La tentative de lancement de la fusée Starship V3 de SpaceX, jeudi dernier, s’est soldée par une suspension brusque à la suite d’un dysfonctionnement au niveau de certains de ses moteurs. Alors que le compte à rebours atteignait zéro, les ordinateurs du système de lancement ont interrompu automatiquement le programme, l’échec d’allumage de plusieurs moteurs risquant de compromettre l’ensemble de la mission. Une nouvelle tentative de lancement devrait avoir lieu d’ici jeudi 23 juillet.
Du haut de ses 124 mètres et de ses 33 moteurs principaux, Starship est la fusée la plus grande et la plus puissante jamais construite. SpaceX, son constructeur, est mandaté par la NASA pour faire atterrir ses astronautes sur la Lune au cours des prochaines années, dans le cadre du programme Artemis. Une version modifiée du vaisseau Starship sera alors utilisée à cet effet.
Cependant, la réussite de la construction de la fusée, qui transportera le vaisseau destiné à être converti en atterrisseur, constitue une étape importante vers la réalisation des missions lunaires à venir. Le contrat avec la NASA stipule que l’atterrisseur Starship, ainsi que Blue Moon, celui construit par Blue Origin, devront être opérationnels d’ici l’année prochaine afin de permettre les essais et l’entraînement de l’équipage de la mission Artemis III à l’amarrage de sa capsule en orbite terrestre.
L’un des atterrisseurs transportera ensuite deux astronautes jusqu’au pôle Sud lunaire dans le cadre d’une mission habitée ultérieure, conformément au calendrier du programme Artemis.
Un revers pour un programme au calendrier sous tension
Ces objectifs semblent cependant pour le moment mis à mal. Jeudi dernier (16 juillet), depuis Starbase, au Texas, à 17 h 45 (heure locale), le lancement du Starship V3 a été soudainement suspendu lorsque quatre moteurs n’ont pas démarré. Le compte à rebours s’était déroulé comme prévu tout au long de la journée et les 5 200 tonnes de méthane et d’oxygène liquides (propergol) ont été chargées dans la fusée.
Cependant, lorsque quatre moteurs ont échoué à l’allumage, les ordinateurs du système de lancement ont immédiatement interrompu l’allumage des 29 autres moteurs, laissant la fusée ancrée à la plateforme de lancement. L’équipe de SpaceX a donc été contrainte d’annuler le lancement et de vider à nouveau les réservoirs de propergol en attendant d’identifier la cause de cet échec d’allumage et une nouvelle fenêtre de lancement.
Il s’agit du premier arrêt automatique à T-0 provoqué par l’échec d’allumage de plusieurs moteurs du Super Heavy. La nouvelle date de lancement est fixée à ce jeudi 23 juillet, selon un communiqué de SpaceX. Elon Musk, fondateur et PDG de l’entreprise, a déclaré que deux moteurs seraient remplacés « afin d’augmenter les chances de réussite du vol », selon l’Associated Press.
Un arrêt automatique pour préserver l’intégrité du lanceur
Le lanceur Super Heavy de Starship comprend 33 moteurs Raptor pouvant générer chacun une poussée de plus de 227 tonnes. Ils sont conçus pour démarrer de manière échelonnée après l’activation du déflecteur de flamme refroidi à l’eau de la rampe de lancement, destiné à protéger cette dernière de la chaleur extrême et des vibrations générées par le décollage.
Tout se déroulait comme prévu jusqu’à ce que le système de lancement suspende la mission, un processus qui, selon l’entreprise, était prévu pour ne pas risquer de compromettre l’ensemble. Un nombre insuffisant de moteurs opérationnels aurait notamment pu aboutir à un incident plus grave, certains des vols précédents de Starship s’étant par exemple soldés par des explosions.
La procédure de lancement a été modifiée sur la base des leçons tirées des vols précédents. « Lors de la séparation des étages du vol 12, de légères différences dans le démarrage des moteurs ont entraîné un décalage d’environ 90 degrés dans l’orientation du propulseur », a indiqué SpaceX dans un compte rendu du lancement de mai. « La séquence de démarrage a été modifiée afin d’être plus robuste face aux variations de synchronisation et d’assurer une orientation plus fiable dans la direction souhaitée, ce qui contribue à améliorer les performances globales. »
Si tout se passe comme prévu, le lancement de ce jeudi sera le 13e vol de Starship. Cette mission aura pour objectif de lancer 20 satellites Starlink, les plus récents et les plus performants de SpaceX, et de les déployer lors du vol d’une heure prévu depuis Starbase. Ces satellites devront ensuite tenter de communiquer avec les satellites Starlink déjà en orbite tout en prenant des photos du bouclier thermique de Starship.
La mission ne prévoit pas de récupérer le lanceur ou le vaisseau et tous deux devront finir dans l’océan après la fin de la mission.




