Les essais cliniques de phase 1 pour la psilocybine n’ont montré aucun effet indésirable

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La psilocybine, principe actif de certains champignons hallucinogènes, est rigoureusement étudiée depuis de nombreuses années pour ses effets étonnants sur le cerveau, notamment car elle interagit avec des sous-types de récepteurs sérotoninergiques. Elle aurait déjà démontré une efficacité pour soulager l’anxiété et la dépression. Récemment, une équipe de chercheurs du King’s College de Londres et de la société de soins de santé mentale Compass Pathways, a publié les résultats d’un essai clinique de phase 1 pour un médicament à base de psilocybine. Aucun effet secondaire significatif n’a été constaté.

Suite à l’annonce des résultats lors de la réunion annuelle de l’American College of Neuropsychopharmacology, les chercheurs ont également communiqué des informations importantes à la presse, notamment le fait qu’à ce jour, ils n’ont trouvé aucun effet secondaire indésirable chez les volontaires ayant reçu le traitement.

La psilocybine est le principe actif des champignons hallucinogènes (ou champignons magiques). Il s’agit avant tout d’une substance psychédélique, sa consommation induisant des symptômes hallucinogènes.

Ces dernières années, des chercheurs en santé mentale ont étudié la possibilité de l’utiliser pour traiter la dépression chronique et l’anxiété. Dans la plupart des cas, la proscription de la psilocybine serait un traitement de dernier recours pour les patients qui n’ayant répondu à aucun autre type de traitement.

synthese psilocybine
Voie de synthèse de la psilocybine. Crédits : ChemIndex

Objectif principal : tester l’innocuité du médicament

L’essai de phase 1 était destiné à tester l’innocuité du médicament uniquement. En effet, aucune tentative n’a été faite pour déterminer s’il réduisait les symptômes de la dépression ou non. D’ailleurs, aucun des volontaires ne souffrait de dépression, du moins à la connaissance des scientifiques.

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L’essai, en double aveugle, consistait à administrer à 89 individus sains une dose de 10 ou 25 mg de médicament (ou un placebo) et à leur faire suivre des séances de thérapie. Chacun des volontaires a été évalué pour les effets indésirables jusqu’à 12 semaines. Les séances de thérapie, en lien avec la nature du traitement (dépression, anxiété), ont été réalisées avec différents nombres de participants, allant d’une à six personnes.

En procédant ainsi, les chercheurs voulaient savoir si le traitement en groupe des patients, par rapport aux séances individuelles, pouvait marquer une différence dans le résultat. Chaque volontaire était affecté à un thérapeute spécifique, qui assistait à chaque fois aux séances de thérapie pour un suivi optimal.

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Les représentants de Compass ont déclaré qu’ils souhaitaient savoir s’il était possible de rationaliser la procédure de traitement pour accélérer le processus des essais cliniques. Ils ont également signalé que 25 séances de dosage ont été réalisées au total au cours de l’essai.

Les chercheurs ont rapporté qu’il n’y a eu aucun effet indésirable grave chez les volontaires. Les effets secondaires mineurs constatés n’étaient que de nature psychédélique. Les participants ne montraient aucune altération du fonctionnement cognitif ou émotionnel.

La conclusion du document suggère que les résultats obtenus prouvent la faisabilité d’utiliser la psilocybine pour traiter la dépression chronique, en conjonction avec des séances de thérapie. Selon des représentants du King’s College, qui qualifient les résultats de prometteurs, il s’agit de la plus grande étude sur la psilocybine à ce jour.

Source : Compass Pathways

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