Aucune preuve n’indique de lien de causalité entre le vaccin AstraZeneca et la formation de caillots sanguins

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Au cours des derniers jours, le vaccin de l’université d’Oxford et d’AstraZeneca a suscité de nombreuses inquiétudes dans plusieurs pays européens. En effet, les rapports de patients ayant présenté des thromboses et caillots sanguins après l’administration du vaccin ont conduit de nombreux pays à le suspendre. Toutefois, la hâte des politiques et des individus à établir des liens de causalité douteux peut desservir l’intérêt des campagnes de vaccination. Dans le cas du vaccin Oxford/AstraZeneca, les données concrètes recueillies jusqu’à maintenant ne permettent en aucun cas d’établir un lien de causalité entre l’injection et la formation de caillots.

Les cas de personnes présentant des caillots sanguins peu de temps après avoir le vaccin Oxford/AstraZeneca sont devenus une source d’anxiété chez les dirigeants européens. Après un rapport sur un décès et trois hospitalisations en Norvège, qui a révélé une coagulation sanguine grave chez ces adultes ayant reçu le vaccin, l’Irlande a temporairement suspendu le vaccin, suivie peu de temps après des Pays-Bas, de l’Italie, de la France et de l’Allemagne.

Une certaine anxiété à propos d’un nouveau vaccin est compréhensible, et toute réaction suspectée doit être étudiée. Mais dans les circonstances actuelles, il faut penser vite et bien, et résister à l’établissement de liens de causalité entre des événements là où il n’y en a pas. Comme l’a souligné le médecin-chef adjoint de l’Irlande, Ronan Glynn, il n’existe aucune preuve que ce vaccin provoque des caillots sanguins. C’est une tendance humaine commune d’attribuer un effet causal entre différents événements, même s’il n’y en a pas.

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Par exemple, quelqu’un reçoit un diagnostic d’autisme après avoir reçu le vaccin ROR, de sorte que les gens supposent un lien de causalité — même s’il n’y en a pas. Et maintenant, certaines personnes développent des caillots sanguins après avoir reçu un vaccin, ce qui soulève des inquiétudes quant à savoir si le vaccin est la cause de ces caillots.

Une majorité d’effets pathologiques indépendants du vaccin

Ainsi, lorsque l’Agence européenne des médicaments dit qu’il y a eu 30 « événements thromboemboliques » après environ 5 millions de vaccinations, la question cruciale à se poser est : combien en attendrait-on de toute façon, dans le cours normal des événements ? Les thromboses veineuses profondes (TVP) touchent environ une personne sur 1000 chaque année, et probablement plus dans la population âgée vaccinée. Sur la base de ces chiffres, sur 5 millions de personnes vaccinées, on s’attendrait à bien plus de 5000 TVP par an, soit au moins 100 par semaine. Il n’est donc pas du tout surprenant qu’il y ait eu 30 rapports.

Dans les essais qui ont conduit à l’approbation des vaccins au Royaume-Uni, les volontaires ont été répartis au hasard pour recevoir soit le vaccin actif, soit une injection témoin (dont certains étaient un vaccin contre la méningite). Tout le monde a ensuite signalé les effets secondaires qu’il a subis, mais surtout personne ne savait qui avait reçu la vraie substance. En comparant les chiffres des deux groupes, les chercheurs pouvaient voir combien de « réactions » étaient réellement dues aux ingrédients actifs, et combien étaient liées au processus de vaccination ou se seraient inexorablement produites.

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Tableau listant les effets secondaires (et leur proportion parmi les volontaires) lors des essais cliniques du vaccin Oxford/AstraZeneca. © Oxford/AstraZeneca ; MHRA

Certains types d’événements indésirables ont été signalés par 38% de ceux qui ont reçu le vrai vaccin mais, de façon assez remarquable, 28% de ceux qui ont reçu le contrôle ont également signalé un effet secondaire. Cela montre que le vaccin anti-COVID ne cause qu’environ un tiers des effets secondaires rapportés. Sur plus de 24 000 participants, moins de 1% ont signalé un événement indésirable grave, et parmi ces 168 personnes, une légère majorité avait reçu le vaccin test plutôt que le vaccin actif.

Il n’y avait donc aucune preuve d’un risque accru lié à la prise du vaccin AstraZeneca. Les essais Pfizer ont donné des résultats similaires, avec des événements indésirables plus légers ou modérés dans le groupe vacciné, mais des nombres presque identiques d’événements graves. Les essais sont courts et relativement petits et ont tendance à inclure des personnes en bonne santé, nous devons donc collecter des données réelles au fur et à mesure que les vaccins sont déployés.

Système de carton jaune : il n’établit aucun lien de causalité

Au Royaume-Uni, les effets indésirables sont signalés à l’aide du système du « carton jaune », qui remonte à l’époque où les médecins remplissaient des cartons jaunes pour signaler les effets secondaires. Jusqu’au 28 février, environ 54 000 cartons jaunes ont été signalés pour le vaccin Oxford/AstraZeneca, sur environ 10 millions de vaccins administrés (le vaccin Pfizer a un taux légèrement inférieur). Ainsi, pour les deux vaccins, le taux global de notification est d’environ trois à six rapports pour 1000 injections.

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Cela signifie qu’un nombre beaucoup plus grand d’effets secondaires sont signalés dans les essais que par le biais du système de carton jaune (bien sûr, un facteur de cette sous-déclaration peut être le site Web de déclaration de carton jaune, qui semble conçu pour les professionnels de la santé plutôt que pour les patients souffrant d’effets secondaires).

La grande majorité des effets secondaires rapportés par le biais du système des cartons jaunes et dans les essais randomisés sont des rapports de réactions directes à la piqûre, comme une douleur au bras, ou des symptômes généraux de type grippal subséquents tels que maux de tête, fatigue, fièvre, etc., qui disparaissent en quelques jours. Le problème le plus grave est celui des réactions anaphylactiques et il est conseillé de ne pas vacciner une personne ayant des antécédents de réactions allergiques à une dose antérieure du vaccin ou à ses ingrédients.

Jusqu’à présent, ces vaccins se sont révélés extrêmement sûrs. En fait, il est peut-être surprenant que nous n’ayons pas entendu plus d’histoires d’effets indésirables. Il pourrait bien y avoir un événement extrêmement rare déclenché par les vaccins anti-COVID, mais il n’y a pas encore de signe de cela. Nous pouvons simplement espérer que ce constat parviendra à ceux qui hésitent encore à cause de la désinformation qui a été répandue sur les effets nocifs supposés des vaccins et des commentaires non fondés de certains politiciens européens.

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