Amazon vient d’annoncer son intention d’acheter l’entreprise de satellites Globalstar pour 11,57 milliards de dollars afin de renforcer ses activités spatiales et de se positionner comme un concurrent de Starlink, la filiale de réseau satellitaire de SpaceX. Alors que le géant technologique cherche à s’imposer comme acteur important de l’exploration spatiale, cette acquisition lui permettrait de se positionner comme un concurrent de SpaceX, actuellement l’acteur dominant sur le marché des satellites en orbite terrestre basse.
Amazon, notamment à travers les initiatives liées à Blue Origin, représente l’un des acteurs américains de l’aérospatiale. L’entreprise travaille depuis plusieurs années avec la NASA pour l’envoi de charges utiles vers Mars et la Lune, et contribue aux objectifs spatiaux à long terme de l’agence, tels que les missions habitées lunaires et martiennes.
La mégafusée New Glenn de la société, conçue avec un lanceur réutilisable, doit notamment être utilisée par la NASA pour le lancement des deux sondes jumelles de la mission Escape and Plasma Acceleration Dynamics Explorers (ESCAPADE), qui auront pour objectif d’étudier l’influence des vents solaires sur la magnétosphère martienne. En novembre de l’année dernière, les deux sondes ont été déployées avec succès et le lanceur de la fusée récupéré comme prévu après seulement deux lancements d’essai.
Amazon compte désormais s’imposer davantage sur le marché de l’aérospatiale grâce à sa récente acquisition de Globalstar. L’accord permettrait notamment à Amazon de déployer des milliers de satellites en orbite terrestre basse dans le cadre du projet Amazon Leo, sur lequel la société travaille depuis plusieurs années.
Une ambition orbitale face à l’hégémonie de SpaceX
Basée en Louisiane, Globalstar exploite une vingtaine de satellites en orbite terrestre basse et est surtout connue pour être le fournisseur de la fonction « SOS d’urgence » d’Apple. Puis, vers la fin de l’année 2018, l’entreprise a annoncé qu’un nouveau réseau, soutenu par Apple et actuellement en développement, porterait ce nombre à 54 satellites, dont quelques satellites de secours, selon The Guardian.
De son côté, Amazon a pour objectif d’étendre son réseau à 3 200 satellites en orbite terrestre basse d’ici 2029, dont la moitié environ devront être déployés d’ici juillet 2026. Le réseau de l’entreprise comprend actuellement environ 200 satellites, contre près de 10 000 unités pour Starlink. L’acquisition de Globalstar permettrait à Amazon d’accéder à ses satellites opérationnels tout en accélérant les étapes vers la réalisation de son objectif à moyen terme.
Dans le cadre de l’acquisition, les actionnaires de Globalstar peuvent choisir de recevoir soit 90 dollars en espèces, soit 0,3210 action ordinaire d’Amazon pour chaque action Globalstar qu’ils possèdent, a rapporté le journal. L’acquisition devrait être finalisée l’année prochaine, sous réserve des approbations réglementaires et de l’atteinte des objectifs de déploiement par Globalstar.
Par ailleurs, Andy Jassy, le PDG d’Amazon, a annoncé la semaine dernière dans une lettre à ses actionnaires que Project Kuiper avait déjà obtenu des engagements avec Delta Airlines, JetBlue, AT&T, Vodafone, DIRECTV Latin America, du réseau national australien à haut débit et de la NASA pour utiliser les satellites dans leurs offres et leurs opérations une fois que davantage de satellites seront mis en service, selon la BBC.
Blue Origin a également son propre projet de constellation de satellites TeraWave, qui prévoit de lancer en orbite au moins 5 400 satellites destinés à offrir une connectivité internet aux grandes entreprises.




