Une explosion sans précédent de la diversité de nouveaux minéraux, pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère géologique, causée par l’activité humaine sur la planète Terre.

Des scientifiques ont remarqué une explosion soudaine de la diversité minérale à la surface de notre planète, qui n’aurait pas eu lieu si l’homme n’avait pas existé. Ajoutant du poids à l’argument de la nouvelle ère géologique sur Terre, l’Anthropocène.

Une nouvelle étude a démontré l’incroyable essor de nouveaux minéraux de l’époque de la révolution industrielle, qui ont menés à une diversification sans précédent des cristaux sur Terre. Cette découverte surpasse même la Grande Oxydation, une crise écologique ayant eu lieu il y a environ 2,4 milliards d’années dans les océans et l’atmosphère terrestre.

« C’est un pic si rapide en termes de nouveautés minérales, comparé aux 4,5 milliards d’années d’histoire de la Terre – la plupart datant des 200 dernières années. Il n’y a rien de comparable dans toute l’histoire », explique un membre de l’équipe, Robert Hazen, du Carnegie Institution for Science. « Cela représente une fraction de seconde, et… nous ne voyons que la pointe de l’iceberg », ajoute-t-il.

Hazen et son équipe ont analysé les 5208 minéraux de la Terre qui sont officiellement reconnues par l’Association internationale de minéralogie (IMA), et ont découvert que 208 d’entre eux n’existeraient même pas s’il n’y avait pas eu d’activité humaine.

Ces minéraux engendrés par l’activité humaine incluent la chalconatronite, un type de minéral de cuivre pouvant se cristalliser à la surface d’objets anciens composés de bronze par exemple, ou encore l’andersonide, un minéral de carbonate d’uranium doté d’une lueur verte ou jaune fluorescente, se formant sur les murs des tunnels miniers. L’abhurite teintée de bronze quant à elle, a été découverte sur l’épave du SS Cheerful, qui a coulé au large de la côte de Cornouailles (en Angleterre) en 1885, et s’est formé par le biais d’une réaction chimique entre l’eau salée et des lingots d’étain situés sur le navire.

La plupart de ces 208 minéraux générés par l’activité humaine sont apparus en raison de l’exploitation minière. 6 d’entre eux ont été découverts sur des murs de fonderies, 3 dans des systèmes de tuyauteries géothermiques, et 4 sur des sites de sacrifices préhistoriques, dans les montagnes autrichiennes.

L’équipe suggère également que beaucoup de nouveaux minéraux pourraient également se former dans nos décharges, en incrustant de vieilles batteries et des appareils électriques comme jamais auparavant. « Il y a probablement toutes sortes de choses qui se forment grâce aux vieilles puces de silicium ou d’anciennes batteries. Les téléviseurs possèdent ces luminophores, des aimants ainsi que toutes sortes de matériaux de haute technologie. Lorsque vous commencez à les hydrater et les oxyder, vous pouvez obtenir beaucoup de nouveaux matériaux exotiques », explique Hazen.

La liste n’inclut pas les nouveaux minéraux délibérément synthétisés par les êtres humains, comme ceux qui sont produits dans les aimants, les batteries et les pierres précieuses synthétiques, car la vraie définition d’un minéral, selon l’IMA, est que celui-ci doit se générer « naturellement ».

En analysant les données de l’histoire terrestre, l’équipe a découvert que la plupart des minéraux sont apparus progressivement au cours de la Grande Oxydation, qui a eu lieu il y a environ 2,4 milliards d’années, et qui aurait duré plus d’un milliard d’années. Cet événement écologique a saturé la Terre en oxygène atmosphérique pour la première fois, grâce à une explosion de bactéries photosynthétiques, et la quantité de minéraux à la surface de la Terre est passée d’un peu plus de 2000, à plus de 4000.

Bien que cet événement ait généré environ deux tiers des 5208 minéraux officiellement reconnus aujourd’hui, cela n’est rien en comparaison à la soudaine explosion de diversité des minéraux apparue au cours de ces derniers siècles. Depuis 1750 environ, la diversité des minéraux sur la planète Terre a littéralement explosé et s’est développée comme jamais. L’équipe souligne ce « rythme flamboyant » que les humains ont déclenché au cours des 250 dernières années, surtout en comparaison à la diversification très lente de la Grande Oxydation.

Les chercheurs affirment que cette diversification sans précédent possède le taux de formation de nouveaux minéraux le plus rapide de toute l’histoire de la Terre, et qu’elle indique une nouvelle ère géologique, causée par les êtres humains : l’Anthropocène. « Pour nous imaginer ce que représente une période de 250 ans en comparaison à une période de plus d’un milliard d’années, il faut savoir que c’est comme comparer la durée d’une fraction de seconde à la durée d’un mois de notre calendrier », explique Hazen.

L’Anthropocène doit encore être officiellement reconnue, mais de nombreux scientifiques soutiennent depuis des années que l’influence humaine sur la planète est si dramatique, que cet impact sera clairement marqué dans les strates de la Terre. « C’est vraiment ce que je pense être le facteur le plus important qui aidera à décider si oui ou non, l’Anthropocène est une nouvelle ère géologique – le fait que nous ayons indirectement créé ces matériaux, ces cristaux, qui sont si diversifiés », explique Hazen. « Ils seront toujours sur Terre – un élément distinctif qui marquera notre époque différemment de tout ce qui a précédé au cours de ces 4,5 milliards d’années », ajoute-t-il.

Selon Haze et son équipe, cette nouvelle étude est une preuve solide démontrant l’influence de l’activité humaine sur la planète Terre.

Sources : American Mineralogist, PhysOrg

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