L’avenir de la forêt amazonienne dépend de la prochaine élection présidentielle brésilienne

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L’avenir de la forêt amazonienne, surnommée à juste titre « poumon de la planète », est étroitement lié à celui de la planète entière. Si cet écosystème unique et auparavant impénétrable est depuis des décennies sous le joug de menaces anthropiques extrêmes, sa perte de superficie n’a jamais été aussi rapide et frénétique que sous le mandat de Jair Bolsonaro (depuis 2019). Aujourd’hui à quelques jours de l’annonce des résultats du scrutin présidentiel au Brésil, les scientifiques s’inquiètent de l’avenir de la forêt amazonienne et de la planète entière, s’il parvenait à se faire réélire. Son rival, quant à lui, promet d’inverser les dommages environnementaux et d’atteindre les objectifs en matière de solutions contre le changement climatique. Mais rien n’est encore joué.

Depuis son ascension au pouvoir, Bolsonaro a établi un grand nombre de lois anti-environnementales qui ont fait scandale : assouplissement de la réglementation des pesticides, exploitation libre des territoires indigènes, extension de l’exploitation aurifère dans la forêt … Les partis de l’opposition qualifiaient son programme présidentiel de « programme de mort ». De plus, le politicien avait nommé des militaires peu engagés envers les causes environnementales pour les placer à la tête des institutions de gestion de ces dernières, et aurait encouragé publiquement l’envahissement anthropique et extensif de milliers d’hectares de forêts vierges. « L’administration Bolsonaro a été un désastre complet pour l’environnement », déplore Philip Fearnside, chercheur à l’Institut national de recherche de l’Amazonie.

Un enjeu politique majeur

Au cours des quatre années de mandat de Bolsonaro, les experts ont enregistré des hausses records des pertes de couverture forestière de l’Amazonie. En temps normal, les défrichements s’intensifient dans la région vers le mois de juin, car les agriculteurs ou éleveurs profitent de la diminution de la pluie pour préparer leurs parcelles pour la prochaine saison agricole. Cependant, depuis 2019, il n’y a pas eu d’accalmie des incendies et 31 513 feux de forêt ont été détectés par l’agence spatiale brésilienne, rien qu’au mois d’août. « Les gens se rendent compte qu’ils peuvent s’en tirer en ignorant toutes les réglementations environnementales actuelles sous Bolsonaro », explique Fearnside.

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En 2019, on aurait perdu l’équivalent d’un terrain de football de forêts tropicales toutes les six secondes ! Une importante portion de ces pertes se déroulerait au niveau de la forêt amazonienne, car en 2021, 13 000 hectares supplémentaires de forêts ont été défrichés. Alors que les régions voisines connaissaient une accalmie relative en matière de pertes, une nouvelle forme de perte forestière — liée notamment au défrichement agricole et minier — a connu une croissance sans précédente au Brésil.

A savoir que, contrairement à la Bolivie et ses autres pays voisins, le feu n’a pas été la plus grande cause de déforestation dans le pays. De façon étonnante, les alertes de feu se seraient plutôt déclenchées de façon anormalement élevée au niveau des zones déjà déboisées, probablement pour les pâturages et la culture sur brûlis. Les experts estiment que cette frénésie de déforestation aurait conduit l’Amazonie à son point de rupture. Sans solution pérenne, la forêt primaire ne parviendrait plus à retenir assez d’humidité pour maintenir son état d’origine de forêt humide luxuriante, et commencera à se transformer en savane. Par ailleurs, des études ont révélé qu’au cours des cinq dernières années, l’Amazonie rejetterait plus de carbone qu’elle n’en séquestrerait.

Plus inquiétant encore, les pertes de forêt au niveau des territoires autochtones n’ont jamais été aussi élevées, ce qui est hors du commun étant donné que ces populations sont connues pour leur profond respect de la nature. L’appropriation illégale des terres et les extractions minières ont dépossédé les peuples Pará et Trincheira/Bacajá de leurs territoires et de leurs ressources.

D’autres enjeux tels que l’inflation économique et la faim ont été évoqués dans les propagandes des différents candidats aux élections, mais les scientifiques estiment que le scrutin sera déterminant pour l’avenir de l’Amazonie. Pour l’heure, Luiz Inácio Lula da Silva, un candidat en faveur de l’environnement, est en tête des derniers sondages (41% contre 37% pour Bolsonaro) et suscite de l’espoir chez les écologistes. Toutefois, rien n’est encore joué, car il devra dépasser les 50% pour parvenir à la tête de l’État et espérer sauver la forêt amazonienne.

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