COVID : pourquoi certaines personnes semblent-elles « naturellement » immunisées ?

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De nombreuses recherches sont consacrées à tenter de comprendre pourquoi certaines personnes n’ont jamais montré de signe d’infection au SARS-CoV-2 malgré une forte exposition au virus. En mars 2021, un premier essai de « provocation à la COVID-19 » sur un faible nombre de personnes a consisté à les infecter pour tenter d’en savoir plus sur le sujet. L’absence d’infection décelable (constatée durant l’étude) pourrait être due à divers facteurs : une infection antérieure par un virus similaire ou à une protection génétique encore mal comprise.

Il existe de nombreux cas de personnes qui, malgré une exposition étroite au virus, n’ont pas été infectées. Au sein d’un couple, dans un groupe d’amis ou de collègues, certains résistent là où d’autres développent la maladie, ce qui reste encore un grand mystère.

Une infection volontaire à la COVID-19 positive pour la moitié des participants

Les résultats d’un essai de « provocation COVID-19 » réalisé il y a environ un an viennent de paraître et sont en cours de relecture par les pairs. L’étude est basée sur l’étude de cas de 34 volontaires âgés de 18 à 29 ans, sans preuve d’infection ou de vaccination antérieure. Dans le but de les infecter, le virus leur a été administré dans le nez, puis les participants se sont bouché les narines pendant plusieurs heures.

« Nous avons subi plusieurs séries de tests avec différentes méthodes : des écouvillons de gorge et de nez, d’autres types d’écouvillons comme les mèches nasales — où vous maintenez un écouvillon dans votre nez pendant une minute — ainsi que des tests sanguins, mais je n’ai jamais développé de symptômes, je n’ai jamais été testée positive », a déclaré au Guardian l’une des volontaires.

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En fin de compte, 16 participants (47%) n’ont pas contracté le virus, même si la moitié d’entre eux ont quand même été testés positifs de manière transitoire quelques jours après l’exposition, mais à de faibles niveaux. « Dans nos études précédentes sur d’autres virus, nous avons observé des réponses immunitaires précoces dans le nez qui sont associées à la résistance à l’infection », a déclaré le professeur Christopher Chiu de l’Imperial College de Londres, auteur principal de l’étude. Une infection qui n’évolue donc pas assez pour persister et être détectable, chez ces personnes au bon système immunitaire.

Une mémoire immunitaire supérieure

De précédentes études permettent d’en comprendre un peu plus sur les raisons de non-infection chez certaines personnes. L’Imperial College de Londres a publié des résultats de recherches sur le lien entre des taux sanguins élevés en lymphocytes T — qui font partie de la défense immunitaire cellulaire — et la non-infection au SARS-CoV-2. Les chercheurs ont découvert que ces lymphocytes T mémoire créés par l’organisme lors d’infections antérieures par d’autres coronavirus humains, comme ceux du rhume, peuvent s’avérer utiles contre la COVID-19. En revanche, on ne sait pas encore pourquoi certaines personnes conservent une immunité à réaction croisée.

Mêmes résultats en Suède lors de la première vague, où une grande partie de la population était en fait immunisée depuis la période de grippe H1N1 (responsable de la pandémie de grippe porcine de 2009-2010). L’équipe de la professeur Cecilia Söderberg-Nauclér, immunologiste à l’Institut Karolinska de Stockholm, a alors identifié un peptide de six acides aminés dans une protéine de la grippe H1N1, qui ressemble à une partie cruciale de la protéine Spike (ou « de pointe ») du nouveau coronavirus. Ils ont découvert par la suite des anticorps contre ce peptide chez 68% des donneurs de sang de Stockholm. Les travaux en prépublication suggèrent que les réponses immunitaires déclenchées par la grippe H1N1 pourraient conférer aux personnes une protection partielle contre la COVID-19.

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Si l’on ne connait pas la proportion de personnes naturellement résistantes à l’infection dans la population, une explication pourrait également se trouver dans les gènes. Une équipe internationale de chercheurs a publié dans la revue Nature Immunology un état de l’art sur le sujet en octobre 2021. L’idée est de comparer les génomes d’individus susceptibles d’être naturellement résistants avec ceux des personnes qui ont été infectées, à la recherche de gènes associés à la résistance. Pour le moment, « un certain nombre de gènes candidats ont été proposés », précisent les auteurs.

Des mécanismes de résistance spécifiques pourraient dès lors se trouver chez certaines personnes, comme observé précédemment avec le VIH. Ces personnes ne présenteraient pas le récepteur utile au pathogène pour infecter les cellules : le récepteur ACE2 dans le cas du SARS-CoV-2. Ces découvertes permettraient de mettre au point des traitements bloquant la maladie.

Par ailleurs, il est fort probable que la vaccination joue un rôle dans le développement ou non de la maladie. Mais il est à ce jour impossible de savoir si une immunité est conférée par le vaccin ou par l’une des raisons précédemment évoquées, et d’autres études devraient apporter des connaissances supplémentaires sur les mécanismes de protection « naturelle ».

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