Voici les éléments de survie qu’il vous serait nécessaire de prendre avec vous, en cas de catastrophe nucléaire dans un endroit proche de chez vous.

Le 4 juillet dernier, la Corée du Nord aurait lancé son premier missile balistique intercontinental, une fusée capable de parcourir plus de 5600 kilomètres avec une arme embarquée. Cet exploit suggère que le pays fait tout de même partie des dix pays qui, ensemble, détiennent plus de 14900 armes nucléaires.

Cependant, les États-Unis font face à une menace nucléaire bien différente et plus sombre : une détonation nucléaire de provenance terroriste (qui est l’un des 15 scénarios catastrophe que le gouvernement fédéral a prévu). « Le scénario n°1 est une détonation nucléaire de 10 kilotonnes dans une ville américaine moderne », a déclaré Brooke Buddemeier, physicien de la santé et expert en radiation au Lawrence Livermore National Laboratory.

À savoir que la puissance explosive d’une arme nucléaire est la quantité d’énergie libérée lorsqu’elle explose : ici, il est question de kilotonnes (soit des milliers de tonnes de TNT). Buddemeier n’a su dire le niveau de probabilité d’une telle attaque aujourd’hui, mais la préoccupation n’est pas sans fondement, puisque les éléments nucléaires de qualité militaire ont proliféré ces dernières années. Et bien que les gouvernements fassent de leur mieux pour protéger les armes nucléaires, rien ne garantit qu’une entité terroriste ne réussisse pas à les obtenir.

Si une bombe nucléaire venait à exploser près de chez vous et que vous parvenez à survivre au flash thermique et aux conséquences de l’impulsion électromagnétique, il faudrait tout de suite se mettre à l’abri et, idéalement, emporter avec soi quelques éléments pour constituer votre kit de survie. « Je pense que ça vaut la peine pour tout le monde de réfléchir à comment se préparer à faire face à tout type d’événement », explique Buddemeier.

Le physicien et expert en radiation recommande donc de regrouper un maximum de ces éléments d’urgence (qui sont listés en fin d’article). « Ce n’est pas qu’en cas d’holocauste nucléaire », explique-t-il. « Il s’agit de préparation générale à des situations d’urgence et de pouvoir veiller à ce que vous et votre famille puissiez être en sécurité en cas d’urgence », ajoute Buddemeier. Mais s’il arrive que vous ne puissiez plus accéder à votre kit de survie, Buddemeier explique que vous devriez tout de même prendre quelques éléments vitaux de base, tandis que vous vous mettez à couvert pour vous protéger des retombées radioactives.

Pourquoi devriez-vous vous mettre à l’abri (si possible dans un abri antiatomique) durant les premières 24 à 48 heures suivant l’explosion nucléaire ?

Un effet redoutable et inquiétant des explosions nucléaires est la retombée radioactive : il s’agit des matériaux radioactifs mis en suspension dans l’atmosphère à la suite de l’explosion d’une arme nucléaire (ou d’un accident nucléaire). Ces éléments de petite taille (des poussières visibles ou non visibles) retombent lentement sur le sol, généralement très loin du point d’explosion. Beaucoup de ces produits de fission se dégradent rapidement et émettent des rayons gamma, une forme de lumière invisible mais très énergétique.

Une trop grande exposition à ce rayonnement, et de plus sur un court laps de temps, peut endommager les cellules du corps et sa capacité à les réparer, entraînant ce que l’on appelle le syndrome d’irradiation aiguë (SAI, ou fièvre des radiations), qui désigne un ensemble de symptômes potentiellement mortels. « Cela affecte également le système immunitaire et votre capacité à combattre les infections », explique Buddemeier.

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Crédits : Brooke Buddemeier/Lawrence Livermore National Laboratory

Seuls des matériaux très denses et épais, comme une épaisse couche de terre ou plusieurs centimètres de plomb, peuvent arrêter de manière fiable le rayonnement gamma émis par ces retombées radioactives. Il est donc inutile de tenter de « fuir » en prenant votre voiture, et rouler le plus loin possible du lieu de l’impact de la bombe. « Notre capacité à prédire où se trouveront les retombées afin de les éviter n’est pas suffisante », explique Buddemeier. En effet, les retombées sont transportées par des vents de haute altitude « et ce, souvent à 160 kilomètres par heure », ajoute-t-il.

Donc, tout en se précipitant dans un abri antiatomique afin de se protéger des retombées dans les premières minutes après une explosion, il faut prévoir qu’il faudra rester dans l’abri durant les premières 24 à 48 heures, lorsque le risque d’exposition aux retombées radioactives est le plus élevé.

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Crédits : Brooke Buddemeier/Lawrence Livermore National Laboratory

Voici le minimum vital que devrait contenir votre kit de survie

Bien qu’il ne soit pas très pratique d’avoir en permanence sur soi un kit de survie complet, Buddemeier recommande fortement de tout de même essayer d’avoir à proximité certains éléments (le but étant que le fait de préparer votre « kit » ne vous retarde pas trop lorsqu’il serait temps de vous mettre à l’abri).

Le premier élément étant « une radio », explique-t-il, et idéalement un port de chargement USB, qui puisse alimenter d’autres appareils. « Si vous avez un téléphone portable, cela ferait également l’affaire », continue-t-il.

Mais le physicien explique qu’il préfère une radio à un téléphone portable, car « parfois, les antennes des réseaux mobiles peuvent être affectées », soit par des pannes de courant, soit par une demande trop importante, ou encore par un effet invisible mais puissant des armes nucléaires appelé impulsion électromagnétique (IEM). Il s’agit d’une émission d’ondes électromagnétiques brève et de très forte amplitude, qui peut brouiller les télécommunications et également détruire de nombreux appareils électriques et électroniques (reliés au courant et non-protégés).

Posséder une radio est important car de ce fait vous pourrez recevoir des instructions d’urgence qui seront transmises. Il s’agit de l’une des manières les plus simples pour déterminer où les retombées les plus dangereuses ont atterri, savoir quand vous pourrez quitter votre abri et où se trouvent les routes les plus sûres pour quitter une zone de retombées.

Ensuite, Buddemeier explique que ce dont vous aurez besoin est de l’eau : idéalement 4 litres (ou plus) par personne et par jour. En plus de la boire, vous pourriez en avoir besoin afin de rincer les retombées radioactives après avoir enlevé vos vêtements. En effet, cela peut considérablement réduire votre exposition aux rayonnements. Puis, Buddemeier a déclaré : « Je voudrais probablement prendre un petit-déjeuner ou deux pour éviter d’avoir faim ». Après avoir mangé, Buddemeier suggère de prendre les médicaments essentiels, ou les traitements dont vous pourriez avoir besoin.

Buddemeier explique également qu’il existe un grand risque dans le fait d’essayer de rassembler trop de choses, car c’est durant les premières minutes et heures après l’explosion que le risque d’exposition aux retombées radioactives est le plus important, surtout à l’extérieur !

Il souligne également qu’il est inutile de se stresser pour prendre les pilules d’iodure de potassium directement après l’explosion, car elles ne sont pas très utiles durant les premières 48 heures suivant une détonation. « Beaucoup de personnes semblent penser que les pilules d’iodure de potassium sont une sorte de médicament anti-irradiation. Ce n’est pas le cas », informe Buddemeier. « Ils empêchent l’absorption de l’iode radioactif, qui est l’un des radionucléides, sur des milliers d’autres radionucléides existants », explique-t-il.

« L’iode radioactif représente… probablement seulement le 0,2% de l’exposition globale à laquelle vous feriez face si vous étiez à l’extérieur », ajoute-t-il, en expliquant que les pilules sont les plus utiles concernant les préoccupations à long terme au sujet de la contamination de l’approvisionnement alimentaire. « L’élément le plus important est l’arbi, et le fait de ne pas essayer à tout prix de trouver les pilules d’iodure de potassium, car le seul fait d’essayer de les trouver peut vous amener à perdre du temps, et vous exposer de manière bien plus élevée, pour n’avoir en contrepartie qu’une protection minime avec les pilules », explique Buddemeier.

« Nous ne pourrons sans doute pas faire grand-chose quant aux pertes dues au souffle lui-même (…) mais les accidents concernant les retombées sont tout à fait évitables », a-t-il déclaré. « Dans une grande ville, savoir ce qu’il faut faire après un événement comme celui-ci, peut littéralement sauver des centaines de milliers de personnes », ajoute-t-il.

Voici une liste plus complète des principaux éléments à posséder en cas d’urgence ou de catastrophe de ce type

Il est judicieux d’avoir un plan familial ainsi que plusieurs kits d’urgence de base, afin de pouvoir survivre plusieurs jours. Les déposer chez vous, au travail ainsi que dans vos véhicules est également recommandé.

Les listes d’approvisionnement d’urgence citées ci-dessous ont été publiées par l’Agence fédérale de gestion des urgences des États-Unis (US Federal Emergency Management Agency – FEMA) et ne sont pas seulement utiles pour réussir à survivre à une catastrophe nucléaire, mais sont également judicieuses en cas de tornades, ouragans, tempêtes de neige, pannes de courant et autres types d’urgences dues à des catastrophes (naturelles, ou non).

Chaque kit de survie devrait donc comporter ces différents articles essentiels, contenus dans un sac portatif :

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(article sur plusieurs pages)

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