CBD : quelle méthode de consommation pour quel symptôme ?

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Le cannabidiol (CBD) est devenu un incontournable des médecines alternatives pour traiter différents maux, allant des troubles du sommeil et de l’humeur aux douleurs articulaires. Il est disponible sous une large variété de formes offrant chacune des avantages selon les conditions traitées. Afin d’en bénéficier pleinement et d’éviter les éventuels effets secondaires, il est essentiel de s’informer des formes pharmaceutiques adaptées à chaque symptôme ou groupe de symptômes.

Le CBD figure, avec le tétrahydrocannabinol (THC), parmi les principales substances actives du cannabis (ou chanvre), une plante originaire des régions équatoriales, largement utilisée dans la médecine traditionnelle pour le traitement de divers troubles, tels que l’anxiété ou l’inflammation. Le composé peut être extrait de l’ensemble de la plante, bien que les feuilles et les fleurs demeurent les parties les plus prisées.

Au cours de la dernière décennie, le CBD suscite un intérêt croissant dans la communauté scientifique en raison de ses effets thérapeutiques potentiels sur un large éventail d’affections. Il agirait via une série de réactions faisant intervenir le système endocannabinoïde. L’activation de ce dernier stimule les récepteurs cannabinoïdes CB1 (présents dans le cerveau) et CB2 (dans le système immunitaire), induisant à leur tour la production de neurotransmetteurs tels que la sérotonine et la dopamine.

Fort de cette popularité, le CBD se décline désormais sous de nombreuses formes destinées à divers usages. Il peut être proposé soit sous forme de plante brute — des plateformes proposant par exemple des fleurs CBD de qualité — soit transformé. Les produits transformés sont généralement à base d’extraits, contenant principalement du CBD, avec parfois des traces d’autres composés comme le THC.

Cependant, face à cette diversité de formats, comment s’y retrouver ? Quelles formes de CBD utiliser pour quels symptômes ? Cet article propose d’examiner les atouts de quelques-unes des formes les plus courantes.

Une alternative plus douce aux anxiolytiques conventionnels

L’action du CBD sur le système endocannabinoïde en fait un composé d’intérêt pour la gestion du stress et de l’anxiété. Son interaction avec le système sérotoninergique contribuerait également à ses effets apaisants, favorables au sommeil. Certaines études suggèrent que le composé est efficace et bien toléré dans la prise en charge de l’anxiété sociale, par exemple lors de prises de parole en public. Il a également été avancé qu’il pourrait soulager les symptômes du trouble de stress post-traumatique (TSPT) dans plus de 90 % des cas, ainsi que ceux liés à la dépression sévère.

Les gélules ou l’huile de CBD sont généralement recommandées pour soulager le stress et les troubles anxieux. Les gélules, disponibles en dosages de 10 à 50 milligrammes, sont souvent enrichies en substances relaxantes, telles que des acides aminés, des minéraux ou des vitamines. L’huile, quant à elle, permet une absorption rapide du composé en déposant 1 à 3 gouttes sous la langue. Ces deux formats peuvent constituer une alternative plus douce aux anxiolytiques conventionnels.

Certains phytothérapeutes recommandent également les e-liquides à base de CBD pour cigarette électronique, dont l’effet contre l’anxiété peut être plus immédiat. Cette forme peut également s’inscrire dans une démarche de sevrage tabagique ou cannabique. En agissant sur les récepteurs sérotoninergiques, le CBD permettrait d’atténuer les symptômes liés à ce sevrage.

L’huile de CBD est aussi utilisée pour les troubles du sommeil, de même que les tisanes préparées à partir de feuilles ou de fleurs de CBD. Pour en maximiser l’efficacité, il est recommandé d’y ajouter un corps gras, comme du lait, du miel ou de l’huile végétale.

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L’huile de CBD permet une absorption rapide du composé en déposant 1 à 3 gouttes sous la langue. © Pixabay

Une option contre les douleurs et l’inflammation

Au-delà de la régulation de l’humeur, l’interaction du CBD avec le système endocannabinoïde permettrait également de moduler la réponse immunitaire et la perception de la douleur. Ce mécanisme pourrait contribuer au soulagement de l’inflammation. Des études ont montré que le CBD pourrait réduire douleurs et inflammations associées à certaines pathologies chroniques telles que l’arthrite, la sclérose en plaques ou la fibromyalgie. Il constituerait également une piste thérapeutique dans le traitement de la douleur chronique chez l’adulte.

Son exploration a notamment été motivée par la crise des opioïdes aux États-Unis et en Europe, qui a causé des milliers de décès par surdosage. Le cannabis médical est dès lors étudié comme une alternative possible, moins addictive. Le CBD, en particulier, est exploré pour son potentiel non addictif et ses effets secondaires plus modérés que ceux du THC.

Pour les douleurs articulaires, des crèmes ou pommades à base de CBD peuvent être appliquées directement sur la zone concernée. Ces formulations associent souvent le CBD à d’autres extraits végétaux (comme l’arnica) ou à des acides aminés, renforçant ainsi leur effet antidouleur. Le CBD est aussi présent dans certaines huiles de massage utilisées par les sportifs.

Néanmoins, en cas de douleur intense, les effets des crèmes peuvent s’avérer limités. Les formes orales, telles que les huiles, les gommes à mâcher ou les fleurs de CBD, peuvent alors représenter une option plus efficace.

D’éventuels effets secondaires et interactions médicamenteuses

Le CBD est également exploré en cosmétique pour ses propriétés antioxydantes, permettant de protéger la peau du vieillissement et de la pollution. Ses vertus anti-inflammatoires en font un allié apprécié des peaux sensibles. Un traitement pharmacologique à base de CBD — l’Epidiolex — a également été approuvé par la FDA et l’Agence européenne des médicaments pour le traitement de formes sévères d’épilepsie chez l’enfant. D’autres domaines, notamment les maladies neurodégénératives comme Alzheimer, font l’objet de recherches.

Il convient toutefois de rappeler que la majorité des données disponibles ne reposent pas sur des essais cliniques rigoureux, mais sur des observations suggérant que le CBD pourrait agir sur de multiples cibles dans l’organisme. En conséquence, ses effets secondaires demeurent encore partiellement documentés. Parmi ceux rapportés figurent la somnolence, la fatigue soudaine, des troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhées, vomissements), une modification de l’appétit ou encore des sensations de vertige.

De plus, en tant que substance active, le CBD peut interagir avec d’autres médicaments. Il est par exemple déconseillé d’en consommer en parallèle d’un traitement antiépileptique, au risque de renforcer les effets sédatifs. Il est également déconseillé de l’associer à l’évérolimus, un immunosupresseur employé en cancérologie, car le CBD en augmente la biodisponibilité dans le sang, exposant ainsi à un risque de surdosage.

En somme, comme pour tout produit ayant un impact sur la santé, il est impératif de consulter un professionnel de santé avant toute consommation, d’autant plus s’agissant d’un composé dont les validations cliniques ne font qu’émerger.

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