Sujet de nombreux bilans d’analyses scientifiques alarmistes, la cigarette électronique ou e-cigarette est souvent jugée plus cancérigène que la cigarette classique. Commercialisée depuis maintenant 2003, elle peine à entrer dans l’opinion publique comme étant un outil d’aide au sevrage tabagique sain. Cependant, en décortiquant de plus près ces études, la cigarette électronique a-t-elle vraiment tous ces torts ?

Malgré une défense des plus assidues par de nombreux acteurs indépendants de la vape, l’image de la cigarette électronique peine à établir une relation de confiance auprès des mentalités actuelles. Fautes à de nombreux communiqués de presse relatant résultats préoccupants et mises en garde. On ne peut reprocher à l’opinion publique de s’insurger à la lecture de ces articles au titre accrocheur.

Mais les acteurs de la vape, tels que les associations indépendantes, se mesurent à ces études afin de faire ressortir le vrai du faux. Vapoteurs des premiers jours, médecins tabacologues ou encore addictologues, ils défendent activement l’e-cigarette tant au niveau des autorités étatiques qu’au niveau médiatique.

Mais pourquoi défendre un outil de sevrage tabagique, lorsque celui-ci est tant controversé ? L’objectif premier, lors de l’invention de la cigarette électronique en 2002 par Hon Link, était de substituer l’inhalation de substances cancérigènes dues à la combustion d’une cigarette classique, tout en permettant au fumeur de se sevrer pas à pas de son addiction à la nicotine. Parce qu’en effet, si la cigarette classique est aujourd’hui l’actrice de 73’000 morts évitables par an en France, la nicotine n’en est que l’attache. Substance addictive certes, la nicotine n’est cependant pas la cause des nombreux cancers et maladies cardiovasculaires qu’engendre désastreusement le tabagisme.

D’après les acteurs indépendants de la vape, l’objectif de la cigarette électronique est aujourd’hui toujours le même. Cet outil d’aide au sevrage tabagique, composé d’une batterie plus ou moins puissante et d’une tête plus communément appelée « atomiseur », permet de vaporiser un e-liquide aromatisé avec ou sans nicotine. Le but étant alors de se sevrer au fur et à mesure de cette substance addictive qu’est la nicotine, tout en évitant l’inhalation des 4000 autres substances chimiques scientifiquement prouvées et reconnues cancérigènes de la cigarette classique.

Néanmoins, que penser des études scientifiques dénonçant la dangerosité de l’e-cigarette ? Les termes « acroléine » ou « formaldéhyde » ont défrayé la chronique depuis 2013, et cela en laissant penser que la cigarette électronique est plus nocive que la cigarette classique.

Mais qu’en est-il vraiment ? Ces études permettraient la mise en lumière d’une utilisation erronée et d’un manque notable d’information de la part de leurs auteurs scientifiques. En effet, si l’acroléine et le formaldéhyde sont inévitablement produits lors de la combustion d’une cigarette classique, on peut également les retrouver à de rares occasions dans la cigarette électronique. C’est ce que tendent à prouver les études alarmistes de certains scientifiques.

Effectivement, lors de la décomposition à forte chaleur (à partir de 290°C) de la Glycérine Végétale (un des composants d’un e-liquide), l’apparition de molécule d’acroléine est plausible, même si fortement inférieur aux taux trouvés lors de la combustion inévitable d’une cigarette classique. Cependant, lors d’une utilisation normale, appropriée et conseillée par tous professionnels de la vape, la résistance permettant la vaporisation du e-liquide n’atteint pas ces températures.

Il est bien connu des vapoteurs qu’une résistance doit s’utiliser sur la plage de puissance recommandée par son fabricant, et que dès l’apparition d’un léger goût de brûlé (fortement inapprécié des vapoteurs) celle-ci doit être changée. Analogiquement, il serait similaire de s’insurger d’apprendre qu’un steak de bœuf est hautement cancérigène d’après une étude ayant fait carboniser un petit bout de viande pendant des heures à haute température. Ou encore, d’interdire le beurre, parce que celui-ci produit de l’acroléine quand il brûle dans une casserole.

La bonne question à se poser ne serait pas « est-ce que la cigarette électronique est nocive pour la santé ? », mais bel et bien « quel taux de réduction des risques offre la cigarette électronique à un fumeur ? ». Un nouveau dispositif tel que la cigarette électronique impliquant de nouvelles habitudes, implique également de bien s’informer tant sur sa bonne utilisation que sur le bon matériel à choisir. Il est évident que la cigarette électronique n’a pas autant d’années de recul que la cigarette classique.

Mais de nombreuses études, tel que le rapport du Public Health England, tendent à prouver qu’une utilisation correcte et informée de la cigarette électronique serait bel et bien 90-95 % moins nocive que la cigarette. Qui, cette dernière, a bien prouvé les dégâts qu’elle pouvait causer, peut importe son utilisation.

Cet outil d’aide au sevrage tabagique, qui apporterait la même sensation tant au niveau de la nicotine que de la gestuelle contrairement aux patchs ou à la gomme, est destiné aux fumeurs souhaitant réduire ou arrêter leur consommation de tabac. La cigarette électronique est une étape dans le sevrage, et n’est effectivement pas à interpréter comme un acte récréatif.

S’informer, comprendre et faire preuve d’esprit critique permettrait alors de mieux comprendre les enjeux de certaines études opposées à l’e-cigarette, qu’ils soient économiques, industriels ou politiques.

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