La NASA a officiellement lancé, lundi, le compte à rebours en vue du lancement prévu ce soir (1er avril) de la mission Artemis 2, première mission lunaire habitée depuis 53 ans. Les responsables ont indiqué que la fusée Space Launch System (SLS) est fin prête, après une série de réparations, et que les conditions météorologiques devraient être favorables. Le lancement sera retransmis en direct afin de permettre au monde entier d’assister à ce moment marquant du retour des missions habitées vers la Lune.
La mission Artemis 2 aurait dû être lancée au mois de février, mais a subi des retards en raison de problèmes techniques, dont des fuites d’hydrogène, depuis colmatées. Alors que la fusée SLS était parvenue sur son pas de tir en janvier, elle a dû être ramenée dans son hangar afin de réparer une conduite de pressurisation à hélium obstruée. Elle est finalement retournée sur la rampe de lancement il y a quelques jours, tandis que les membres de l’équipage sont arrivés sur place vendredi.
Les réparations étant achevées, lundi à 16h44 HAE (21h44, heure française), le compte à rebours a officiellement été lancé pour un décollage prévu à 18h24 HAE (00h24, heure française). Les membres de l’équipe de lancement ont pris place à leurs consoles au Centre de contrôle des lancements Rocco Petrone, en Floride, tandis que les ingénieurs ont procédé à la mise sous tension des équipements de vol.
« Notre équipe a travaillé sans relâche pour nous amener à ce moment », a déclaré Charlie Blackwell-Thompson, directeur du lancement, à l’Associated Press. « Tout porte à croire que nous sommes actuellement dans une excellente situation. »
Depuis lundi, les liaisons de communication ont été vérifiées et les systèmes cryogéniques ont été préparés afin de lancer la séquence de remplissage nécessaire au chargement de centaines de milliers de litres d’hydrogène et d’oxygène liquides. Les équipes ont également commencé à remplir d’eau l’immense réservoir du système d’insonorisation, destiné à protéger la fusée et le vaisseau spatial Orion du bruit des moteurs.
Un voyage aller-retour de dix jours
L’équipage d’Artemis 2 est composé des astronautes de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que de l’astronaute de l’Agence spatiale canadienne Jeremy Hansen. Ces derniers sont restés dans les quartiers des astronautes du bâtiment Neil A. Armstrong, au Centre spatial Kennedy, depuis le début du compte à rebours.

Cette photo montre les astronautes de la NASA Reid Wiseman, commandant d’Artemis II (à gauche), Victor Glover, pilote d’Artemis II, Christina Koch, spécialiste de mission Artemis II, et l’astronaute de l’ASC (Agence spatiale canadienne) Jeremy Hansen, spécialiste de mission Artemis II (à droite). © Bill Ingalls/NASA
Au cours de la phase finale de celui-ci, les astronautes se sont concentrés sur les préparatifs et les vérifications techniques, tout en restant en quarantaine sous stricte surveillance médicale afin de garantir leur aptitude au lancement. Ils suivent également un programme de sommeil et un plan nutritionnel stricts pour maintenir leur niveau d’énergie et leur hydratation, tout en recevant des mises à jour régulières de l’équipe de lancement, selon un communiqué de la NASA.
Les équipes de la NASA et les météorologues continuent de surveiller en temps réel les conditions météorologiques jusqu’au lancement de ce soir. Les principales préoccupations concernent les vents violents et un ciel couvert, mais les responsables se veulent globalement confiants.
Près de huit minutes après le décollage, les panneaux solaires d’Orion, de fabrication européenne, se déploieront et commenceront à alimenter le vaisseau spatial, selon un communiqué de l’Agence spatiale européenne (ESA). Environ trois heures après le lancement, Orion se séparera de l’étage supérieur de la fusée et stationnera en orbite terrestre pendant environ 24 à 25 heures.
Les astronautes prendront ensuite le contrôle manuel du vaisseau, en utilisant les moteurs du module de service pour s’entraîner à ajuster sa trajectoire en vue des futures missions Artemis. Puis, environ 25 heures après le lancement, ce même module procédera à une manœuvre de propulsion afin de placer Orion sur une trajectoire en direction de la Lune, pour un voyage d’une durée totale de dix jours.
Il n’y aura pas d’alunissage : le vaisseau effectuera un survol de la Lune avant d’amorcer un demi-tour. À l’issue de la mission, le module d’équipage se séparera du module de service avant d’amerrir dans l’océan Pacifique.
La retransmission en direct débutera ce soir, une heure avant le décollage, sur la chaîne YouTube de la NASA, avec des images et des commentaires audio des opérations de remplissage du lanceur SLS, ainsi que sur la chaîne télévisée de l’ESA. En cas de report, la NASA disposera d’une fenêtre de tir supplémentaire de six jours avant de devoir suspendre les opérations jusqu’à la fin du mois.




