COVID long : le « brouillard cérébral » peut persister plus longtemps que prévu et même empirer

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Plus d’un an après le début de la pandémie de COVID-19, chercheurs et médecins continuent d’étudier la maladie et d’en comprendre la dynamique. Notamment dans le cas des formes de COVID long, dans lesquelles des symptômes persistent plusieurs mois après l’infection. Récemment, des chercheurs ont montré qu’un des symptômes neurologiques principaux du COVID long, le « brouillard cérébral », peut non seulement persister plus longtemps que prévu, mais également empirer.

Alors que les chercheurs s’efforcent d’en savoir plus sur la COVID-19 et les symptômes de COVID long, une nouvelle étude suggère que le « brouillard cérébral » peut persister et même s’aggraver pour ceux qui ont été infectés des mois auparavant. Les personnes souffrant de la « forme longue » de la maladie continuent de présenter des symptômes longtemps après leur diagnostic, et ces symptômes peuvent être aussi bien mentaux que physiques.

« Les gens ont du mal à résoudre des problèmes, ou ils montent dans la voiture et oublient où ils sont censés aller », déclare Leonard Jason, psychologue à l’Université DePaul de Chicago. Les chercheurs ont comparé les plaintes des patients COVID long avec ceux atteints d’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique, ou EM/SFC.

L’aggravation des symptômes neurologiques

Les patients atteints d’EM/SFC présentent des symptômes à long terme éventuellement déclenchés par le virus d’Epstein-Barr ou pour d’autres raisons inconnues. L’équipe a défini un patient COVID long comme une personne présentant des symptômes graves et prolongés trois mois après avoir contracté le virus. L’étude inclut 278 patients COVID long qui ont été interrogés sur leurs symptômes à deux moments, à six mois d’intervalle.

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Tableau indiquant les symptômes, et leur ampleur, dans différents cas. Les colonnes concernant le COVID long et l’EM/SFC sont indiquées, de même que pour la ligne concernant le brouillard cérébral. © Solve ME

Les chercheurs ont également interrogé plus de 500 patients atteints d’EM/SFC au sujet de leurs symptômes, qui se chevauchent considérablement avec ceux de la COVID-19. Au bout de six mois, les patients COVID long ont signalé des symptômes neurocognitifs pires qu’au début de leur maladie. Cela comprend des difficultés à former les mots et à se concentrer. Pourtant, ces symptômes ont été classés moins graves que ceux associés à l’EM/SFC.

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Un cadre pathologique encore mal compris

La plupart des autres symptômes à long terme, notamment les problèmes de sommeil, les problèmes immunitaires, la douleur et les problèmes gastro-intestinaux, semblaient s’améliorer avec le temps. Pour les deux groupes, le symptôme le plus grave était un malaise après l’effort, qui comprend une sensation de fatigue physique et mentale ou de lourdeur.

Les deux groupes de patients sont confrontés à des défis similaires, car les membres de leur famille et les soignants peuvent ne pas comprendre l’évolution des symptômes, selon les chercheurs. « Nous ne savons pas combien de patients COVID long resteront sur ce type de trajectoire », explique Jason, directeur du Centre de recherche communautaire de DePaul. Lui et d’autres chercheurs estiment qu’environ 10-20% des personnes atteintes de COVID-19 développent un COVID long. Une revue de la littérature passée suggère que les pandémies précédentes, y compris la grippe espagnole de 1918, ont également entraîné une fatigue à long terme pour de nombreux patients.

Sources : Fatigue: Biomedicine, Health & Behavior

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