Le mois d’août s’est annoncé riche en événements astronomiques. Un peu plus de deux semaines après l’éclipse solaire totale du 12 août, une éclipse lunaire partielle aura lieu dans la nuit du 27 au 28 août. L’ombre de la Terre plongera alors 96,2 % de la surface du disque lunaire dans l’ombre , qui prendra une teinte rouge-orangée. D’après les prévisions, près de 3,6 milliards de personnes en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et dans certaines régions d’Europe et d’Afrique pourront observer au moins une partie de la phase pénombrale.
Les éclipses lunaires se produisent lorsque le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés, la Terre se trouvant entre le Soleil et la Lune. La Lune traverse alors l’ombre de la Terre : lors d’une éclipse partielle, une partie du disque lunaire pénètre dans l’ombre (umbra), tandis que le reste demeure directement éclairé par le Soleil.
La lumière du Soleil est alors réfractée et diffusée par l’atmosphère terrestre avant d’atteindre la Lune, donnant à sa surface une teinte rouge-orangée ou cuivrée, ce qui a valu à ce phénomène le surnom de « lune de sang ». Plus précisément, l’atmosphère terrestre diffuse davantage les courtes longueurs d’onde, notamment le bleu, tandis que les longueurs d’onde rouges et orangées traversent plus facilement l’atmosphère et atteignent la Lune.
Entre deux et cinq éclipses lunaires peuvent se produire au cours d’une année. Celle de ce mois-ci appartient cependant au Saros 138, une série dans laquelle les éclipses se reproduisent à intervalles d’environ 18 ans, 11 jours et 8 heures. La dernière éclipse de cette série a eu lieu le 16 août 2008 et la prochaine se déroulera le 7 septembre 2044. Les séries Saros désignent des ensembles d’éclipses partageant une géométrie similaire et se reproduisant selon cette périodicité.
Dans la nuit du 27 au 28 août, l’ombre de la Terre recouvrira 96,2 % de la surface du disque lunaire, lors de la pleine lune mensuelle. Bien que partielle, l’éclipse sera suffisamment profonde pour qu’une grande partie du disque lunaire prenne une teinte rougeâtre, tandis qu’une fine portion restera directement éclairée.
«La pénombre est la partie externe de l’ombre de la Terre où le Soleil n’est que partiellement occulté. Son effet sur l’apparence de la Lune est subtil. Mais dès le début de l’éclipse partielle, à 2 h 34 UTC [4 h 34, heure de France métropolitaine, à l’aube du 28 août], l’effet de l’ombre devient clairement visible, car elle obscurcit progressivement le disque de la pleine Lune », indique la NASA.
Où et quand l’observer ?
Les possibilités d’observation et les horaires de l’éclipse dépendront du pays et, plus précisément, de la position géographique de l’observateur. Près de 3,6 milliards de personnes en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et dans certaines régions d’Europe et d’Afrique pourront en voir au moins une partie, notamment durant la phase pénombrale. L’heure à laquelle chaque phase sera visible variera selon le lieu.
« Les éclipses lunaires sont visibles de partout sur la face nocturne de la Terre, si le ciel est dégagé. À certains endroits, l’éclipse sera visible dans son intégralité, tandis qu’à d’autres, la Lune se lèvera ou se couchera pendant l’éclipse », explique Time and Date.

Une carte du monde indiquant les zones d’observation de l’éclipse lors de ses différentes phases. Les courbes de niveau délimitent la zone terrestre où chaque phase est visible. Le début de la phase partielle, par exemple, est visible partout à l’intérieur de la courbe orange. La carte est centrée sur 63°8′ O, le point sublunaire de l’éclipse maximale (la longitude où la Lune est au plus haut dans le ciel). L’éclipse n’est pas visible dans les zones grises situées à l’extérieur des courbes de niveau. © NASA
Pour les observateurs en France, au Royaume-Uni, en Italie, ainsi que dans d’autres parties de l’Europe, l’éclipse aura lieu à l’aube, peu avant le lever du Soleil, dans des conditions qui varieront selon la longitude et l’heure à laquelle la Lune passera sous l’horizon. Dans certaines parties de l’Afrique, comme l’Algérie, le Maroc et l’Afrique du Sud, l’heure d’observation idéale sera également très tôt le matin, avant le lever du Soleil.
Pour les observateurs outre-Atlantique, en revanche, notamment à New York ou à Jacksonville, le maximum aura lieu aux alentours de minuit. À New York, il se produira à 0 h 12, soit quelques heures après le coucher du Soleil sur la côte est des États-Unis.
L’éclipse ne sera pas visible depuis l’Australie, la Chine ou le Japon, où la Lune sera sous l’horizon au moment des principales phases. L’éclipse peut être observée à l’œil nu dans les régions où elle sera visible et ne nécessite pas de lunettes de protection. Une liste exhaustive des villes où l’éclipse pourra être observée, ainsi que les horaires exacts du maximum, sont disponibles sur des sites spécialisés comme TimeandDate.com.



