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Maladies se transmettant des animaux vertébrés à l’Homme, et vice-versa, les zoonoses sont étudiées par les biologistes depuis des siècles. Au cours des dernières décennies, leur nombre a toutefois augmenté ; la déforestation, la destruction d’écosystèmes et les perturbations des chaînes alimentaires n’étant que quelques-uns des facteurs impliqués dans cette recrudescence. Les chauves-souris sont notamment souvent pointées du doigt comme origine de nombreuses zoonoses. Pour quelles raisons ces animaux sont-ils si souvent impliqués dans l’émergence de telles maladies ?

De nombreux virus passent des animaux aux humains, un phénomène connu sous le nom de « débordement zoonotique ». Bien que les chercheurs ne sachent toujours pas avec certitude quel animal était à l’origine de la pandémie actuelle de coronavirus, l’attention se porte particulièrement sur les chauves-souris.

La transmission de virus des chauves-souris aux humains ne se résume pas à une morsure de chauve-souris. C’est souvent un scénario beaucoup plus complexe qui peut impliquer un hôte intermédiaire. De nombreux autres animaux sont également connus pour être des réservoirs de maladies humaines. Les rongeurs sont porteurs de la peste, les porcs transmettent la grippe et les oiseaux transportent le virus du Nil occidental. Alors, pourquoi les chauves-souris sont-elles si souvent accusées de transmettre des maladies ?

Vol, vie en colonie et habitats multiples : des conditions favorables à la transmission de maladies

L’une des raisons pour lesquelles les chauves-souris sont accusées de transmettre des maladies n’a rien à voir avec la science. Les chauves-souris sont associées aux vampires et aux histoires d’horreur, ce qui provoque la peur et l’incompréhension envers ces créatures volantes selon Livia O. Loureiro, zoogénéticienne à l’université de Toronto.

Les autres raisons sont fondées sur des preuves. Les chauves-souris sont le deuxième ordre de mammifères le plus riche en espèces. Il existe plus de 1400 espèces réparties dans le monde, sauf en Antarctique. Elles vivent dans des zones urbaines et naturelles, et ont toutes le potentiel de porter des virus. Les chauves-souris sont également des mammifères, et cette relation avec les humains les rend plus susceptibles d’être des hôtes de zoonoses que les oiseaux et les reptiles, par exemple.

Certaines espèces de chauves-souris préfèrent vivre en colonies, proches les unes des autres, créant un cadre idéal pour que les agents pathogènes se propagent entre elles — et à d’autres espèces qui pourraient également partager cet espace. Les chauves-souris sont également les seuls mammifères capables de voler véritablement, ce qui leur permet de propager plus facilement des maladies à travers leur guano (excréments de chauve-souris).

Une résistance aux virus supérieure à celle des autres mammifères

Mais ce qui est particulièrement intéressant, c’est leur tolérance aux virus, qui dépasse celle des autres mammifères. Lorsque les chauves-souris volent, elles libèrent une grande quantité d’énergie, ce qui augmente leur température corporelle entre 38 et 41 °C. Les agents pathogènes qui ont évolué chez les chauves-souris sont capables de résister à ces températures élevées. Cela pose un problème pour les humains, car notre système immunitaire a évolué pour utiliser des températures élevées — sous forme de fièvre — comme moyen de neutraliser les agents pathogènes.

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Les chauves-souris pourraient de ce fait aider à fournir la solution pour le COVID-19 et d’autres virus. Les chauves-souris ne tombent pas malades lorsqu’elles sont infectées par de nombreux virus qui pourraient tuer les humains, et la recherche sur la façon dont les chauves-souris y parviennent pourrait être la clé pour nous aider à combattre cette épidémie, et les épidémies futures.

Dans certains endroits, cette mauvaise réputation croissante a conduit à la mise à mort intentionnelle et inutile de chauves-souris au nom de la protection de la santé publique. Mais cela pourrait avoir des conséquences négatives : déranger les chauves-souris en hibernation provoque une excitation et un stress anormaux, ce qui pourrait entraîner la propagation de nouvelles maladies.

Selon Loureiro, même s’il était prouvé que les chauves-souris sont à l’origine de ce virus, elles ne sont pas à blâmer pour la transmission du SARS-CoV-2 — les humains le sont. Nous détruisons les habitats naturels à une vitesse frénétique ; nous tuons des espèces menacées, changeant des chaînes alimentaires entières ; nous polluons l’air, l’eau et le sol. Autant de conséquences facilitant le transfert interespèces de maladies.

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