Après un lancement spectaculaire hier soir, l’équipage d’Artemis 2 entame désormais son prochain défi avec sa première journée dans l’espace. Cela consistera principalement à tester les équipements de la capsule Orion et à ajuster sa trajectoire pour une injection translunaire — un test majeur pour le vaisseau qui effectue son premier vol spatial habité. L’équipage devrait atteindre l’orbite de la Lune d’ici le 6 avril et aura un aperçu inédit de sa face cachée.
Après une montée vers l’espace qui a duré environ huit minutes, les moteurs de l’étage supérieur de la fusée Space Launch System (SLS) ont été allumés afin de positionner le vaisseau spatial Orion sur une orbite très elliptique où il se déplacera au cours des prochaines 24 heures.
Pendant ce temps, les membres de l’équipage effectueront une vérification minutieuse de la fonctionnalité de la capsule afin de s’assurer que les systèmes de communication, de navigation, de propulsion et de survie du vaisseau fonctionnent correctement.
« C’est une première journée complètement folle », a déclaré le commandant de la mission et astronaute de la NASA Reid Wiseman, à CBS News. « Cette orbite de 24 heures nous donne le temps de vérifier tous les systèmes de contrôle environnemental et de maintien en vie d’Orion », a déclaré Wiseman. « Peut-il éliminer le dioxyde de carbone ? Peut-il nous maintenir en vie ? Pouvons-nous boire de l’eau ? Pouvons-nous aller aux toilettes ? Toutes ces fonctions humaines essentielles. »
Il s’agit notamment d’un test majeur pour Orion qui effectue son premier vol spatial avec équipage. La mission permet ainsi de tester les systèmes de contrôle de vol et les processus nécessaires pour le renvoi de l’Homme sur la Lune pour les prochaines missions Artemis, qui auront pour objectif, à terme, d’établir une base habitée permanente à la surface du satellite.
« Il s’agit d’un vol d’essai », a souligné Jared Isaacman, l’administrateur de la NASA, au journal. « C’est le premier acte d’une série de missions qui enverront des astronautes sur la Lune et en reviendront très fréquemment, à mesure que nous y retournerons pour de bon », a-t-il ajouté.
Un problème de toilettes…
Au cours des premières heures de mission, Christina Koch, la spécialiste de la mission et la première femme astronaute à s’aventurer au-delà de l’orbite terrestre basse, a constaté un premier problème au niveau des toilettes de la capsule.
De la taille d’une petite cabine téléphonique, ces toilettes sont conçues pour que les astronautes puissent faire leurs besoins comme ils le feraient habituellement avec celles sur Terre. Mais le moteur avec lequel elles fonctionnent n’aurait pas démarré une fois en orbite. En attendant le protocole de réparation, les astronautes pourront encore les utiliser pour les besoins solides, mais devront utiliser des sacs plastiques pour uriner.
Un premier objectif majeur du plan de mission a néanmoins été réalisé, notamment lorsque Victor Glover, le pilote de la mission et la première personne de couleur à être recrutée pour une mission lunaire, a pris les commandes manuelles de la capsule Orion, environ trois heures après le lancement. Il a pu positionner le vaisseau autour de l’étage supérieur de la fusée de sorte à le préparer à la manœuvre d’injection translunaire.

Le pilote d’Orion, Victor Glover (à gauche), et le commandant de mission, Reid Wiseman (à droite), testent la maniabilité du vaisseau spatial en volant en formation avec l’étage supérieur de la fusée SLS. © NASA
Suite à ces manœuvres, l’équipage bénéficiera de deux étapes de repos de 4 heures chacune. Pendant ce temps, les équipes au sol examineront les performances d’Orion afin de vérifier que tout est fin prêt pour l’injection translunaire. Cette étape, prévue pour ce soir, devrait durer environ six minutes et consistera à augmenter la vitesse du vaisseau d’environ 900 mph pour le faire sortir de l’orbite terrestre et finalement se diriger vers la Lune.
Un survol inédit de la face cachée de la Lune
La manœuvre d’injection translunaire placera Orion sur une trajectoire de retour libre, c’est-à-dire qu’il dessinera une boucle autour de la Lune et, après l’avoir attiré, la gravité lunaire le renverra à nouveau en direction de la Terre. L’équipage pénétrera officiellement dans la sphère d’influence gravitationnelle de la Lune lundi prochain, le 6 avril.
Vers la soirée de ce jour, le contact avec le centre de contrôle terrestre sera interrompu pendant environ 40 minutes. Le vaisseau pourra ensuite survoler la face cachée de la Lune, alors qu’un quart de celle-ci sera éclairée par la lumière du Soleil. Les astronautes auront l’occasion d’observer cette partie de la Lune à l’œil nu dans des conditions rares et collecteront autant de données et d’enregistrements qu’ils le pourront.
Le vaisseau sera hors de la sphère d’influence lunaire mardi après-midi et gagnera en accélération sous l’influence de la gravité terrestre. Puis, ce jeudi le 9 avril, ils tenteront une communication directe avec l’équipage de la Station spatiale internationale (ISS). L’équipage d’Artemis 2 amerrira le lendemain, 10 avril, au large des côtes de la Californie du sud, où des équipes de la marine américaine se tiennent prêtes pour les accueillir.
Suivez, étape par étape, la position du vaisseau ici.



