus haut « extrêmement violente » est totalemement adéquat est non exagéré), avant de se diluer dans l’espace. N’oublions pas le fait que les objets de Herbig-Haro ne sont que des éléments transitoires : une fois l’étoile « allumée », son rayonnement soufflera les langes la protégeant, ainsi les jets s’éteindront définitivement.

Au total, les astronomes ont estimé qu’il y aurait plus de 100’000 objets de Herbig-Haro brillant actuellement dans la galaxie, mais tellement minuscules à l’échelle cosmique, que le 99% leur échappe encore…

Le fameux télescope spatial Hubble, en orbite basse, qui a réussi à capturer l’image de la naissance de l’étoile Herbig-Haro 24.

 

 Et la suite ?

Le fait de pouvoir photographier ces éléments mènera (sans doute) par la suite à une étude plus complémentaire des feux émis par les étoiles naissantes et les prochaines générations de télescopes (télescopes à infrarouge, télescopes géants) permettront probablement (et on l’espère) d’observer la naissance d’une étoile « en direct » !

 

Photo de titre : par le télescope spatial Hubble
Photo à voir et revoir : LA photo de la galaxie Andromède (Hubble).

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