Les recherches géologiques actuelles dans la région de la mer des Pluies sur la Lune ont permis de déterminer de manière très précise la taille de l’astéroïde qui l’a engendrée : une protoplanète, plus spécifiquement un corps possédant un diamètre moyen d’environ 250 km en est la cause ! 

Cette étude a été portée par deux scientifiques de renom, plus précisément par Peter H. Schultz (Brown University) et David A. Crawford (Sandia National Laboratory). Nous en sommes désormais sûrs : c’est bien une protoplanète qui a percuté la Lune il y a environ 3,8 milliards d’années, pour former la mer des Pluies (également appelée Mare Imbrium).

Dans l’étude parue dans la revue Nature le 21 juillet 2016, les chercheurs américains nous présentent un tout nouveau portrait du créateur de la mer des Pluies ! Ces derniers expliquent la forme ainsi que la taille du bassin, mais également l’origine des sillons (les sortes de cratères allongés) et d’autres formations géologiques l’entourant. Il faut savoir que le chercheur Peter H. Schultz a travaillé pour la NASA pendant de longues années et a même dirigé plusieurs missions de l’agence. Quant à David A. Crawford, il travaille depuis 29 ans pour la NASA et possède une solide expertise en ingénierie électrique ainsi que dans le domaine de l’aérospatiale. Il se passionne aussi pour tout ce qui a trait à l’espace et à l’astronomie.

Les deux hommes ont donc conduit une étude portant sur la Lune et plus précisément concernant la fameuse mer des Pluies. Cette zone particulière se présente sous la forme d’un gigantesque cratère entouré de plusieurs fossés secondaires. Elle s’étale sur plus de 1250 kilomètres.

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Le bord de la mer des Pluies est sillonné de vallées (sur cette photo, près du cratère Lalande) qui témoignent de la violence de l’impact il y a plus de 3,8 milliards d’années. Crédits : NASA/LRO/Schultz/Crawford

L’astéroïde faisait près de 250 kilomètres de diamètre et était très rapide : il fonçait sur la Lune à plus de 25 km/s. Il l’a cependant frappée avec un angle de moins de 10°, ce qui aurait engendré la mer des Pluies pendant le bombardement massif tardif qu’a connu le Système solaire à cette époque. Plusieurs fragments, atteignant les 5 kilomètres de diamètre auraient ensuite été réinjectés dans le Système solaire.

 

La Lune n’a pas encore livré tous ses secrets…

C’est en s’appuyant sur divers instruments (notamment grâce aux analyses des images de la région fournies par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) ainsi que des simulations numériques et des expériences d’impacts hyper-véloces en laboratoire), que les deux chercheurs ont découvert que les fossés secondaires étaient apparus après le premier impact. Ils en ont donc déduit qu’ils avaient été formés par les débris qui sont retombés sur la surface du satellite…

Après de nombreuses analyses et calculs, les chercheurs ont annoncé que « la masse de cet impact devait être d’environ 25 millions de milliards de tonnes ! », précisent-ils. Mais cela ne s’arrête pas là : l’astéroïde proviendrait de la ceinture d’astéroïdes situées entre Mars et Jupiter. Nous avons encore beaucoup à apprendre de la Lune.

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