Les océans ont absorbé 23 zettajoules d’énergie thermique en 2025, un nouveau record qui équivaudrait à l’énergie de douze bombes d’Hiroshima chaque seconde, selon un récent rapport. L’année 2025 a non seulement battu un record en matière de cumul d’énergie thermique océanique, mais marque également la plus longue séquence de records consécutifs de ce type jamais enregistrée. Ces données sont révélatrices de la trajectoire climatique vers laquelle la planète se dirige actuellement et dans les années à venir.
Les océans absorbent plus de 90 % de la chaleur excédentaire piégée dans l’atmosphère terrestre en raison des émissions de gaz à effet de serre. Et à mesure que la chaleur s’accumule dans l’atmosphère, l’énergie thermique accumulée dans les océans augmente également. La température des océans influence l’intensité des vagues de chaleur marine, la dynamique de circulation atmosphérique et les régimes de précipitation mondiaux.
La chaleur océanique constitue ainsi un indicateur fiable du réchauffement climatique à long terme et de ses impacts. En 2025, le réchauffement océanique a probablement contribué aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que l’ouragan Melissa qui a frappé la Jamaïque et Cuba, les fortes pluies de mousson au Pakistan, les inondations dévastatrices en Thaïlande et dans la vallée centrale du Mississippi, etc. Des impacts majeurs sur la biodiversité ont également été observés.
Les dernières données climatiques indiquent que l’année 2025 a marqué une nouvelle étape dans une série de changements dans le système climatique terrestre. En effet, bien que la température moyenne globale de surface des océans (TMGS) — mesurée par la température moyenne des premiers mètres d’eau — ait été légèrement inférieure à celle de 2024, elle était tout de même exceptionnelle en comparaison des enregistrements historiques.
En 2025, cette température était la troisième plus élevée jamais enregistrée, soit environ 0,5 °C au-dessus de la moyenne de la période 1981-2010. L’année 2025 prolonge en outre, en matière de température moyenne globale de surface des océans, la période de 11 ans la plus chaude jamais enregistrée (2015-2025), marquant ainsi une séquence de records sans précédent.
Un autre indicateur de réchauffement océanique est l’énergie thermique totale accumulée au niveau des océans, qui mesure notamment la quantité de chaleur stockée dans les 2 000 premiers mètres de profondeur. Une analyse publiée récemment dans la revue Advances in Atmospheric Science a révélé que, si la TMGS a été inférieure à celle de 2024, les océans ont absorbé, en 2025, plus de chaleur que durant n’importe quelle autre année depuis le début des enregistrements modernes. « Le réchauffement des océans continue d’exercer des impacts profonds sur le système terrestre », écrivent les auteurs.
Une preuve directe d’un système climatique hors d’équilibre thermique
Pour mesurer l’énergie thermique stockée dans les océans en 2025, les chercheurs de l’étude ont analysé des données d’observation océanique des 2 000 premiers mètres de profondeur (la zone où la majeure partie de la chaleur atmosphérique est absorbée) provenant des Centres nationaux d’information environnementale de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), du service Copernicus sur le changement climatique de l’Union européenne et de l’Académie chinoise des sciences.
Les résultats ont révélé que les océans ont absorbé 23 zettajoules d’énergie thermique en 2025, ce qui équivaudrait à l’énergie de douze bombes d’Hiroshima explosant dans l’océan chaque seconde. Ce chiffre représente une forte augmentation par rapport à 2024, où l’énergie thermique accumulée dans l’océan n’était que de 16 zettajoules.
« L’année dernière a été une année de réchauffement complètement folle », a déclaré John Abraham, ingénieur en mécanique à l’Université de St. Thomas et co-auteur de la nouvelle étude, à Wired. « Putain, les océans sont chauds », a-t-il ajouté dans une interview avec Mongabay.
Les régions au niveau desquelles le plus de chaleur a été accumulée en 2025 étaient l’Atlantique tropical et Sud, la mer Méditerranée, l’océan Indien Nord et l’océan Austral. D’après les chercheurs, ces données constituent une preuve directe que le système climatique est hors d’équilibre thermique.
« Je dirais que c’est une augmentation [de chaleur] exceptionnellement importante, étonnamment importante et même alarmante », a affirmé Abraham à Mongabay. Ces observations soulignent une fois de plus l’urgence d’efforts concrets pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.


