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Football : les traumatismes crâniens répétés liés à un rétrécissement du cerveau chez les joueurs professionnels

Valisoa Rasolofo 15 juillet 2026
footballeurs-professionnels-retrecissement-cerveau-couv | Pixabay

Alors que la Coupe du monde de football 2026 approche de sa grande finale tant attendue, une étude met en lumière les impacts de ce sport de contact sur la santé cérébrale à long terme des joueurs. Chez les joueurs professionnels qui ont subi des traumatismes crâniens répétés, les données indiquent une atrophie cérébrale concentrée au niveau des régions liées à la mémoire et à la prise de décision, ainsi que des niveaux plus élevés de dépression et d’anxiété.

Les traumatismes crâniens, en particulier ceux répétés, peuvent avoir des conséquences à la fois aiguës et chroniques sur le cerveau, qui peuvent conduire à des handicaps permanents ou réduire l’espérance de vie. Ces conséquences incluent par exemple des crises d’épilepsie dues aux lésions cérébrales, des troubles du sommeil et des maladies neurodégénératives.

Les lésions cérébrales aiguës dues aux traumatismes peuvent avoir des conséquences à long terme, provoquant notamment une atrophie cérébrale progressive et un plus grand risque de développer des maladies neurodégénératives. Cependant, si les effets à long terme des traumatismes crâniens sont relativement bien documentés chez les personnes ayant subi des accidents de la route ou des accidents du travail, ils sont moins bien étudiés dans le cadre des sports de contact comme le football.

À l’occasion de la Conférence internationale de l’Association Alzheimer (AAIC) à Londres, des chercheurs ont rapporté les résultats d’une vaste étude menée auprès d’anciens footballeurs professionnels qui ont subi des traumatismes crâniens répétés typiques du sport qu’ils pratiquaient.

« Des études comme celle-ci peuvent aider les joueurs, les cliniciens et les instances sportives à mieux comprendre les risques potentiels et à réfléchir à la manière de rendre le sport plus sûr, tout en permettant aux gens de faire des choix éclairés », explique Maria C. Carrillo, directrice scientifique de l’Alzheimer’s Association, dans un communiqué de l’Imperial College de Londres, dont l’équipe a dirigé l’étude.

31 % plus de dépression chez les joueurs professionnels

Pour effectuer leur enquête, les chercheurs de l’étude ont analysé les données d’IRM de 142 anciens footballeurs professionnels âgés de 30 à 60 ans. Parmi eux, 126 hommes étaient en contrat professionnel à temps plein en Angleterre pendant au moins trois ans, et 16 femmes avaient fait carrière dans les deux premières divisions du football féminin britannique.

Leurs résultats ont été comparés à ceux de 56 personnes (43 hommes, 13 femmes) d’âge similaire qui avaient servi dans l’armée mais n’avaient pas pratiqué de sports de contact ou subi des impacts répétés à la tête ou des affections neurologiques. L’ensemble des participants a également effectué des tests psychocognitifs.

Les données d’IRM ont révélé de nettes différences structurelles dans les cerveaux des deux groupes. Les footballeurs présentaient des volumes de matière grise inférieurs au niveau de zones cérébrales clés, par rapport au groupe témoin. Ces régions atrophiées étaient impliquées dans la mémoire, l’attention, la prise de décision et la régulation émotionnelle.

Ces observations semblent concorder avec les niveaux plus élevés de dépression et d’anxiété chez les anciens joueurs (31 % contre 9 % pour le groupe témoin pour la dépression et 42 % contre 25 % pour l’anxiété), ainsi que de plus importantes difficultés de concentration, de mémorisation et de prise de décision. À noter toutefois qu’aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes lors des tests objectifs de mémoire et de cognition.

« Nous avons constaté que d’anciens footballeurs d’élite pourraient être affectés sur leur santé cérébrale même à la quarantaine, avant que des maladies comme la démence ne se manifestent généralement », indique Caleigh Grace Lynch, auteure principale de l’étude et chercheuse au Centre de recherche et de technologie sur la démence de l’Imperial College de Londres.

« Bien qu’il n’y ait pas eu de différences claires entre les anciens joueurs et les non-joueurs lors des tests cognitifs standard, nous avons constaté des différences significatives dans les symptômes (tels que l’anxiété et la dépression) rapportés par les participants, ainsi que dans l’imagerie cérébrale. »

Il est par ailleurs important de noter que l’étude ne permet pour le moment pas d’établir de lien de cause à effet direct entre l’état cérébral des joueurs et les traumatismes crâniens répétés. Si les données semblent correspondre, des travaux supplémentaires seront nécessaires pour véritablement confirmer le lien. Les chercheurs prévoient pour cela de poursuivre le suivi des participants au fil des années et d’élargir la cohorte d’étude, ainsi que le protocole de mesures.

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