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Solitude et isolement social : jusqu’à six années d’espérance de vie en bonne santé perdues, selon une étude

Valisoa Rasolofo • 30 septembre 2026
solitude-esperance-vie-sante-couv | Pixabay

L’isolement social et la solitude seraient associés à une perte pouvant atteindre près de six ans d’espérance de vie sans maladies physiques ou mentales graves, selon une étude. Sur l’aspect physique, les femmes ont tendance à perdre plus d’années de vie en bonne santé que les hommes, tandis que ces derniers en perdent davantage sur le plan mental.

La solitude et l’isolement social sont devenus des problèmes de santé publique de plus en plus préoccupants à l’échelle mondiale. On estime par exemple qu’un tiers des personnes d’âge moyen et âgées au Royaume-Uni et aux États-Unis se sentent seules, tandis qu’un tiers des adultes américains sont considérés comme socialement isolés.

Toutefois, afin de saisir les effets qu’ils pourraient avoir sur la santé, il est d’abord important de distinguer les deux expériences. Bien que liés, la solitude et l’isolement social sont notamment des concepts distincts. Une personne est socialement isolée lorsqu’elle interagit peu avec d’autres personnes ou a un cercle social restreint.

La solitude reflète en revanche le degré de satisfaction d’une personne quant à la qualité de ses relations. Ainsi, une personne pourrait avoir un cercle social très étendu et interagir fréquemment avec d’autres personnes, mais peut tout de même souffrir de solitude.

Des études ont montré que la solitude et l’isolement social sont tous deux associés à une mortalité plus élevée et à diverses conséquences sur la santé mentale et physique, telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques, les maladies neurodégénératives, le cancer, la dépression et l’anxiété.

Il a été suggéré que leurs impacts sur la santé pourraient être liés à des modifications telles qu’une augmentation du stress, la qualité du sommeil et la qualité de vie en générale. Cependant, les liens de causalité exacts demeuraient jusqu’ici incertains.

Une étude observationnelle parue dans la revue Nature Communications fournit l’une des estimations les plus précises à ce jour de la manière dont la solitude et l’isolement social sont associés à l’espérance de vie en bonne santé.

« Globalement, l’étude a révélé que l’isolement social et la solitude peuvent avoir un impact significatif sur l’espérance de vie sans maladie », explique dans un communiqué, Lu Qi, coauteur principal de l’étude, titulaire de la chaire HCA Regents Distinguished Chair et professeur à la Celia Scott Weatherhead School of Public and Tropical Medicine de l’université Tulane. « Cela concerne aussi bien les maladies physiques que mentales. »

Une espérance de vie sans maladie réduite de plusieurs années

Pour effectuer leur enquête, Qi et ses collègues ont analysé les données de 277 489 adultes âgés de 40 à 69 ans. Au début de l’étude, les participants ne présentaient aucune de ces sept affections majeures : diabète, maladie cardiaque, maladie pulmonaire, démence, cancer, dépression et anxiété. En prenant l’âge de 50 ans comme point de référence, l’espérance de vie sans maladie est, dans l’étude, définie par le nombre d’années restantes qu’une personne peut espérer vivre sans développer au moins l’une des affections incluses dans l’analyse.

En matière de santé physique, les femmes souffrant de solitude et d’isolement social avaient une espérance de vie sans maladie physique inférieure de 2,4 années en moyenne, tandis que les hommes en avaient 1,7 an de moins.

Des écarts entre les sexes particulièrement marqués sur le plan mental

L’écart quant à la santé mentale était plus important. Les femmes qui souffraient à la fois de solitude et d’isolement social avaient environ 3,7 années d’espérance de vie sans troubles mentaux en moins, tandis que les hommes en avaient environ 5,8 années de moins.

Selon Qi, « tout cela s’explique par les différences entre les hommes et les femmes. Nos recherches ont montré que les hommes sont plus sensibles à la solitude. Nous savons également que les femmes ont tendance à vivre plus longtemps que les hommes. Il existe des avantages liés au sexe face à certaines maladies. »

D’après les chercheurs, une alimentation saine, une activité physique régulière, un sommeil de qualité ainsi que l’absence de tabagisme auraient permis de réduire la perte d’espérance de vie sans maladie liée à l’isolement social. Ces effets n’ont cependant pas été observés pour la solitude, malgré les habitudes de vie plus saines.

« Ces résultats ne m’ont pas surpris. Des études antérieures ont montré que l’isolement social et la solitude sont liés à la mortalité, en particulier à la mortalité prématurée, et cette étude apporte des preuves supplémentaires », a déclaré Qi. Ces résultats pourraient contribuer à mieux orienter les stratégies de prévention en matière de santé publique, en sensibilisant davantage aux interactions sociales, en particulier chez les personnes âgées.

Source : Nature Communications

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