Le gouvernement français vient d’annoncer officiellement son intention de migrer ses ordinateurs vers Linux afin de se détacher de Microsoft Windows et de réduire progressivement sa dépendance aux technologies américaines. L’initiative s’inscrit dans un objectif d’accroître la souveraineté numérique du pays, une annonce qui intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes entre les États-Unis et les autres pays.
Depuis son deuxième mandat en tant que président des États-Unis en janvier 2025, Trump a initié des décisions controversées qui ont provoqué des bouleversements économiques et géopolitiques au niveau mondial. Parmi ces décisions figurent par exemple les nouvelles taxes et les tarifs douaniers excessivement élevés imposés à d’autres pays comme le Canada, le Mexique, la Chine et l’Union européenne.
Côté géopolitique, ces décisions commerciales ont accentué les tensions entre les États-Unis et les autres pays, sans compter les attaques délibérées de l’administration Trump dirigées directement vers d’autres dirigeants politiques. Trump a également imposé des sanctions à des juges de la Cour pénale internationale qui ne sont pas en faveur de ses politiques, les empêchant de collaborer avec des entreprises américaines.
Les personnes visées ont signalé la fermeture de leurs comptes bancaires, la suspension de leur accès aux services technologiques américains ainsi que de tout autre service américain. En réponse à ces imprévisibilités, les législateurs européens prennent toujours plus conscience de leur dépendance excessive aux technologies américaines et veulent s’en affranchir.
En janvier de cette année, le Parlement européen a par exemple adopté un rapport enjoignant la Commission européenne à identifier les secteurs où l’Union européenne pourrait réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers.
L’initiative de la France visant à ne plus dépendre du système Windows pour ses ordinateurs gouvernementaux est la dernière en date dans cette vision et a été officialisée à la suite d’un séminaire interministériel mercredi 8 avril.
« L’État ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il doit en sortir. Nous devons nous désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique », a déclaré dans un communiqué David Amiel, ministre français de l’Action et des Comptes publics.
« Nous ne pouvons plus accepter que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques ».
Un renforcement de la souveraineté numérique
La stratégie du gouvernement français pour s’affranchir de Windows, qui demeure le système d’exploitation le plus utilisé au monde, consiste à migrer vers Linux, un système open source. Alors que Windows fait depuis quelques années l’objet de critiques concernant le volume de ses logiciels préinstallés, de leur fiabilité et ses fonctionnalités payantes, Linux est toujours plus adopté, en particulier par les développeurs informatiques.
Le gouvernement n’a pas communiqué de calendrier précis quant à l’exécution de cette migration, mais a indiqué qu’elle débutera avec les ordinateurs de la direction interministérielle du numérique (DINUM). « La transition est en marche : nos ministères, nos opérateurs et nos partenaires industriels s’engagent aujourd’hui dans une démarche sans précédent pour cartographier nos dépendances et renforcer notre souveraineté numérique. La souveraineté numérique n’est pas une option », a souligné Amiel dans le communiqué.
La France n’est d’ailleurs pas le premier pays à vouloir s’affranchir de Microsoft Windows. La Chine a par exemple lancé en 2023 OpenKylin, son premier système national d’exploitation open source, basé sur Linux. Le système a été développé par une communauté d’environ 4 000 développeurs et est utilisé dans son programme spatial ainsi que dans des secteurs tels que la finance et l’énergie, selon NDTV.
L’initiative de la France intervient quelques mois après que le pays a annoncé son intention de cesser d’utiliser Microsoft Teams et Zoom pour ses visioconférences au profit de Visio, un outil français basé sur Jitsi, un outil de visioconférence open source chiffré de bout en bout, selon TechCrunch.
La Caisse nationale d’Assurance maladie de la France a également annoncé récemment la migration de ses 80 000 agents vers des outils du socle numérique interministériel (Tchap, Visio et FranceTransfert pour le transfert de documents). Le gouvernement prévoit aussi de migrer sa plateforme de données de santé vers une nouvelle plateforme de confiance (sans encore préciser laquelle) d’ici la fin de l’année.




