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Espace & Astrophysique 4 min de lecture

Un étage de fusée SpaceX s’est écrasé sur la Lune : ce que l’on sait de l’impact

Valisoa Rasolofo 8 août 2026
fusee-spaceX-ecrasee-lune-couv | Unsplash

Le deuxième étage d’une fusée Falcon 9 de SpaceX s’est écrasé à la surface de la Lune le mercredi 5 août, en soulevant un important panache de poussière visible depuis les télescopes terrestres jusqu’à dix minutes après l’impact. Alors que le premier étage de la fusée est revenu sur Terre et a été récupéré, le second est resté temporairement en orbite autour de la Terre avant que les perturbations gravitationnelles et, potentiellement, la pression de radiation solaire ne modifient progressivement sa trajectoire jusqu’à la propulser vers la Lune.

La fusée Falcon 9 de SpaceX a été lancée le 15 janvier 2025 pour transporter deux atterrisseurs lunaires robotisés, Blue Ghost de Firefly Aerospace et Resilience d’ispace, dans le cadre de deux missions distinctes. Blue Ghost a atterri avec succès sur la Lune le 2 mars de la même année, mais la tentative d’atterrissage de Resilience s’est soldée par un échec.

Le premier étage du Falcon 9, destiné à être réutilisé, a été rapatrié sur Terre et récupéré avec succès. Les seconds étages des Falcon 9 sont, eux, à usage unique et sont généralement désorbités avant de brûler lors de leur rentrée atmosphérique.

Dans le cas de cette mission, le second étage, d’une masse d’environ quatre tonnes, est toutefois resté sur une trajectoire autour de la Terre avant que les perturbations gravitationnelles et la pression de radiation solaire ne modifient progressivement son orbite et ne l’amènent finalement vers la Lune.

L’étage de la fusée s’est finalement écrasé sur la Lune dans un nuage de poussière. Si la Lune subit régulièrement des impacts de débris spatiaux naturels, les météoroïdes, les collisions artificielles sont beaucoup plus rares. Les astronomes estiment que cette collision pourrait fournir des informations utiles pour de futures expériences sismiques sur place, ainsi que pour l’évaluation des risques liés aux impacts de débris spatiaux pour les futures missions habitées.

Un impact difficile à capturer

L’impact de l’étage de la fusée Falcon 9 s’est produit près de la limite entre la face éclairée et la face cachée de la Lune, le mercredi 5 août vers 6 h 35 GMT (8 h 35, heure de France), à une vitesse de 8 690 km/h. Comme tous les objets entrant en collision avec la Lune, l’étage de la fusée a temporairement soulevé un épais nuage de poussière. Cependant, bien que plusieurs satellites orbitent autour de la Lune, aucun n’était à ce moment-là au bon endroit pour assister à l’impact.

D’après Sara Webb, une astrophysicienne de l’université Swinburne interrogée par le Guardian, un vaste panache de poussière était attendu mais « ce à quoi nous ne nous attendions pas, c’est à quel point il serait difficile d’observer cet impact. Nous avions plusieurs télescopes et des observateurs scrutant la Lune, et personne n’a réussi à obtenir d’images claires ou de clichés de l’impact lui-même. » Selon elle, compte tenu de l’énergie de l’impact, celui-ci aurait probablement formé un cratère d’environ 20 mètres de diamètre et cinq mètres de profondeur.

Le Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO) a pu observer le panache d’impact et analyser sa signature spectrale. D’après l’observatoire, le panache mesurait quelques dizaines de kilomètres de diamètre et était visible pendant cinq à dix minutes.

Les analyses spectrales ont fourni des indices sur la composition du panache, notamment du sodium gazeux provenant du sol lunaire et des traces de lithium qui pourraient provenir de l’étage de la fusée lui-même. L’analyse reste toutefois sommaire, ont précisé les responsables, et d’autres résultats pourront être mis au jour ultérieurement, ont-ils indiqué.

L’orbiteur sud-coréen Korea Pathfinder Lunar Orbiter, également connu sous le nom de Danuri, a obtenu des images post-impact montrant le cratère. L’engin a débuté ses observations environ 30 minutes avant la collision et, grâce au contrôle de son orbite, survolé le site d’impact à plusieurs reprises, réalisant au total huit sessions d’imagerie, ont indiqué les responsables de l’Institut coréen de recherche aérospatiale (KARI) via la plateforme X.

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Images du site de collision avant et après l’impact. © KARI

« Les données d’observation recueillies par Danuri seront liées aux observations de suivi de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA et utilisées dans le cadre de recherches collaboratives internationales », concluent les responsables dans un message publié sur X.

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