L’étendue de la banquise en Antarctique a peut-être rebondi cette année, se rapprochant notamment de la moyenne estivale des 50 dernières années, selon de récentes observations. Après plusieurs années de diminution record, la banquise s’est légèrement rétablie probablement en raison de forts vents du sud en début d’année. Ces données sont toutefois encore préliminaires et la fonte continue de la glace ainsi que les vents côtiers pourraient encore réduire cette étendue.
La fonte de la banquise autour des pôles n’augmente pas le niveau des mers mais peut avoir des impacts majeurs sur l’équilibre climatique de la planète. Leur couleur contribue notamment à la réflexion de la lumière solaire dans l’espace, limitant ainsi la quantité absorbée par la surface terrestre et la chaleur qui en résulte. Si la banquise diminue, la surface des mers, plus sombre, absorbe et accumule cette énergie thermique au lieu de la réfléchir vers l’espace.
La banquise peut également limiter l’action directe des vagues sur les fronts de glace de certaines calottes ou plateformes glaciaires. La perte de ces calottes, elle, peut augmenter les niveaux de la mer à l’échelle mondiale. Les données climatiques historiques ont montré que l’étendue de la glace de mer tend à diminuer en cas de réchauffement climatique.
Lestempératures record au cours des quatre dernières années ont fait que la banquise Antarctique a atteint des niveaux extrêmement bas. L’année dernière, la banquise d’hiver Antarctique a atteint son troisième niveau le plus bas en 47 ans, avec une surface maximale de 17,81 millions de kilomètres carrés à la mi-septembre.
Cependant, l’étendue minimale de la banquise antarctique semble cette année avoir légèrement augmenté au cours de l’été austral, selon les derniers relevés du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) de l’Université du Colorado à Boulder.
Un niveau plus proche de la moyenne estivale
La banquise antarctique atteint chaque année un niveau minimal au cours de l’été austral, entre novembre et mars. L’étendue de banquise minimale est mesurée au cours de cette période. D’après les relevés du NSIDC, la banquise antarctique a atteint son niveau minimal le 26 février 2026, avec une surface totale de 2,58 millions de kilomètres carrés. Ce niveau classe l’année 2026 au seizième rang des plus faibles niveaux enregistrés en 48 ans de relevés satellitaires.

Cette étendue est cependant nettement plus proche de la moyenne estivale des 50 dernières années que celles observées au cours des quatre dernières années, en étant notamment supérieure de 730 000 kilomètres carrés par rapport au record de plus faible étendue établi le 21 février 2023. L’an dernier, l’étendue minimale de la banquise antarctique était de 1,99 million de kilomètres carrés le 1er mars, tandis qu’elle était de 1,85 million de kilomètres carrés en 2023.
« Pendant la majeure partie de l’année, la banquise antarctique est restée bien en deçà de la moyenne quotidienne », explique dans un communiqué, Ted Scambos, chercheur principal à l’Institut coopératif de recherche en sciences de l’environnement (CIRES) et contributeur aux projets Sea Ice Today et Ice Sheets Today du NSIDC. « Puis, en janvier et février, de forts vents du sud ont repoussé la banquise vers l’extérieur dans la mer de Weddell. Ce phénomène a ralenti le déclin global de son étendue, aboutissant à un minimum proche de la moyenne. »
Ce niveau reste toutefois inférieur de 260 000 kilomètres carrés par rapport à la moyenne de la période 1981-2010. D’autre part, selon Walt Meier, scientifique du Centre d’archivage actif distribué (DAAC) du NSIDC : « le retour cette année à des conditions moins extrêmes n’est pas inattendu compte tenu de la grande variation d’une année à l’autre de la banquise antarctique observée dans les données satellitaires. »
Les chercheurs précisent toutefois que ces chiffres pourraient encore évoluer car la fonte de glace et les vents forts provenant des côtes pourraient encore réduire l’étendue de la banquise.


