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L’OMS confirme un foyer d’hantavirus sur un navire de croisière dans l’Atlantique : plusieurs morts signalés

Valisoa Rasolofo 6 mai 2026
foyer-hantavirus-navire-couv | Unsplash

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé un nouveau foyer épidémique d’hantavirus à bord d’un bateau de croisière traversant l’Atlantique Sud, après que plusieurs passagers et membres de l’équipage ont été testés positifs et que trois décès ont déjà été enregistrés. L’infection aurait été provoquée par un sous-groupe du virus responsable d’infections respiratoires. La propagation du virus fait actuellement l’objet d’une surveillance, car bien que les cas de transmission zoonotique soient rares, ils peuvent provoquer des symptômes graves.

Il existe deux principaux groupes d’hantavirus répertoriés. Le premier groupe regroupe les hantavirus de l’Ancien Monde, présents principalement en Afrique, en Asie et en Europe, et responsables de fièvres hémorragiques avec syndrome rénal. Le second groupe inclut les hantavirus du Nouveau Monde, identifiés en Amérique, et à l’origine du syndrome pulmonaire à hantavirus.

Le virus se transmet principalement par inhalation de gouttelettes en suspension dans l’air ou dans la poussière provenant d’excréments, d’urine ou de salive de rongeurs infectés. La transmission chez l’humain se produit par contact avec les zones contaminées ou par le biais de morsures d’animaux infectés.

Bien que rares, des transmissions interhumaines du virus Andes — un sous-groupe spécifique des hantavirus du Nouveau Monde détecté pour la première fois au Chili et en Argentine en 1995 — sont documentées depuis plusieurs décennies. Plusieurs décès liés à cette souche virale ont été rapportés entre juillet 2025 et janvier 2026 en Argentine, selon les autorités sanitaires locales.

Cependant, si le taux de mortalité est jusqu’à récemment resté stable par rapport aux années précédentes, il semble en augmentation ces derniers mois. Entre janvier 2025 et janvier 2026, 34 % des personnes infectées par le virus sont décédées, contre des moyennes nationales annuelles comprises entre 10 et 32 % entre 2019 et 2024, selon le ministère argentin de la Santé.

Vaithi Arumugaswami, chercheuse en maladies infectieuses à l’Université de Californie à Los Angeles, interrogée par Nature, soupçonne qu’il pourrait s’agir de la même souche virale que celle ayant infecté les passagers du navire de croisière MV Hondius. Les autorités sanitaires devraient prélever des échantillons sur les personnes infectées afin de séquencer les virus et de confirmer s’il s’agit bien du virus Andes.

Une transmission par la faune locale lors de la traversée ?

Les premiers signalements transmis à l’OMS le 2 mai 2026 faisaient état d’un cluster de maladies respiratoires sévères touchant plusieurs passagers. Le MV Hondius transportait au total 147 personnes, entre passagers et membres d’équipage. Au 4 mai, sept cas — dont deux infections à hantavirus confirmées en laboratoire et cinq cas suspects — avaient été identifiés. Trois décès ont été recensés, dont un survenu à bord, tandis qu’un patient se trouvait dans un état critique et que trois autres présentaient des symptômes légers.

D’après les témoignages recueillis à bord du navire, les premiers symptômes sont apparus entre le 6 et le 28 avril 2026. Les patients ont présenté de la fièvre, des troubles gastro-intestinaux, puis, dans certains cas, une évolution rapide vers une pneumonie et un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Un passager a été évacué vers un hôpital en Afrique du Sud, tandis que les deux membres d’équipage infectés doivent également être transférés à terre.

Le navire est parti d’Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026 et a suivi un itinéraire à travers l’Atlantique Sud, avec de multiples escales dans des régions isolées riches en biodiversité, notamment l’Antarctique continental, la Géorgie du Sud, l’île Rossignol, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène et l’île de l’Ascension.

Ces régions demeurent toutefois relativement éloignées des zones argentines où des cas d’infection au virus Andes ont été signalés. Arumugaswami estime que cela pourrait signifier que les passagers ont été infectés lors de voyages effectués en Argentine avant leur embarquement, ou que le virus circule déjà dans les régions les plus méridionales du pays.

« L’étendue des contacts entre les passagers et la faune locale pendant la traversée, ou avant l’embarquement à Ushuaia, reste indéterminée », ajoute l’OMS dans un communiqué. D’autres cas pourraient par ailleurs apparaître au cours des prochaines semaines, les symptômes pouvant mettre plusieurs semaines à se manifester. Le MV Hondius se trouve actuellement au Cap-Vert, au large des côtes sénégalaises.

Des recherches nécessitant des protocoles de biosécurité stricts

Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique contre les infections à hantavirus, mais uniquement des soins destinés à soulager les symptômes. Des vaccins contre les hantavirus responsables de syndromes hémorragiques avec insuffisance rénale sont disponibles en Chine et en Corée du Sud, mais ils demeurent inefficaces contre les hantavirus responsables du syndrome pulmonaire.

La faible prévalence du syndrome pulmonaire à hantavirus rend difficile la constitution de cohortes suffisamment importantes pour tester d’éventuels vaccins ou traitements. Par ailleurs, la recherche sur ces virus nécessite des protocoles de biosécurité stricts, et seuls quelques laboratoires dans le monde disposent des infrastructures adaptées pour les étudier sans risque.

Néanmoins, « l’OMS évalue actuellement comme faible le risque que cet événement fait courir à la population mondiale et continuera de surveiller la situation épidémiologique afin d’actualiser son évaluation des risques ».

 

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