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Constipation chez les astronautes : une découverte surprenante pourrait compliquer les missions vers Mars

Valisoa Rasolofo 28 août 2026
constipation-chronique-astronautes-couv | NASA

En analysant des échantillons de sang prélevés chez des astronautes, des chercheurs ont découvert que les troubles du transit intestinal, probablement liés en partie à la microgravité, pourraient avoir un effet inattendu sur leur organisme. Leurs analyses sanguines ont notamment révélé une fermentation accrue des protéines par les bactéries intestinales, un processus associé à la production de métabolites potentiellement nocifs qui pourrait poser problème pour les missions longue durée.

Les effets de la microgravité sur la santé sont étudiés depuis les débuts des vols spatiaux habités. Les observations menées chez les astronautes de la Station spatiale internationale (ISS) ont par exemple montré que la microgravité réduit le volume sanguin circulant, entraîne une atrophie musculaire et une perte de densité osseuse et altère la différenciation des cellules immunitaires.

Des problèmes gastro-intestinaux ont également été rapportés, notamment des ballonnements, des indigestions, des reflux gastriques et de la constipation chronique. Pour pallier ces désagréments, des médicaments tels que des laxatifs sont systématiquement embarqués lors des missions spatiales habitées, y compris la mission Artemis II.

Cependant, si les chercheurs soupçonnaient que les troubles gastro-intestinaux comme la constipation figurent parmi les effets de la microgravité sur l’organisme des astronautes, la manière exacte dont la constipation chronique pourrait affecter leur santé demeurait jusqu’ici incertaine.

Une étude publiée le 29 juin 2026 dans la revue Nature Communications met en évidence une modification du métabolisme intestinal chez les astronautes qui pourrait avoir des implications pour leur santé lors des missions de longue durée.

« Lorsque nous planifierons des voyages spatiaux plus longs — par exemple vers Mars — des contre-mesures pourraient être nécessaires pour atténuer les effets négatifs des voyages spatiaux sur les intestins », a indiqué Giorgia La Barbera, auteure principale de l’étude et professeure associée au département de nutrition, d’exercice et de sport de l’université de Copenhague.

Des indicateurs d’un bouleversement intestinal

Pour effectuer leur enquête, La Barbera et ses collègues ont analysé 488 échantillons de plasma provenant de 52 astronautes ayant effectué des missions de deux à neuf mois à bord de l’ISS entre 2006 et 2018. Leur objectif était de détecter des métabolites spécifiques liés à la dégradation des aliments et des médicaments.

« Afin de comprendre l’impact des vols spatiaux sur le métabolisme humain, nous avons caractérisé le métabolome plasmatique d’astronautes avant, pendant et après leurs missions à bord de la Station spatiale internationale (ISS) par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse », écrivent les chercheurs.

Les chercheurs ont identifié 40 métabolites différents, dont certains produits par des bactéries intestinales impliquées dans la dégradation des protéines. Plus précisément, les résultats étaient compatibles avec une augmentation de la fermentation des protéines par les bactéries intestinales. Ces changements métaboliques ont été observés peu après le début du vol et se sont atténués quelques jours après le retour sur Terre.

La fermentation des protéines se produit lorsque les bactéries intestinales commencent à les dégrader plutôt que de fermenter en priorité les glucides et les fibres. Sur Terre, ce phénomène se produit chez les personnes dont l’alimentation est déséquilibrée ou en raison de troubles digestifs, tels qu’un ralentissement du transit intestinal.

« La microgravité est une condition susceptible d’affecter les fonctions gastro-intestinales et le métabolisme lors des vols spatiaux. Malgré les efforts déployés pour maintenir des habitudes alimentaires normales à bord de l’ISS, le choix des aliments et le rythme des repas peuvent être perturbés par le confinement », écrivent les chercheurs dans leur étude.

Un ralentissement du transit intestinal pourrait favoriser la fermentation des protéines, laquelle s’accompagne de la production de composés potentiellement nocifs. On ignore toutefois si cette augmentation présente des conséquences pour la santé à court ou à long terme.

« Nous savons que les produits de la fermentation des protéines sont souvent associés à des conséquences néfastes sur la santé, comme des lésions rénales, des troubles de l’humeur ou une baisse de la concentration, entre autres », a déclaré Lars Ove Dragsted, co-auteur de l’étude et responsable de la nutrition préventive et clinique à l’Université de Copenhague, à LiveScience. Ces composés sont également impliqués dans l’inflammation et l’altération de la muqueuse intestinale.

Toutefois, on ignore encore comment cette fermentation accrue des protéines pourrait affecter exactement la santé à long terme des astronautes, l’étude ne portant que sur des astronautes ayant effectué des séjours relativement brefs dans l’espace. En attendant davantage d’informations, les chercheurs suggèrent notamment d’augmenter la consommation de glucides à fermentation lente, notamment les fibres.

Source : Nature Communications

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