Des astronomes ont analysé les signaux lumineux de quelques 2,5 millions d’étoiles, observées par le Sloan Digital Sky Survey (SDSS) et ils ont détecté non pas une, mais 234 étoiles « stroboscopiques » étranges.

L’analyse a été menée par deux astronomes, Ermanno Borra et Eric Trottier de l’Université de Laval au Canada. Ceux-ci sont allés jusqu’à suggérer que ces impulsions lumineuses étaient « une forme de signal extraterrestre », et c’est maintenant Stephen Hawking, dans le cadre de son projet de recherche d’une intelligence extraterrestre, qui se penche sur le sujet afin de pouvoir confirmer ou infirmer ces allégations.

À l’heure actuelle, il ne faut pas crier aux Aliens trop vite. L’étude doit être approfondie et analysée minutieusement. Les signaux pourraient très bien être des erreurs humaines (un mauvais signal, par exemple).

Il est également important de relever que les chercheurs du projet Breakthrough Listen, le plus grand programme de recherche scientifique ayant jamais existé visant à trouver des preuves de civilisations extraterrestres, fondé par Stephen Hawking et Yuri Milner dans le cadre du projet Breakthrough Starshot et dirigé par le SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, l’institut de recherche d’une intelligence extraterrestre), expliquent que trouver des Aliens est bien la dernière chose à laquelle ils s’attendent en effectuant ce type de recherches.

Mais quand l’Univers (ou l’erreur humaine) nous propose quelque chose d’intriguant, il est toujours intéressant d’y regarder à deux fois. « Ces objets possédant un spectre inhabituel et observés par Borra et Trottier méritent certainement une étude approfondie », a annoncé l’institut SETI. « Toutefois, des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires. Il est trop tôt pour affirmer que ces signaux sont en provenance d’une civilisation extraterrestre », ont-ils ajouté.

Voici ce que les astronomes Borra et Trottier ont découvert

C’était en 2012 déjà, que Borra avait émis l’hypothèse que si une civilisation extraterrestre voulait nous contacter, il serait logique pour elle d’envoyer des signaux avec des faisceaux lumineux (de type laser) sous forme d’impulsions. Selon lui, ce type d’énergie est nécessaire pour envoyer un tel signal vers la Terre depuis un point distant dans la galaxie. Alors il a fait équipe avec Trottier, afin de sonder environ 2,5 millions d’étoiles, observées par le SDSS afin de découvrir si l’une d’entre elles (en l’occurrence ici, 234 d’entre elles !) émettaient un tel signal. Il est certain que lorsqu’un scientifique commence une recherche en espérant trouver quelque chose de précis, les résultats risquent de ne pas être totalement objectifs car cela peut aider à inconsciemment (ou pas) ignorer certains éléments.

Les deux astronomes expliquent alors qu’ils ont détecté, en provenance de 234 étoiles, le type de signal qu’ils recherchaient. « Nous constatons que les signaux détectés ont exactement la forme d’un signal ETI (Extra-Terrestrial Intelligence, d’intelligence extraterrestre) et sont donc en accord avec cette hypothèse », expliquent-ils, dans leur étude prépubliée sur le site asXiv.org.

Oublions un instant toutes les histoires de civilisations extraterrestres. Le fait est que ces deux astronomes ont tout de même découvert, dans cette incroyable masse de quelques 2,5 millions d’étoiles possédant la même classe spectrale que notre Soleil, 234 étoiles qui rayonnent par impulsion. Alors, est-ce une erreur humaine ? Ou une erreur provenant des logiciels utilisés dans le cadre de cette étude ? Une chose est certaine, la découverte bouleverse la communauté scientifique, qui se pose tout autant de questions que nous.

« Il n’y a peut-être aucune prétention plus audacieuse en astrophysique, que celle de la découverte d’une vie intelligente au-delà de la Terre », s’est exclamé le directeur de l’institut SETI, Andrew Siemion. « C’est un sujet très profond, et c’est bien sûr pour cette raison que beaucoup de scientifiques dédient leur vie entière à ces recherches et y consacrent tant d’énergie, afin de tenter de répondre à ces questions. Mais nous ne pouvons pas nous prononcer pour le moment (concernant cette découverte) avant d’avoir analysé chaque résultat et déduction possibles », continue-t-il.

C’est pour cette raison que l’institut SETI et Breakthrough Listen ont décidé de participer : ils souhaitent avoir des réponses, savoir ce qui se passe vraiment avec ces étoiles. Tous deux expliquent qu’ils ont déjà convenu de protocoles à respecter, comprenant une vérification indépendante des données en utilisant deux ou plusieurs télescopes afin d’effectuer un « travail minutieux », pour déterminer ce qui est faux, ce qui est correct et exclure toutes les autres explications.

Ils ont également mis en place une échelle allant de 0 à 10 pour quantifier les détections de phénomènes qui pourraient indiquer l’existence d’une vie intelligente, ailleurs que sur la Terre : l’échelle de Rio. Actuellement, ils indiquent que le résultat de Borra et Trottier se situe au niveau « aucun / insignifiant », soit 0 à 1 sur cette échelle, mais qu’ils sont bel et bien déterminés à mener de plus amples recherches pour approfondir la trouvaille.

L’équipe de recherche du SETI a ajouté plusieurs étoiles à partir de l’échantillon trouvé par Borra et Trottier à la liste des observations prévues par Breakthrough Listen, réalisée par le télescope optique chercheur de planète automatisé (Automated Planet Finder, APF). « Les capacités du spectrographe du télescope APF correspondent à celles de la détection initiale, et les suivis des observations indépendantes vont nous permettre de vérifier ou réfuter les détections rapportées », ont-ils annoncé la semaine dernière.

Nous allons donc devoir attendre afin de découvrir les résultats de ces recherches complémentaires, menées par l’institut SETI et Breakthrough Listen.

Sources : SDSS, Breakthrough Listen, SETI, Cornell University, Échelle de détection Rio

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