La NASA a dévoilé les membres de l’équipage de sa prochaine mission Artemis III, qui sera composé de trois astronautes de la NASA et d’un astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA). Prévue pour 2027, la mission consistera à envoyer les astronautes en orbite terrestre afin de tester un ou les deux atterrisseurs lunaires développés par SpaceX et Blue Origin — une étape importante pour évaluer leurs performances en vue d’Artemis IV, qui, elle, se déroulera sur la Lune.
L’équipage d’Artemis III sera composé du commandant de la NASA Randy Bresnik, de l’astronaute et pilote de l’ESA Luca Parmitano et des spécialistes de mission de la NASA Andre Douglas et Frank Rubio, tandis que l’équipage de réserve inclura l’astronaute de la NASA Robert Hines.
Totalisant plus de 2 000 heures de vol sur 40 types d’aéronefs, Parmitano a été le tout premier commandant italien de la Station spatiale internationale (ISS). Il a également inauguré la première mission de longue durée de l’Agence spatiale italienne (ASI) vers l’ISS en 2013 et sera le premier astronaute de l’ESA à participer à une mission Artemis. Artemis III sera le troisième vol spatial de sa carrière.
« Artemis III repoussera les limites des opérations spatiales en orbite. La nomination de Luca comme pilote témoigne de l’expertise européenne en matière de vols spatiaux habités et s’appuie sur sa vaste expérience opérationnelle dans des situations critiques », a déclaré Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, dans un communiqué de la NASA.
Ancien pilote d’essai de F/A-18 et colonel retraité du corps des Marines des États-Unis, Bresnik sera également à son troisième vol spatial. Il totalise plus de 7 000 heures de vol sur 95 types d’aéronefs et supervise, depuis 2018, le développement et les essais du vaisseau spatial et des systèmes qui seront utilisés lors des missions Artemis. Il est également formé comme spéléologue et aquanaute pour des tests de survie dans les environnements les plus extrêmes de la Terre.
Douglas, quant à lui, effectuera son premier vol spatial. Sélectionné par la NASA en 2021 comme candidat astronaute, il était membre de l’équipage de réserve pour Artemis II et sera cette fois membre de l’équipe de vol pour Artemis III. Il est titulaire d’une licence en génie mécanique de l’Académie des garde-côtes américains et a déjà participé à des opérations de recherche et de sauvetage en mer.
Rubio a eu une longue carrière de plus de 28 ans comme aviateur, médecin et astronaute dans l’armée américaine. Il a passé 371 jours à bord de l’ISS entre 2022 et 2023, battant ainsi le record de la plus longue durée de vol spatial pour un astronaute américain. Artemis III sera son second vol spatial.
Hines, quant à lui, a piloté la mission Crew-4 de SpaceX pour la NASA à destination de l’ISS. Il s’entraînera aux côtés de Bresnik, Parmitano, Rubio et Douglas en tant qu’équipe de réserve et rejoindra l’équipage d’Artemis III en cas d’indisponibilité de l’un des quatre autres astronautes.
Une mission de deux semaines en orbite terrestre
Artemis III devait initialement inclure un alunissage, mais a été remaniée à la suite d’une refonte majeure du programme, probablement compte tenu de l’état d’avancement des différents fournisseurs de la mission. Les alunissages seront prévus pour Artemis IV et Artemis V en 2028, si le calendrier est tenu comme prévu.
La mission Artemis III consistera en un vol d’essai en orbite terrestre au cours duquel l’équipage se coordonnera avec les équipes au sol pour tester les systèmes de vol et de survie, ainsi qu’un ou les deux alunisseurs développés par SpaceX et Blue Origin. Plus précisément, le prototype d’atterrisseur Blue Moon de Blue Origin, qui peut rester en orbite pendant plusieurs semaines, sera lancé en premier et attendra l’équipage dans l’espace.
L’équipage sera ensuite envoyé dans l’espace à bord de la capsule Orion grâce à la fusée Space Launch System. Orion s’amarrera ensuite pendant environ deux jours à l’atterrisseur pour une série de tests et de démonstrations. Une fois les tests terminés, Orion se séparera du premier véhicule avant de rejoindre le vaisseau Starship (une version modifiée du Starship actuel) de SpaceX. Ce dernier s’amarrera à son tour pendant une journée avec Orion pour ses différents tests.
Une fois les vérifications sur les deux atterrisseurs effectuées, l’équipage d’Orion effectuera une rentrée atmosphérique et amerrira dans l’océan Pacifique, où une équipe de l’US Navy et de la NASA le récupérera. La mission devra au total durer près de deux semaines (quatre jours de plus qu’Artemis II) et sera, selon la NASA, l’une des missions spatiales les plus complexes que l’agence ait jamais effectuées.
« Bien qu’il s’agisse d’une mission en orbite terrestre, elle constitue une étape cruciale vers la réussite de l’alunissage d’Artemis IV », a déclaré Jeremy Parsons, administrateur adjoint par intérim du programme Lune-Mars de la NASA dans un communiqué en mai. « Artemis III est l’une des missions les plus complexes jamais entreprises par la NASA. Pour la première fois, la NASA coordonnera une campagne de lancement impliquant plusieurs engins spatiaux intégrant de nouvelles capacités aux opérations d’Artemis. »

Le module de service Orion d’Artemis III avant les tests acoustiques au centre d’opérations et de vérification du Centre spatial Kennedy de la NASA, le 7 mai 2026.
© NASA/Jess Ruffa
Un test clé pour SpaceX et Blue Origin
Il s’agira d’un test clé pour le programme Artemis, car son issue permettra à la NASA d’évaluer les performances respectives des fournisseurs en vue des missions prévues à partir de 2028. Les revers et les retards subis par les deux fournisseurs ont notamment soulevé des préoccupations quant à leur aptitude aux missions lunaires et à leur capacité à se conformer aux calendriers imposés par l’agence. Le programme Artemis subirait son plus important revers à ce jour en cas d’échec des deux prestataires.
Les systèmes Starship de SpaceX et New Glenn de Blue Origin sont, pour l’heure, bloqués au sol par la Federal Aviation Administration (FAA) à la suite d’importants incidents. La défaillance technique survenue le 28 mai sur la fusée New Glenn est considérée comme la plus grande explosion non nucléaire de l’histoire américaine, selon Live Science.
De son côté, malgré un lancement orbital réussi de Starship, le propulseur Super Heavy de la fusée a subi plusieurs pannes moteur et s’est écrasé de manière incontrôlée dans le golfe du Mexique.
La NASA affirme toutefois travailler en étroite collaboration avec ses partenaires sur les mesures de soutien et les stratégies à mettre en œuvre afin d’augmenter la cadence des opérations et d’améliorer la chaîne d’approvisionnement du programme Artemis.



