Des chercheurs du Centre des Technologies Chimiques Durables (Center for Sustainable Chemical Technologies, ou CSCT) de l’Université de Bath en Angleterre ont mis au point une nouvelle sorte de plastique renouvelable à partir d’une substance chimique que l’on nomme « pinène » et que l’on trouve entre autre dans les aiguilles des sapins.

Cette découverte pourrait être une grande avancée quand on sait qu’actuellement, la plupart du plastique est fabriqué à partir de pétrole, ce qui n’est absolument pas une solution durable puisque polluant et voué à disparaître.

Le pinène (deux types : α-Pinène et β-Pinène) est une substance chimique parfumée de la famille des monoterpènes bicycliques, connue pour ses propriétés antiseptiques, présente dans de nombreuses plantes telles que le romarin ou encore le persil, mais aussi responsable de l’odeur caractéristique du sapin de Noël. C’est également un déchet issu de l’industrie du papier.

À terme, ce plastique pourrait avoir une utilité s’étendant du simple emballage alimentaire au sac plastique, mais aussi jusqu’à la fabrication d’implants médicaux.

molecule beta pinene

Molécule de pinène (β-Pinène). Crédits : Wikimedia

Le polyester biodégradable tel que l’acide polylactique (polymère entièrement biodégradable utilisé majoritairement dans l’emballage alimentaire dans le but de remplacer les sacs plastiques polluants) est fabriqué principalement à partir des cultures de maïs ou de sucre de canne. Malheureusement, l’acide polylactique est très souvent mélangé à un tout autre polymère caoutchouteux appelé « caprolactone », ester cyclique de la famille des lactones ( de formule (CH2)5CO) créé à partir de pétrole brut, ce qui fait de cette substance une substance non renouvelable. Elle est ensuite mélangée à l’acide polylactique biodégradable afin de lui donner davantage de flexibilité.

molecule caprolactone

Molécule de caprolactone. Crédits : Wikimedia

Ainsi, les chercheurs ayant travaillé sur cette nouvelle forme de plastique renouvelable ont utilisé le pinène comme matériau de base afin de créer un tout nouveau type de plastique pouvant remplacer le caprolactone. Helena Quilter, doctorante au CSCT, appelle à ne pas se méprendre sur le fond de l’étude. Il ne s’agit en fait pas de recycler nos sapins de Noël en du plastique renouvelable, mais plutôt « d’utiliser les déchets industriels qui auraient été de toute façon jetés à la poubelle, et d’en faire quelque chose d’utile. Ainsi, s’il est possible de fabriquer du plastique à partir de sources durables, cela pourrait faire une immense différence sur le plan environnemental ».

Le but ? Remplacer les combustibles fossiles. Le Professeur Davidson, directeur du CSCT, nous informe que « cette étude n’est en fait qu’une petite partie d’un projet plus large qui se tourne vers l’utilisation des substances chimiques d’origine biologique comme le pinène en tant que matériau durable afin de produire tout une gamme de produits utiles à la place des substances pétrochimiques. Cela réduirait notre dépendance envers les combustibles fossiles et fournirais des matières premières renouvelables ayant le potentiel de révolutionner l’industrie chimique ».

Les chercheurs travaillant sur le projet cherchent encore à savoir si d’autres monoterpènes (comme le pinène) tel que le limonène (hydrocarbure terpénique incolore à l’odeur brillante, fraîche et propre des agrumes, mais aussi responsable de leur parfum) pourraient servir de substituts aux substances pétrochimiques afin d’en faire toute une gamme de produits allant du simple plastique jusqu’aux produits pharmaceutiques.

Cependant, ces recherches n’en sont encore qu’à leur début, bien que les scientifiques en charge du projet comptent bien accélérer le processus afin de produire en grande quantité dans un futur proche.

Source : Phys.org

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