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Animaux • 5 min de lecture

Les éléphants réussissent un test psychologique que beaucoup d’humains ont du mal à maîtriser

Valisoa Rasolofo • 16 septembre 2026
elephants-psychologique-humains-couv | Unsplash

Les éléphants font preuve d’un étonnant contrôle de leurs impulsions pour obtenir de la nourriture de manière plus efficace, une capacité cognitive appelée « contrôle inhibiteur » que beaucoup d’humains peinent à maîtriser. Cette capacité, probablement essentielle à la survie, pourrait expliquer leurs compétences avancées en matière de résolution de problèmes et leurs comportements sociaux complexes.

Le contrôle inhibiteur, ou la capacité à contrôler ses pulsions au profit d’un comportement approprié, est une fonction cognitive impliquée dans la maîtrise de soi, la prise de décision et la flexibilité cognitive. Par exemple, se retenir de commander et de se faire livrer des plats à domicile pour réchauffer les restes du frigo ou faire un sandwich nécessite un contrôle inhibiteur.

Chez l’humain, il a été démontré qu’un bon contrôle inhibiteur est associé à une plus grande aptitude à coopérer, à de meilleures aptitudes en mathématiques et à une meilleure compréhension de la lecture. Les données suggèrent que le contrôle inhibiteur constitue un élément clé des comportements sociaux.

D’autre part, chez les animaux non humains, les différences dans la capacité de contrôle inhibiteur sont généralement associées à la complexité sociale. Des études ont par exemple montré que les corvidés (le groupe auquel appartiennent les corbeaux et les corneilles) présentent un contrôle inhibiteur comparable à celui des grands singes.

Le contrôle inhibiteur n’a cependant jusqu’ici pas été exploré de manière empirique chez les éléphants, malgré leurs capacités cognitives avancées bien documentées. Une équipe de la City University of New York a pour la première fois évalué le contrôle inhibiteur chez les éléphants d’Asie (Elephas maximus) à l’aide d’une expérience psychologique classique.

Les résultats de l’étude, détaillés dans la revue PLOS ONE, pourraient contribuer à de futures recherches sur les interactions entre les éléphants et les communautés locales, en particulier en Asie où nombre d’entre eux vivent à proximité des humains.

« Plus nous comprenons comment les éléphants pensent, prennent des décisions face aux risques et s’adaptent aux changements environnementaux d’origine humaine, mieux nous pouvons prédire leurs actions futures et mieux concevoir nos stratégies de coexistence entre l’homme et l’éléphant », indique dans un communiqué, Joshua Plotnik, qui a dirigé l’étude.

Une maîtrise de soi exceptionnelle

Les chercheurs ont sélectionné 16 éléphants d’Asie âgés de 4 à 60 ans à l’Institut national des éléphants de Thaïlande pour effectuer leur expérience. On leur a présenté une boîte transparente contenant des fruits, au lieu des boîtes à casse-tête noires auxquelles ils étaient habitués, selon un test courant appelé paradigme du détour.

Ce dernier consiste à observer dans quelle mesure un individu peut résister à la tentation d’atteindre directement une récompense alimentaire visible derrière une barrière pour accéder à cette même récompense par une ouverture située sur le côté de la boîte transparente.

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(A) Lors d’un essai de familiarisation, un éléphant pénètre par l’ouverture située au-dessus pour accéder à de la nourriture. (B) Lors d’un essai de test, un éléphant pénètre par l’ouverture située en dessous pour accéder à de la nourriture (une pomme). © Sangpa Dittakul/Hope et al.

D’après les chercheurs, les animaux testés ont préféré utiliser une ouverture sur le côté de la boîte transparente pour accéder à la nourriture plutôt que de tenter de l’atteindre directement à travers la barrière.

Dans une autre expérience, les chercheurs ont fait pivoter la boîte afin de déterminer si les éléphants pouvaient retrouver l’emplacement de l’ouverture et s’adapter à ce changement. Au début, ils ont dirigé leur trompe vers l’ancien emplacement de l’ouverture, puis ont adapté leur comportement pour utiliser le nouvel emplacement.

« Nous avons constaté que, lorsqu’ils étaient confrontés à une situation où ils devaient réprimer un comportement impulsif – qu’il s’agisse de l’impulsion à se servir directement d’une récompense alimentaire derrière une barrière transparente ou de l’impulsion à persister dans une technique qui avait déjà fait ses preuves –, les éléphants parvenaient généralement à maîtriser cette impulsion », explique l’auteure principale de l’étude, Sydney Hope.

« Cette capacité pourrait être importante pour leurs interactions sociales ou pour d’autres aspects de la cognition, comme la résolution de problèmes. »

Les éléphants plus âgés mettaient cependant plus de temps à s’adapter au changement. Ce résultat pourrait être lié à l’âge, mais d’autres facteurs doivent être pris en compte. Des travaux supplémentaires seront toutefois nécessaires pour déterminer s’il s’agit ou non d’un déclin cognitif.

Une meilleure compréhension du contrôle inhibiteur, notamment de la manière dont les éléphants réagissent aux obstacles et prennent des décisions, pourrait aider à mieux prédire leurs comportements dans les environnements dominés par les humains.

Source : PLOS ONE

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