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Espace & Astrophysique 5 min de lecture

La NASA lance un recrutement pour une mission simulée d’un an vers la Lune et Mars

Valisoa Rasolofo 7 juillet 2026
nasa-recrute-simulation-lune-mars-couv Un volontaire participant à la recherche utilise des lunettes de réalité augmentée pour accomplir des tâches similaires à celles d'un astronaute lors d'une mission spatiale simulée. | NASA

La NASA vient de lancer le recrutement pour sa prochaine simulation d’exploration spatiale de longue durée, qui débutera au mois d’août 2027. Il s’agira d’une mission particulièrement complexe qui exigera des volontaires de passer un an à vivre et à travailler dans des environnements imitant les conditions d’isolement des missions habitées vers la Lune et Mars. Les résultats serviront à garantir la sécurité et la santé des astronautes pour les futures missions interplanétaires.

La NASA effectue depuis des années des missions spatiales simulées pour entraîner les astronautes et les préparer au mieux aux rigueurs et à l’isolement de véritables missions spatiales. Ces simulations servent également d’évaluation approfondie non seulement des astronautes, mais également des différents dispositifs et technologies utilisées lors des missions.

Les volontaires vivent au sein d’environnements isolés pendant que leurs comportements et leurs performances sont évalués. Ils sont exposés à la promiscuité, effectuent différentes expériences, cultivent de la nourriture dans des environnements contrôlés et effectuent des sorties extravéhiculaires sous contrainte.

Ces simulations peuvent s’effectuer soit virtuellement, soit au sein d’enceintes spécialisées imitant par exemple des environnements martiens et lunaires. Parmi les principaux projets de simulations de la NASA figurent la Human Exploration Research Analog et le Crew Health And Performance Exploration Analog (CHAPEA), qui visent à rationaliser l’évaluation de l’adaptation des astronautes face à un ensemble de scénarios de mission potentiels au sein d’habitats simulés.

La prochaine mission de simulation d’un an, baptisée « Moon and Mars Exploration Analog », intègrerait des éléments d’HERA et de CHAPEA en une seule mission, selon l’agence. « Les enseignements tirés de cette expérience inédite d’un an contribueront à garantir la sécurité des astronautes et leur aptitude opérationnelle lors de futures opérations à la surface des planètes. Les résultats pourraient également éclairer la planification d’une présence lunaire durable via la Base lunaire et les futures missions Artemis », explique-t-elle dans un communiqué.

Une année de confinement pour préparer les missions du futur

Pour la nouvelle mission de simulation, l’habitat HERA servira de vaisseau spatial durant la phase de transit, tandis que CHAPEA servira de base de surface, les deux étant conçus pour quatre personnes. HERA est un petit habitat cylindrique de trois étages répartis sur environ 60 mètres carrés. Le premier étage comprend des postes de travail pour les opérations de vol et les expériences scientifiques, tandis que les deuxième et troisième étages abritent un espace de vie commun et les quartiers de l’équipage, respectivement.

CHAPEA est, quant à lui, un habitat plus grand imprimé en 3D de 158 m², simulant l’utilisation du régolithe martien pour la construction d’habitats in situ. Il abrite également des cabines individuelles, un espace de travail et un espace de vie partagé incluant une cuisine, une zone de loisirs et un espace de fitness. Il abrite aussi un espace médical et d’hygiène, ainsi qu’une zone agricole. L’habitat comprend également un sas de décompression connecté à un espace extérieur de 111 mètres carrés rempli de sable rouge pour simuler les sorties extravéhiculaires et les prélèvements de sol sur Mars.

Des critères de sélection à la hauteur des ambitions du programme

Les volontaires pour la mission Moon and Mars Exploration Analog simuleront plusieurs mois de vol et des opérations de surface incluant de la marche et la conduite d’un rover. Plus précisément, la mission comprend environ deux mois de formation et de collecte de données avant et après la mission, ainsi que douze mois de simulation dans deux habitats confinés différents. Ils doivent disposer des qualifications techniques et psychologiques requises pour cette mission d’environ 14 mois.

« Outre des exigences physiques et scolaires spécifiques, les volontaires doivent accepter de participer à un processus de sélection de plusieurs jours et réussir les évaluations physiques et psychologiques de la NASA, disponibles sur la page web de l’Analogue d’exploration lunaire et martienne », précise le communiqué.

Parmi ces qualifications figurent une licence (ou un diplôme équivalent) délivrée par un établissement agréé en ingénierie, sciences biologiques, sciences physiques ou mathématiques. Un diplôme de niveau supérieur dans un domaine STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) est, selon l’Agence, préférable et peut compenser l’absence d’expérience professionnelle. (Par exemple, un master équivaut à une année d’expérience, tandis qu’un doctorat équivaut à trois années d’expérience). L’expérience militaire peut également être prise en compte.

Mis à part les qualifications techniques, les candidats doivent être citoyens américains ou titulaires d’une carte verte, âgés de 30 à 55 ans, maîtriser l’anglais, mesurer au maximum 188 cm et ne présenter aucune restriction alimentaire, ni avoir d’antécédents de somnambulisme ou de prise de somnifères.

Par ailleurs, si la rémunération exacte n’a pas été précisée, l’agence a indiqué que des compensations sont bien prévues. L’agence avait rémunéré les volontaires à raison de 10 dollars de l’heure lors d’une précédente mission de simulation. Davantage d’informations sont disponibles sur le prochain programme ainsi que sur les qualifications requises, sur le site de recrutement de la NASA.

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