Une comète, C/2024 E1 ou Wierzchoś, découverte récemment atteindra aujourd’hui son point le plus proche de la Terre et pourra être observée au cours des prochains jours avant de se diriger définitivement hors du Système solaire. Faisant à peu près la taille d’une ville, cette comète verte se déplace sur une orbite hyperbolique, à l’instar de la comète 3I/ATLAS, et sera éjectée vers l’espace interstellaire.
Découverte en mars 2024 par l’astronome polonais Kacper Wierzchoś, la comète éponyme a été étudiée pour la première fois à l’aide d’un télescope de 1,5 mètre installé à l’observatoire du Mont Lemmon, en Arizona. Elle a par la suite été analysée de manière plus approfondie avec le télescope spatial James Webb (JWST).
D’après les données préliminaires du JWST, elle mesure environ 13,7 kilomètres de diamètre, soit environ l’équivalent des deux tiers de la longueur de Manhattan. Les images transmises par le télescope et celles d’astrophotographes montrent une longue coma verte, indiquant probablement la présence de carbone diatomique (C₂).
D’après les estimations de sa trajectoire, elle provient probablement du nuage d’Oort, le vaste réservoir de comètes situé à la limite du Système solaire. Elle possède une trajectoire hyperbolique et n’effectuera pas de révolution complète autour du Soleil : après ce passage unique, elle ne reviendra pas. Les experts estiment qu’il s’agit de sa première, et probablement de sa dernière, incursion dans le Système solaire interne.
Elle se serait lentement rapprochée du Soleil depuis 1 à 3 millions d’années, mais les experts s’accordent à dire que l’accélération gravitationnelle provoquée par son approche de notre étoile l’éjectera définitivement hors du Système solaire. Il faudra probablement plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, pour qu’elle dépasse les confins du Système solaire avant d’errer pendant des millions d’années dans l’espace interstellaire et peut-être à proximité d’autres systèmes planétaires.
Selon Spaceweather.com, « cette comète hyperbolique du nuage d’Oort suit une trajectoire extrême et unidirectionnelle. Sa période orbitale d’approche s’étend sur des millions d’années, et après ce passage, elle sera probablement éjectée du Système solaire, ce qui représente peut-être votre dernière chance de l’observer. »
La comète a notamment atteint son périhélie (son point le plus proche du Soleil) le 20 janvier, atteignant une distance minimale d’environ 84 millions de kilomètres, selon Space.com. Elle atteint aujourd’hui son point le plus proche de la Terre avec une distance de 151 millions de kilomètres, soit à peu près la distance moyenne Terre–Soleil (1 UA).
Les meilleurs moments pour l’observer
Lors de son périhélie, Wierzchoś est devenue suffisamment brillante pour être observée avec un télescope amateur, mais ne sera pas suffisamment lumineuse pour être visible à l’œil nu. « Après son passage près du Soleil en janvier, la comète a atteint une magnitude de +7. Elle est donc facilement observable avec un télescope amateur », indiquent les experts de Spaceweather.com. Elle pourrait néanmoins être observée avec des jumelles astronomiques.
Elle sera plus facile à observer depuis l’hémisphère sud où elle passera, à partir de ce soir, tout près des étoiles HIP 6502 et 6771, dans la constellation du Sculpteur, au-dessus de l’horizon sud-ouest, d’après EarthSky. Pour les observateurs de l’hémisphère nord, le meilleur moment pour l’observer sera le 23 février, où elle sera suffisamment haute dans le ciel pour être repérable après le coucher du Soleil au-dessus de l’horizon sud-ouest, dans la constellation de la Baleine.
D’autres comètes passeront également près de la Terre au cours des prochains mois. C/2026 A1 (MAPS) pourrait potentiellement devenir suffisamment brillante pour être visible à l’œil nu pendant la journée du début du mois d’avril, à condition bien sûr qu’elle survive à son passage extrêmement rapproché du Soleil. Une autre, C/2025 R3 (ou PanSTARRS), pourrait également devenir visible sans instrument vers la fin du mois d’avril.


