2020, l’année la plus chaude jamais enregistrée selon la NASA

records températures mondiales 2020
| NASA Goddard/YouTube

Le record précédent était détenu par l’année 2016. L’an 2020 l’a légèrement dépassé (d’un dixième de degré), avec une température moyenne mondiale de 1,02 °C au-dessus de la moyenne de référence (comprise en 1951 et 1980). Notre planète poursuit donc son réchauffement, subissant de plein fouet l’impact des activités humaines génératrices d’émissions de gaz à effet de serre.

Les scientifiques du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA sont inquiets. « Les sept dernières années ont été les sept années les plus chaudes jamais enregistrées, caractérisant la tendance actuelle et dramatique au réchauffement », a déclaré le directeur du GISS, Gavin Schmidt, ajoutant qu’il fallait s’attendre à ce que de nouveaux records de température soient atteints à l’avenir, tant que l’impact humain sur le climat ne diminue pas.

La hausse des températures entraîne malheureusement des phénomènes dramatiques pour la planète, tels que la fonte des glaces de la calotte polaire, provoquant l’élévation du niveau de la mer, et d’intenses vagues de chaleur. Des conséquences qui menacent non seulement la qualité de vie des populations humaines, mais aussi la survie des espèces animales et végétales.

Des variations notables de la quantité de lumière solaire

À noter que selon les méthodes de calcul utilisées par les différents organismes de surveillance climatique, les conclusions diffèrent. Ainsi, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis a estimé que 2020 était légèrement plus froide que 2016, tout comme le Met Office britannique, qui a également placé 2020 en deuxième place de ce triste classement. Pour le programme d’observation du climat de l’Union européenne, les deux années sont considérées comme ex æquo.

Les mesures de températures de la NASA, d’un niveau de confiance estimé à 95%, proviennent de plus de 26’000 stations météorologiques et des milliers de mesures de la température de la surface de la mer à partir de navires et de bouées. Mais comme le souligne Gavin Schmidt, « qu’une année soit un record ou non, ce n’est pas vraiment important — les choses importantes sont les tendances à long terme ».

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Ce graphique montre les anomalies de température annuelles de 1880 à 2019, par rapport à la moyenne de 1951-1980, enregistrées par la NASA, la NOAA, le groupe de recherche Berkeley Earth et le Met Office Hadley Center (Royaume-Uni). Bien qu’il y ait des variations mineures d’une année à l’autre, les 4 enregistrements montrent des pics et des minimas synchronisés les uns avec les autres. Tous montrent un réchauffement rapide au cours des dernières décennies, la dernière décennie ayant été la plus chaude. © NASA GISS/Gavin Schmidt

En effet, comprendre ces tendances climatiques à long terme est essentiel pour garantir la sécurité et la qualité de la vie humaine. La température moyenne de la Terre a augmenté de plus de 1,2 °C depuis la fin du 19e siècle. Si cette augmentation se poursuit, les humains devront s’adapter à un environnement différent et apprendre à faire face à des événements météorologiques extrêmes ; il sera notamment nécessaire de repenser complètement les cultures agricoles et la gestion des ressources en eau.

Pour l’année 2020, deux événements ont particulièrement influé sur la quantité de lumière solaire parvenant jusqu’à la surface de la Terre. Les gigantesques incendies qui ont ravagé l’Australie dès le mois de juin 2019 et qui ont perduré au cours du premier trimestre de l’année 2020 constituent l’un d’entre eux : plus de 12 millions d’hectares de forêt sont partis en fumée (impactant au passage près de 3 milliards d’animaux selon le WWF), faisant de l’événement l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire moderne.

Début janvier, la NASA estimait à 306 millions de tonnes la quantité de CO2 émise. De la fumée et d’autres particules se sont envolées à plus de 28 kilomètres d’altitude, agissant comme un écran bloquant les rayons du Soleil. L’atmosphère s’est donc légèrement refroidie ; mais le phénomène est dérisoire face à la quantité de gaz à effet de serre envoyée dans l’atmosphère.

Le second événement est lié à la pandémie mondiale. Les confinements généralisés au printemps, qui ont stoppé net la majeure partie des activités humaines, ont largement diminué la pollution atmosphérique dans de nombreuses régions du monde. Par conséquent, davantage de lumière solaire a pu atteindre la surface de la planète, produisant un effet de réchauffement — certes faible, mais significatif. Ainsi, malgré la baisse momentanée des émissions de gaz à effet de serre, les concentrations globales de CO2 ont, elles, continué d’augmenter et en fin de compte, l’impact positif du « verrouillage mondial » observé sur le réchauffement est minime.

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Un aperçu effrayant de l’avenir

La variabilité annuelle des températures mondiales est généralement due à l’Oscillation australe El Niño (ENSO), un cycle naturel d’échange de chaleur entre l’océan et l’atmosphère. L’année 2020 s’est terminée par une phase négative (froide) d’ENSO — nommée El Niño ; malgré ce phénomène, on a enregistré l’année dernière une chaleur record. Selon les experts, l’influence de ce refroidissement sera sans doute plus importante en 2021 qu’en 2020 ; mais ils craignent que cela ne change guère la donne. En effet, lors de la précédente année record, en 2016, le courant El Niño avait fourni une impulsion significative au réchauffement. Or, le fait que le phénomène ne se soit pas produit cette année alors que l’on a atteint des records de température similaires prouve que le climat continue à se réchauffer à cause des effets de serre, explique Gavin Schmidt.

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Les experts rappellent par ailleurs que toutes les régions de la planète ne connaissent pas des niveaux de réchauffement similaires ; ainsi, à long terme, certaines parties du globe se réchauffent plus rapidement que d’autres. Selon les analyses du GISS, l’Arctique s’est ainsi réchauffé plus de trois fois plus vite que le reste de la planète au cours des 30 dernières années. Et pour cause : la fonte des glaces rend la région moins réfléchissante, ce qui augmente encore les températures, car les océans absorbent davantage de rayons solaires. Ce phénomène, appelé « amplification de l’Arctique », alimente en permanence la fonte de la calotte glaciaire et du pergélisol.

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Selon la NOAA, en 2020, l’étendue annuelle moyenne de glace de mer dans l’Arctique était de 3,93 m², soit la plus petite surface jamais enregistrée (si ce n’est en 2016), tandis que les océans étaient « exceptionnellement chauds ». Parallèlement, la couverture de neige annuelle moyenne pour l’hémisphère nord était la quatrième plus faible jamais enregistrée ! Le réchauffement contribue également à alimenter des tempêtes et des ouragans toujours plus destructeurs : l’année dernière, les États-Unis ont ainsi dû faire face à une saison des ouragans sans précédent sur la côte est — tandis qu’il a fallu lutter contre de vastes feux de forêt sur la côte ouest.

De gigantesques incendies alimentés par une végétation asséchée, des tempêtes particulièrement violentes, voilà peut-être ce à quoi nous devons nous habituer. « [L’année 2020] a été un exemple très frappant de ce que c’est que de vivre sous certains des effets les plus graves du changement climatique que nous ayons prédits », avertit Lesley Ott, météorologue à la NASA. Les températures moyennes continueront à augmenter en raison de l’énorme quantité de gaz à effet de serre que nous rejetons dans l’atmosphère. Le Met Office britannique a déjà prédit que 2021 sera également parmi les plus chaudes jamais enregistrées.

Source : NASA

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