La fusée Space Launch System (SLS) de la NASA, destinée à la mission lunaire Artemis 2, est arrivée sur le pas de tir samedi dernier, marquant une étape majeure pour la première mission habitée du programme Artemis. Le lanceur enverra le vaisseau Orion et son équipage pour un voyage aller-retour d’environ dix jours autour de la Lune, selon une trajectoire de retour libre, sans alunissage. Les équipes se montrent confiantes et espèrent une première tentative de lancement dès le début du mois prochain, sous réserve que l’ensemble des opérations se déroule comme prévu.
Mesurant 98 mètres de haut et pesant environ 2 600 tonnes avec le plein de carburant, la SLS figure parmi les plus grandes et les plus lourdes fusées jamais construites. Elle est propulsée par deux propulseurs d’appoint à propergol solide (SRB) et quatre moteurs RS-25. Ensemble, ces dispositifs génèrent une poussée de 4 000 tonnes au décollage, permettant de lancer dans l’espace les étages supérieurs de la fusée ainsi que le vaisseau spatial Orion qu’elle transporte sur son dos.
La SLS constitue la pierre angulaire du programme Artemis, dont l’objectif est de renouer avec les missions lunaires près de cinquante ans après Apollo et de préparer, à plus long terme, de futures expéditions habitées vers Mars. Son premier vol d’essai sans équipage, Artemis 1, a eu lieu en novembre 2022, après une étape de vérification finale qui a duré plus longtemps que prévu.
Son premier lancement était initialement prévu en mars 2022, mais il a été reporté à plusieurs reprises en raison notamment de fuites d’hydrogène cryogénique, de problèmes liés à certains capteurs du bouclier thermique et de la capsule, de conditions météorologiques défavorables et d’autres aléas techniques. Ces imprévus ont nécessité trois retours successifs au bâtiment d’assemblage vertical (VAB) pour maintenance. Les équipes de la NASA assurent avoir depuis résolu ces difficultés et espèrent éviter des retards similaires avec Artemis 2.
Artemis 2 sera la deuxième mission du programme et la première à transporter un équipage à bord de la capsule Orion. Dans ce cadre, la fusée SLS est arrivée le 19 janvier sur le pas de tir du Centre spatial Kennedy (KSC), à Cap Canaveral, en Floride, à l’issue d’un processus complexe d’assemblage et de transport. Cette mission constituera une étape de test déterminante pour les systèmes de survie d’Orion.
Un lancement envisagé début février
La SLS a quitté le VAB du Centre spatial Kennedy à 13 h 04 (heure de France) pour entamer un trajet de 6,4 kilomètres vers le site de lancement 39B (LC-39B). Pour déplacer l’ensemble depuis le hall d’entrée 3 du VAB jusqu’à la route recouverte de galets menant au pas de tir, une plateforme de lancement mobile équipée de gigantesques chenilles de 2,3 mètres a été mobilisée.

La plateforme se déplaçant à une vitesse moyenne de 1,3 km/h, le trajet a duré près de douze heures. Une fois sortie des portes monumentales du VAB, la cargaison a observé une pause technique afin de permettre aux équipes de repositionner la rampe d’accès prévue pour l’équipage, une passerelle destinée à faciliter l’accès des astronautes et de l’équipe de fermeture à Orion le jour du lancement. L’ensemble est finalement arrivé sur le pas de tir à 00 h 42 (heure française).
« Le transporteur à chenilles n° 2 de la NASA avait entamé son trajet de 6,4 kilomètres avec le lanceur SLS et la capsule Orion empilés sur son dos. Se déplaçant à une vitesse maximale de seulement 1,3 km/h, le transporteur a acheminé lentement mais sûrement l’imposante fusée lunaire et le vaisseau spatial vers le pas de tir », expliquent les responsables dans un communiqué.
La prochaine étape consistera à intégrer les différents systèmes de propulsion et à procéder aux vérifications du lanceur. Viendra ensuite une répétition générale, au cours de laquelle la fusée sera chargée en ergols cryogéniques, le compte à rebours simulé et les procédures de vidange testées en conditions réelles. Cette répétition est envisagée pour le 2 février, en vue d’un lancement potentiel le 6 février si l’ensemble des tests s’avère concluant. Des fenêtres de tir supplémentaires jusqu’au 11 février, ainsi qu’en mars et en avril, sont néanmoins prévues en cas de contretemps nécessitant un report.
« Des répétitions générales supplémentaires en conditions réelles pourraient être nécessaires pour garantir que le véhicule est entièrement vérifié et prêt pour le vol. Si besoin, la NASA pourrait ramener le SLS et Orion au bâtiment d’assemblage des véhicules pour des travaux supplémentaires avant le lancement, après la répétition générale en conditions réelles », précisent les responsables.
Après le décollage, l’équipage — composé des astronautes de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que de l’astronaute de l’Agence spatiale canadienne Jeremy Hansen — effectuera un voyage d’environ dix jours autour de la Lune, sans se poser à sa surface.
Plus précisément, la SLS placera Orion en orbite terrestre, où l’équipage d’Artemis 2 procédera à une série de vérifications des systèmes avant une manœuvre de propulsion translunaire destinée à engager la capsule sur sa trajectoire vers la Lune. À l’issue de cette phase, l’étage de propulsion cryogénique intérimaire de la fusée se détachera d’Orion et de son module de service.
Une fois la trajectoire lunaire atteinte, l’équipage ne se placera pas durablement en orbite autour de l’astre, mais suivra une trajectoire de retour libre exploitant une fronde gravitationnelle. Cette manœuvre vise à garantir le retour en toute sécurité de l’équipage et de la capsule, en limitant les risques liés à un éventuel dysfonctionnement en environnement lunaire.


