Coupes budgétaires de Trump rejetées : le Congrès redonne de l’oxygène à la NASA

La nouvelle proposition budgétaire du Congrès alloue un fonds de 24,4 milliards de dollars pour 2026.

nasa-congres-coupe-budgetaire-couv
| NASA
⇧ [VIDÉO]   Vous pourriez aussi aimer ce contenu partenaire

Alors que la NASA s’inquiétait des coupes budgétaires drastiques proposées par l’administration Trump dans son projet de budget fédéral pour 2026, le Congrès ne l’a pas approuvé. Au contraire, les législateurs proposent d’accorder un fonds conséquent de 24,4 milliards de dollars, priorisant les programmes scientifiques de l’agence. Les décisions finales pourraient être arrêtées d’ici la semaine prochaine.

Depuis sa rentrée au pouvoir, Donald Trump a initié de nombreuses décisions qui ont bouleversé la structure socio-économique des États-Unis, en particulier dans le domaine de la science. Dans sa proposition de budget fédéral pour l’année 2026, publiée en juin 2025, l’administration présidentielle n’a par exemple accordé que 18,8 milliards de dollars à la NASA, soit une baisse de 24 % par rapport à l’année précédente.

Les coupes budgétaires proposées sont particulièrement importantes pour le programme scientifique de l’agence, qui n’aurait reçu que 3,9 milliards de dollars. Le projet prévoyait également la suspension de dizaines de missions spatiales en cours, et la Maison Blanche a déjà exhorté les responsables à préparer des plans de mise hors service de leurs engins spatiaux.

Ces décisions, qui n’ont bien sûr pas manqué de susciter indignation et controverse, ont rencontré des résistances sur plusieurs fronts. Les chercheurs et les responsables s’inquiétaient non seulement de la suppression massive d’emplois que ces coupes pourraient entraîner, mais également d’un ralentissement significatif des avancées scientifiques. De récents rapports ont d’ailleurs suggéré que les États-Unis pourraient être supplantés par d’autres puissances mondiales, comme la Chine, si ces réductions budgétaires venaient à affecter durablement les missions spatiales.

Les projets de l’administration Trump ne sont pour l’instant qu’une proposition, qui doit encore être approuvée par le Congrès américain pour entrer en vigueur. Si le Congrès s’est montré conciliant sur plusieurs dossiers, ce n’est apparemment pas le cas en matière de dépenses fédérales.

Lundi dernier (5 janvier), les législateurs ont ainsi publié une nouvelle proposition budgétaire allant à l’encontre de celle de la Maison Blanche et accordant à la NASA un budget de 24,4 milliards de dollars pour l’exercice 2026. Une grande partie de cette enveloppe serait destinée aux programmes scientifiques de l’agence.

« Le projet de loi rejette la proposition désastreuse de l’administration visant à réduire de 47 % le budget scientifique de la NASA et à mettre fin à 55 missions en cours et planifiées. Il prévoit en revanche un financement de 7,25 milliards de dollars [soit une réduction de seulement 1 % par rapport au budget précédent] », indique un résumé du projet de loi du Sénat.

Des missions emblématiques préservées

La nouvelle proposition budgétaire du Congrès inclut 500 millions de dollars pour la mission Dragonfly vers Titan, la plus grande lune de Saturne. Dragonfly, dont le lancement est prévu en 2028, a pour objectif de détecter des marqueurs chimiques prébiotiques sur Titan. Cette lune est la seule connue dans le système solaire à abriter des liquides stables à sa surface, et la mission reposera sur un aéronef à rotors pour l’explorer.

Le projet de loi prévoit également un fonds de 300 millions de dollars pour la finalisation des travaux sur le télescope spatial Nancy Grace Roman, qui pourrait être mis en service dès cet automne. Cet instrument est destiné à l’étude de l’énergie noire et de la formation des galaxies.

Alors que l’avenir de la recherche spatiale américaine semble s’annoncer sombre, « franchement, c’est mieux que ce à quoi je m’attendais », a déclaré à Ars Technica, Casey Dreier, responsable de la politique spatiale à la Planetary Society, opposée aux coupes budgétaires. « Il y a très peu de choses à redire », a-t-elle ajouté.

Des arbitrages encore lourds de conséquences

La nouvelle proposition budgétaire n’épargne toutefois pas certains projets d’envergure, comme la mission de rapatriement des échantillons martiens, un programme qui a déjà subi de multiples retards et dépassements de coûts. « Comme prévu dans le budget, l’accord ne soutient pas le programme actuel de retour d’échantillons martiens (MSR) », précise le document budgétaire.

« Toutefois, les capacités technologiques développées dans le cadre du programme MSR sont essentielles non seulement au succès des futures missions scientifiques, mais aussi à l’exploration humaine de la Lune et de Mars », ajoutent les responsables. Le texte prévoit également 110 millions de dollars pour un programme baptisé « Missions futures sur Mars », destiné à soutenir « les systèmes de radar, de spectroscopie, d’entrée, de descente et d’atterrissage ».

Ce nouveau budget ne suffira pas non plus à annuler les importantes réductions d’effectifs opérées à la NASA par le biais d’un programme de départs volontaires en 2025. Le projet n’est cependant pas encore définitif : la Chambre des représentants et le Sénat doivent encore se prononcer séparément sur son adoption. Les votes définitifs devraient intervenir au cours des prochains jours, avant une éventuelle promulgation par le président des États-Unis.

Laisser un commentaire
definition galaxie grande structure Une galaxie est une grande structure cosmique composée d'un assemblage d'étoiles, de gaz et de poussières. Il en existe plusieurs types, classés selon leur masse et leur morphologie, formées à différentes... [...]

Lire la suite