Des chercheurs ont mis au point un vaccin contre l’Ebola, protégeant à 100% contre une souche particulièrement dangereuse de la maladie, sur la base de tests effectués sur des milliers de personnes en Afrique de l’Ouest.

Bien que le vaccin ne soit pas arrivé à temps pour mettre fin à l’épidémie de 2014 qui a commencé en Guinée, il pourrait être vital pour prévenir de futures épidémies. Des experts en santé publique ont déjà stocké 300’000 doses du médicament pour la prochaine urgence.

Le vaccin, connu sous le nom de rVSV-EBOV, a empêché le développement de l’Ebola chez toutes les personnes à qui il a été administré durant le test. Les scientifiques souhaitent maintenant obtenir l’approbation réglementaire du médicament, afin qu’il soit utilisé de manière plus large à travers le monde. « Quand la prochaine épidémie frappera, nous ne serons pas sans défense. Le monde ne peut pas se permettre cette confusion et une autre catastrophe humaine telle que celle qui a accompagné la dernière épidémie », a déclaré la chercheuse principale, Marie-Paule Kieny, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

De nouveaux cas occasionnels d’Ebola sont encore signalés en Guinée, là où les chercheurs ont essayé une technique appelée « vaccination en cercle » : signifiant que dès qu’une personne contracte la maladie, le vaccin est administré à celles et ceux qui sont entrés en contact avec ladite personne. Selon la récente étude, aucune des 5837 personnes qui ont reçu le vaccin n’a développé l’Ebola, 10 jours après le traitement. En revanche, 23 nouveaux cas ont été observés parmi les milliers d’autres personnes, qui n’ont pas été vaccinées.

Il s’agit là de résultats très prometteurs, mais se débarrasser de l’Ebola prendra encore du temps : en effet, bien que le vaccin rVSV-EBOV agisse contre le zaire ebolavirus (un sous-type de l’Ebola, responsable de la plupart des infections humaines) de manière totalement efficace,  il ne fonctionne malheureusement pas contre les quatre autres sous-types.

Les chercheurs ont également informé que le vaccin possède certains effets secondaires indésirables tels que des douleurs articulaires et des maux de tête. En cas de crise, ces éléments pourraient être négligés plus facilement, mais en temps normal, il se peut que les personnes soient plus réticentes à se faire vacciner.

Ce vaccin est composé du vesicular stomatitis Indiana virus (VSIV, qui nuit au bétail (chevaux, cochons) ainsi qu’aux insectes, mais n’affecte pas les êtres humains) et d’une protéine de surface du virus de l’Ebola, qui incite le corps humain à produire des anticorps. À présent, des études supplémentaires sont en cours, pour étudier les effets du vaccin sur les enfants et les sujets vulnérables (des patients atteints du VIH par exemple).

« Le virus Ebola a laissé un héritage dévastateur dans notre pays. Nous sommes fiers d’avoir pu contribuer à développer un vaccin qui empêchera d’autres nations de supporter ce que nous avons enduré », explique Keïta Sakoba, directeur de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire en Guinée.

Espérons que ce vaccin, ainsi que d’autres du même type, seront prêts à temps pour prévenir les prochaines épidémies.

Sources : The Lancet, World Health Organization

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