COVID : chez un bébé infecté in utero, le virus a muté en seulement cinq jours après la naissance

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| China CDIC

Si les scientifiques ont étudié en détail les cas de transmissions interindividus de la COVID-19 les plus généraux (adulte/adulte, adulte/enfant, enfant/enfant), très peu de données sont encore disponibles concernant la transmission mère-enfant lors de la grossesse. En effet, la transmission interplacentaire est une complication relativement rare de l’infection. Cependant, il y a quelques jours, en admettant une femme enceinte malade à l’hôpital, les médecins ont fait une découverte surprenante : non seulement le bébé était infecté alors qu’il n’était pas encore né, mais le coronavirus a ensuite muté chez le nouveau-né en seulement 5 jours. Un cas de mutation virale postnatale extrêmement rapide constituant une première médicale concernant la COVID-19.

Une femme enceinte suspectée atteinte de COVID-19 a été transportée en ambulance à l’hôpital universitaire de Skåne, en Suède, souffrant de douleurs abdominales soudaines et intenses. Les médecins ont remarqué que le bébé à naître avait une fréquence cardiaque anormalement basse, ce qui peut être un signe que le bébé ne reçoit pas suffisamment d’oxygène.

Les médecins ont pratiqué une césarienne d’urgence et ont mis le bébé au monde en quelques minutes. Les tests sanguins du bébé ont confirmé qu’il avait un taux d’oxygène très bas, et des prélèvements de gorge ont montré que la mère et le bébé souffraient de COVID-19. En utilisant les prélèvements de la mère et du nouveau-né, le génome du virus a été séquencé pour confirmer la possibilité que le nourrisson ait été infecté par la COVID alors qu’il était encore dans l’utérus.

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Une mutation virale postnatale extrêmement rapide

Les médecins ont constaté que le génome viral de la mère et du bébé était identique. Étant donné que le bébé avait été isolé de la mère directement après la césarienne et n’était pas entré en contact avec d’autres membres de la famille lorsque ces tests ont été effectués, les résultats ont confirmé que le bébé était effectivement infecté avant sa naissance.

Cependant, quelques jours plus tard, un nouveau séquençage génétique a montré que la population virale du bébé avait changé et contenait une version mutée du virus ainsi que la souche virale d’origine de la mère. À notre connaissance, il s’agit du premier cas de modification génétique du coronavirus dans le cadre unique de la transmission mère-fœtus avant la naissance.

Bien qu’il soit courant que les virus mutent, cette mutation (appelée A107G) est survenue cinq jours seulement après la naissance du bébé. Les changements génétiques peuvent avoir été stimulés par le contact du bébé avec l’environnement à l’extérieur de l’utérus de la mère. Cependant, la rapidité avec laquelle cette mutation unique s’est produite est surprenante.

Des dommages placentaires étendus

Les résultats les plus importants ont été les changements observés dans le placenta. Le placenta transporte le sang et les nutriments vers le fœtus et élimine les déchets, il est donc essentiel à la croissance et au bien-être du fœtus. La moitié du tissu était endommagée. Il y avait une inflammation généralisée et les médecins ont trouvé des protéines de coronavirus du côté placentaire de la mère et du fœtus, et également dans toutes les zones endommagées par l’inflammation.

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Photo du placenta prélevé après l’accouchement. La zone centrale présente une inflammation sévère, tandis que le reste de la surface montre une inflammation modérée. © Mehreen Zaigham et al. 2021

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La mère s’est rétablie rapidement de son infection et a obtenu son congé quatre jours après l’accouchement, mais le bébé avait besoin de soins néonatals, car il est né prématurément (semaine 34 de grossesse). Le bébé a développé des anticorps contre le virus et n’a présenté aucun symptôme grave après l’accouchement. C’est donc le système immunitaire du bébé qui a neutralisé le virus, car aucun anticorps n’a été trouvé dans le lait maternel de la mère.

Transmission mère-bébé : une complication rare

L’étude, publiée dans la revue British Journal of Obstetrics and Gynecology, fait partie des rares articles scientifiques qui ont étudié la transmission du coronavirus à travers le placenta. Des études antérieures ont rapporté une insuffisance placentaire rapide et un rythme cardiaque fœtal anormal, similaires à ce cas. Mais avec des milliers de femmes enceintes infectées dans le monde, la transmission mère-bébé semble être une complication rare de la COVID pendant la grossesse.

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Les cas de transmission intra-utérine sont extrêmement rares au regard du faible nombre de récepteurs ACE-2 placentaires. Les cas périnataux, dus à l’exposition à plusieurs éléments (fèces, sécrétions respiratoires, etc.), sont quant à eux plus courants. © Audrey Lamouroux et al. 2020

Les chercheurs pensent que cela est dû à la barrière placentaire qui protège le bébé de la plupart des infections. En outre, le récepteur vital nécessaire à l’entrée du coronavirus dans les cellules, appelé récepteur ACE-2, n’existe qu’à de faibles niveaux dans le placenta. Dans de rares cas, le coronavirus peut endommager le placenta — entraînant un manque d’oxygène chez l’enfant à naître — même si la mère a un cas bénin de COVID en fin de grossesse.

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Sources : British Journal of Obstetrics and Gynecology

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