Durant les 800’000 dernières années, la quantité d’oxygène dans l’atmosphère terrestre a diminué d’environ 0,7%. Ce n’est bien évidement pas assez pour menacer les formes de vie de la planète, mais bien assez pour intriguer les scientifiques. 

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Science, des chercheurs de l’Université de Princeton ont analysé des bulles d’air emprisonnées dans de la glace ancienne au Groenland et en Antarctique afin d’évaluer les différents niveaux d’oxygène dans l’atmosphère au cours de l’histoire. L’oxygène est un élément clé concernant l’évolution de la vie sur la Terre, nous le savons tous. Mais celle-ci joue également un rôle important dans de nombreux processus géochimiques à travers le monde, notamment en ce qui concerne les variations climatiques.

Le but de cette recherche est donc de nous aider à comprendre ce qui contrôle les différents niveaux d’oxygène dans l’atmosphère, sur de longues périodes de temps.

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Durant leurs recherches, les scientifiques ont calculé les niveaux d’oxygène dans l’atmosphère, en étudiant les bulles d’air coincées dans les glaces anciennes du Groenland et de l’Antarctique. Crédit : Michael Bender

Ces nouvelles estimations suggèrent que le taux d’oxygène dans l’atmosphère a baissé de 0,7% au cours des 800’000 dernières années… Une baisse de 0,7% n’a rien de dramatique en soi, cependant il faut savoir que la pression atmosphérique baisse plus nous sommes en hauteur. Une baisse de 0,7% équivaut à 100 mètres de hauteur en plus (par rapport au niveau de la mer)... Mais alors, où est passé cet oxygène ? Les scientifiques avancent deux hypothèses qui pourraient expliquer ce déclin.

« La première hypothèse est que les taux d’érosion (mondiaux) peuvent avoir augmenté au cours des dernières dizaines de millions d’années, en raison (entre autres) des glaciers qui broient littéralement la roche, ce qui augmente ces taux d’érosion », explique Daniel Stolper, géochimiste et auteur principal de l’étude publiée dans la revue Science.

Cette hausse des taux d’érosion aurait exposé plus de pyrite et de carbone organique, dans l’atmosphère. Des recherches ont prouvé que la pyrite et le carbone organique (qui sont tous deux constitués des restes d’organismes, principalement des plantes terrestres et autres micro-organismes photosynthétiques aquatiques comme les algues), retirent littéralement l’oxygène de l’atmosphère.

« Autrement, lorsque l’océan se refroidit, comme il l’a fait au cours des 15 derniers millions d’années, et avant la combustion des énergies fossiles, la solubilité de l’oxygène dans les océans augmente. Cela signifie que les océans peuvent stocker plus d’oxygène lorsque ceux-ci possèdent une température froide, pour une concentration donnée d’oxygène dans l’atmosphère », a-t-il ajouté. Certains microbes vivant dans les océans sont dépendants de l’oxygène et selon la température des océans, ceux-ci peuvent être plus ou moins actifs (par rapport à leur consommation en oxygène).

À ce stade, des recherches complémentaires sont nécessaires afin de découvrir de manière plus précise, comment l’oxygène et le dioxyde de carbone sont liés et interagissent avec notre planète, sur de longues périodes de temps.

Source : Science (étude), Live Science

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