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ÉnergiePlanète & Environnement 4 min de lecture

La plus grande batterie au sable au monde réduit de 70 % les émissions de GES après seulement un an d’activité

Valisoa Rasolofo 17 juin 2026
batterie-sable-GES-couv | Polar Night Energy

Après environ un an de mise en service, la plus grande batterie au sable au monde, selon la société à l’origine du projet, en Finlande, a permis de réduire de 70 % les émissions de gaz à effet de serre du réseau de chauffage local. Stockant l’énergie thermique, la batterie aurait assuré une fiabilité de 100 % pour la redistribution de la chaleur urbaine et démontré une efficacité supérieure à 85 % pour le stockage énergétique, des résultats qui surpasseraient les attentes de l’entreprise.

Les batteries au sable permettent de stocker l’énergie thermique à haute température dans du sable ou des matériaux similaires. Elles permettent de stocker l’énergie excédentaire générée par les systèmes énergétiques renouvelables afin de pouvoir l’utiliser pendant les heures creuses où ces systèmes produisent peu ou pas d’énergie, comme la nuit ou lors des journées à faible ensoleillement ou peu venteuses.

Le stockage de l’énergie excédentaire constitue notamment l’un des goulots d’étranglement des systèmes d’énergie verte. Ces derniers produisent fréquemment des excédents d’énergie que les systèmes de stockage conventionnels peinent à conserver ou à redistribuer, sans compter les ressources controversées nécessaires à leurs composants, comme le lithium.

Les batteries au sable permettraient de surmonter ces limites en pompant l’énergie thermique à travers un système de canalisations entourant le matériau sableux. Ce matériau peut ensuite stocker l’énergie pendant des jours, voire des semaines, pour la redistribuer en cas de besoin sous forme d’eau chaude, de vapeur ou d’air chaud, utilisables pour les ménages ou les systèmes industriels.

En convertissant l’énergie verte excédentaire en énergie thermique stockable, ces batteries pourraient contribuer à mieux exploiter les systèmes d’énergie renouvelable et, par extension, réduire la dépendance aux énergies fossiles. Outre les avantages environnementaux, cette technologie permettrait également d’atténuer en partie la volatilité des marchés énergétiques.

L’entreprise finlandaise Polar Night Energy rapporte ses premiers résultats après un an de déploiement de ce qui est présenté comme la plus grande batterie au sable au monde. « Nous avons démontré que la batterie au sable fonctionne comme prévu et permet de réduire considérablement les émissions de manière rentable. Il s’agit d’un excellent exemple concret de transition énergétique, où la production d’énergie basée sur la combustion est remplacée par des énergies renouvelables », a déclaré Liisa Naskali, directrice des opérations de Polar Night Energy, dans un communiqué.

Un approvisionnement ininterrompu du réseau de chauffage urbain

La batterie au sable développée par Polar Night Energy consiste en un grand cylindre en acier haut de 13 mètres et large de 15 mètres, rempli de 2 000 tonnes de stéatite concassée — une roche métamorphique sélectionnée pour son exceptionnelle capacité à absorber et à retenir la chaleur, et non du sable au sens strict. Elle est déployée depuis juin 2025 à Pornainen, une petite commune finlandaise située à un peu plus d’une heure de route d’Helsinki, où une grande partie des bâtiments est raccordée au réseau de chauffage urbain.

D’après l’entreprise, la batterie a démontré une efficacité supérieure à 85 % et assuré un approvisionnement ininterrompu du réseau de chauffage urbain. Cela aurait permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 %, la consommation de biomasse de 60 % et la consommation de pétrole de 100 %.

« L’un des indicateurs de performance les plus intéressants a été le coût nettement inférieur de l’électricité que nous avons pu nous procurer par rapport aux prix moyens du marché. En moyenne, nous avons pu recharger la batterie à des prix environ 70 à 80 % inférieurs à la moyenne du marché spot. Certains mois, la différence a même dépassé 90 % », a ajouté Sauli Antila, associé exploitant chez CapMan Infra, la société mère de Loviisan Lämpö, l’entreprise énergétique qui a mis le système en service.

« La première année s’est déroulée encore mieux que prévu. La mise en service s’est faite sans le moindre problème et la fiabilité a été excellente : il n’y a eu aucune interruption dans la distribution du chauffage urbain. Notre coopération avec Polar Night Energy a été très fructueuse », a déclaré Mikko Paajanen, PDG de Loviisan Lämpö.

La prochaine étape consistera à déterminer comment la batterie pourrait être déployée à l’échelle de régions plus vastes et d’un réseau énergétique plus étendu. Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait constituer une solution potentielle pour optimiser la transition vers les énergies vertes.

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