Clonage animal : la Chine produit des porcs à l’aide de robots uniquement

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Intégrer l’IA au procédé de clonage, telle est la nouvelle prouesse des chercheurs du Collège d’intelligence artificielle de l’Université de Nankai, en Chine. Entièrement automatisée, la technique réduirait les erreurs de clonage manuel et soulagerait les chercheurs de tâches fatigantes et chronophages. La naissance récente de sept porcelets sans aucune intervention humaine est une étape supplémentaire dans la normalisation de ce type de clonage commercial, qui pourrait aussi profiter à l’agriculture chinoise en réduisant la dépendance du pays à l’égard des animaux reproducteurs importés.

Les chercheurs du Collège d’intelligence artificielle de l’Université de Nankai (Chine) rapportent avoir mis au point une technologie de clonage qui ne nécessite aucune intervention humaine. En mars dernier, une truie a ainsi donné naissance à sept porcelets clonés à l’Université Nankai. Chaque étape de clonage a été automatisée à l’aide de robots.

La technique n’est pas nouvelle, puisque le groupe de l’Université Nankai avait produit en 2017 les 13 premiers porcelets au monde clonés à l’aide de robots « uniquement ». Mais Liu Yaowei, un membre de l’équipe qui a développé le système, avait alors précisé que certaines parties du processus (comme le retrait du noyau de l’ovule) devaient encore être réalisées par des humains.

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D’ordinaire, le clonage en laboratoire d’un embryon viable nécessite le transfert du noyau d’une cellule somatique (du corps) de l’animal à cloner dans un ovocyte dont on a retiré le noyau et qui peut provenir d’un autre animal. En utilisant le processus robotique, l’équipe a depuis lors réalisé des milliers d’opérations de transfert de noyaux : elle a transplanté 510 embryons à six truies en 2017 (dont deux ont donné naissance) et, en 2018, neuf porcs clonés par robot ont produit 101 descendants.

Un taux de réussite de 27,5%, contre 10% pour une opération manuelle

Zhao Xin, professeur au collège d’IA de Nankai, a dirigé le projet de porcelets clonés par robot. Il a introduit un modèle mécanique et un effet de siphon dans la conception de l’IA de l’équipe. « Ainsi, seule une force minimale est nécessaire pour l’orientation automatique de haute précision des cellules et l’élimination des noyaux cellulaires », détaille un communiqué de l’Université. « Les expériences ont montré une réduction significative des dommages cellulaires après le processus. Plus important encore, le taux de réussite du développement ultérieur des embryons clonés était de 21% pour le processus robotique, contre 10% pour l’opération manuelle ».

Mieux encore, l’équipe a pu améliorer le taux de réussite du développement des embryons clonés ces cinq dernières années, qui est passé de 21% à 27,5% d’après Liu Yaowei. En permettant de surmonter les obstacles techniques du clonage biologique, le clonage par IA est ainsi bien plus facile. En outre, il exempte les chercheurs des micro-manipulations manuelles qui peuvent leur causer à terme des problèmes de santé — par exemple de dos, à force de se pencher sur les microscopes. Cela leur permettrait aussi de dégager du temps pour d’autres manipulations, des scientifiques créant parfois plus de 1000 clones à la main par jour !

Élevage porcin : la Chine peine à retrouver son autosuffisance

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La viande de porc est la viande la plus populaire en Chine, et son industrie peine encore à se remettre de l’épidémie de peste porcine africaine de 2018 et 2019, qui a lourdement affecté ses reproducteurs. Reuters rapporte que la perte de truies en bonne santé a entraîné un besoin accru d’importations de reproducteurs et que l’industrie porcine cherche à retrouver son autosuffisance d’autrefois. La haute technologie développée devrait ainsi permettre d’améliorer la situation en Chine, alors que le pays craint d’être vulnérable aux restrictions d’importation des États-Unis et d’autres pays occidentaux.

Par ailleurs, Pan Dengke — un ancien chercheur de l’Académie chinoise des sciences agricoles qui a contribué à produire le premier porc cloné de Chine en 2005 — a déclaré au South China Morning Post que la technique de clonage robotisé pourrait avoir un large éventail d’applications dans le domaine de l’élevage, notamment la reproduction assistée et la reproduction sélective. « La commercialisation du clonage robotisé aura sans aucun doute des influences majeures et profondes sur les industries et la vie du grand public », a-t-il ajouté.

Un article soumis à relecture sera bientôt publié dans la revue Engineering, afin de rendre compte des détails techniques de la technologie.

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