Le café est consommé par des millions de personnes quotidiennement et, malgré sa longue histoire, les scientifiques continuent de découvrir ses propriétés. Les bienfaits du café sont connus depuis plusieurs années, mais les chercheurs n’en connaissaient pas véritablement la raison. Une équipe de biologistes allemands vient toutefois d’apporter les réponses qui faisaient jusqu’alors défaut.

Une équipe allemande de chercheurs de l’université de Düsseldorf, dirigée par les biologistes moléculaires Judith Haendeler et Joachim Altschmied, pense avoir découvert la raison pour laquelle la caféine présente des effets cardiaques bénéfiques et quelle est la dose de caféine conseillée quotidiennement pour que ces bénéfices apparaissent.

En étudiant des souris et des tissus humains dans lesquels de la caféine a été administrée, les biologistes ont découvert comment la molécule augmente l’efficacité des cellules sanguines, notamment en optimisant les mécanismes protéiques et entraînant un «  rajeunissement  » cellulaire. Les résultats ont été publiés dans la revue PLOS Biology.

«  Lorsque vous buvez 4 ou 5 tasses d’expresso, cela semble améliorer les performances des mitochondries, et  donc offrir une certaine protection cellulaire » explique Altschmied. Depuis plusieurs années, des études révèlent que les buveurs de café sont moins sujets aux décès par cardiopathies, diabète ou AVC. Ces données ont été acquises à travers deux études de grande envergure, l’une menée sur 400’000 personnes aux États-Unis et l’autre sur 500’000 européens. Ces deux études ont révélé que les consommateurs réguliers de café présentaient des taux de mortalité plus bas que la moyenne.

Quatre tasses de café conduisent à une concentration sérique (concentration d’une molécule dans le sérum sanguin) en caféine d’environ 30 μM chez l’Homme. Étant donné que 4 tasses de café ou plus semblent avoir un effet bénéfique, les chercheurs ont définit 50 μM de caféine pour toutes les études cellulaires, ainsi que pour les concentrations de caféine dans l’eau bue par les souris, ce qui entraînait une concentration d’environ 30-50 μM dans leur sérum sanguin.

cafeine

Molécule de la caféine. Consommer entre 4 et 6 tasses de café par jour permettrait de réduire le risque de maladies cardiovasculaires, et l’incidence de nombreux autres troubles. Crédits : MPBIO

Outre les effets cardiaques bénéfiques — 4 tasses par jour réduisent de 19% le risque de maladies cardiovasculaires —, le café est associé à d’autres bénéfices tels qu’un plus faible risque d’hépatopathies (notamment la cirrhose), un plus faible risque de développer certains cancers, des incidences plus basses de démence et de maladie d’Alzheimer, et un risque réduit de dépression. Altschmied espère que cette nouvelle étude fasse tomber le mythe voulant que les personnes présentant des troubles cardiaques ne devraient pas boire de café. «  Le café ne remplace cependant pas tout ; continuez de faire du sport, de manger sainement, mais ajoutez un peu de café à votre régime alimentaire  » explique t-il.

Et si le café ne convient pas à tout le monde, le thé vert semble démontrer les mêmes avantages sur la santé. Boire jusqu’à 6 tasses de café par jour peut se montrer bénéfique et peut même, dans certains cas, réduire l’arythmie chez des personnes présentant des troubles du rythme cardiaque. Toutefois, il est recommandé de ne pas excéder cette consommation, une surconsommation de caféine pouvant accélérer considérablement le rythme cardiaque et causer d’autres problèmes.

Bien qu’extrêmement intéressante, cette étude n’a toutefois été menée que sur des souris et des tissus humains in vitro. Ce qui fonctionne sur des souris ou des tissus organiques maintenus dans un environnement hyper-contrôlé ne fonctionnement pas nécessairement également sur l’humain.

Les chercheurs rappellent que la caféine n’est pas métabolisée de manière identique chez tous les individus ; la consommation doit donc être adaptée à chacun. En outre, la caféine accentuant la croissance des vaisseaux sanguins, il n’est pas conseillé d’en consommer pour des personnes atteintes de cancer, car cela pourrait amener les tumeurs à être mieux irriguées.

Source : PLOS Biology

3 Réponses

    • Gilbert Duroux

      Le défaut de la vulgarisation des articles scientifiques, c’est que souvent il ne s’attache qu’à mettre en avant un seul aspect des choses, le plus spectaculaire, en passant sous silence des aspects secondaires, mais qui peuvent avoir leur importance. En l’occurrence, ici, on nous démontre un aspect bénéfique du café alors que la caféïne est nocive pour de nombreuses maladies.

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  1. Patou63

    Un coup c’est bon,un coup c’est mauvais malgré on ne sais plus quoi boire manger ou faire on nous prend vraiment pour des cobayes

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