L’avion solaire survolait l’Atlantique dans la nuit de lundi à mardi, après avoir quitté New York pour une 15e étape de son tour du monde avec le soleil pour unique carburant. C’est aux commandes du Solar Impulse que Bertrand Piccard a décollé pour Séville, en Espagne. L’avion solaire et son pilote entamment un vol de quatre jours. Un exploit encore jamais accompli au-dessus de l’Atlantique !

Le « SI2 » a décollé de New York le 20 juin 2016, à 2h30 locales (8h30 en France métropolitaine) pour un long périple qui devrait durer au total près de 90 heures. Après la traversée du Pacifique et celle des États-Unis, la quinzième étape du tour du monde de Solar Impulse vient de commencer. L’arrivée à Séville est prévue pour ce jeudi 23 juin 2016.

Jamais auparavant un avion électrique n’a volé aussi longtemps que celui-ci, sur de si grandes distances et avec des étapes aussi longues. Il faut également savoir que l’avion ne peut transporter qu’un seul pilote ! Bertrand Piccard, 58 ans, et son compatriote André Borschberg, 63 ans, se relaient donc à chaque étape pour accomplir à tour de rôle les longs vols en solitaire. Afin de tenir le rythme, ceux-ci pratiquent des exercices de yoga et d’autohypnose (dont Bertrand Piccard, qui est psychiatre, est un spécialiste).

Des étapes de quatre jours comme celle qu’a entamé Bertrand Piccard, ou celle de cinq jours qu’André Borschberg a effectué entre Nagoya et Hawaï, sont des records mondiaux désormais gravés dans l’histoire de l’aviation. En effet, il était revenu à ce-dernier, la lourde tâche de piloter l’appareil pour son étape de 6437 kilomètres au-dessus du Pacifique, entre Nagoya au Japon et Hawaï.

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Solar Impulse 2, à Hawaii. Crédit : Solar Impulse

L’énergie solaire, quant à elle, n’avait encore jamais été utilisée pour un tel avion, capable de réaliser des vols de nuit. Les batteries de cet avion solaires se chargent grâce à ses 17’248 cellules photovoltaïques. C’est donc sous le soleil que cet avion emmagasine davantage d’énergie, qu’il n’en consomme. « On fait le plein en volant ! », explique André Borschberg.

 

Une lune rose comme guide vers l’Europe !

« 7% du vol transatlantique déjà effectués ! #Europe, es-tu prête pour le retour du #Si2 sur le continent ? », avait tweeté Solar Impulse près de huit heures après le décollage de l’aéroport new-yorkais JFK. Bertrand Piccard, qui ne pourra s’accorder que quelques petites siestes durant toute la traversée, pourra cependant observer un phénomène astrologique rare durant le vol : la Lune rose, ou « Lune des fraises », qui a lieu quand la lune est pleine au moment du solstice d’été. « Une pleine lune éclatante pour me guider vers l’Europe », ajoute Bertrand Piccard sur son blog.

 

Solar Impulse 2, un « avion en papier »

« Solar Impulse est comme un réseau électrique intelligent et si nous pouvons faire fonctionner cela dans un avion, où nous ne pouvons pas tricher, nous pouvons y arriver au sol, dans nos villes, pour nos maisons et tous nos équipements », a expliqué lundi André Borschberg, qui a entrepris ce tour du monde avec Bertrand Piccard, pour promouvoir les énergies renouvelables.

Un concentré de pure technologie : la cabine est équipée de bouteilles d’oxygène pour permettre aux pilotes de respirer, car elle n’est pas pressurisée. Le cockpit est cependant recouvert de mousse isolante, pour atténuer les températures extrêmes rencontrées en vol (soit entre +40 et -40 degrés Celsius). Les performances exceptionnelles de cet avion solaire ne sont pas dues au hasard, il fait 72m d’envergure, est très léger et possède 4 moteurs ne développant que 17,5cv chacun (soit 12,9 kW). De plus, l’avion monoplace doit voler très haut pour éviter les risques de turbulences. Sa vitesse de croisière plafonne à environ 80km/h. D’ailleurs, l’avion ne supporte pas les inclinaisons trop importantes. En effet, une alarme avertit le pilote quand celui-ci se penche vers la droite ou la gauche de plus de 5° (ce qui est vraiment faible pour un avion). Avec toutes ces contraintes, il ne peut se poser qu’en air calme (le matin ou le soir).

L’aventure de « SI2 » démontre que cette source d’énergie qu’est le soleil permet de faire beaucoup de choses ! Bien plus de ce que l’on aurait pu imaginer. Récemment, Airbus a testé des moteurs électriques permettant de faire rouler un A320, un procédé bien plus efficace que les réacteurs, qui ne sont à la base pas prévus pour cela.

Espérons donc que le tour du monde de Solar Impulse pourra inspirer les prochaines générations d’ingénieurs à penser autrement.

 

EN VIDÉO. Solar Impulse 2, passant au-dessus du Golden Gate de San Fransisco.

Source : Solar Impulse
Crédit image de titre : Solar Impulse

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