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Des chercheurs envisagent de développer une nouvelle méthode de détection des cellules souches cancéreuses en forçant leur activation, ce qui leur permettra également d’étudier les différentes causes des tumeurs. Un projet qui présente des risques.

Un article publié par des biologistes de l’Université fédérale d’Extrême-Orient en Russie, explique une méthode qui pourrait permettre de localiser les cellules souches cancéreuses (CSC), en les réveillant de leur état inactif.

Les spécialistes de l’oncologie se sont toujours intéressés à cibler les cellules tumorales ordinaires, mais en étudiant les causes de rechute ou de résistance aux traitements anti-cancer, ils ont découvert il y a quelques années qu’il était possible que les cellules souches soient influencées par un environnement tumoral pour devenir elles-mêmes cancéreuses, et qu’elles ont la particularité de posséder une extrême résistance aux traitements.

Les CSC représentent toujours un petite portion de la totalité des cellules dans une tumeur, mais elles représentent un véritable problème du fait qu’elles sont souvent responsables de récidives après une opération ou une chimiothérapie.

L’un des possibles inconvénients pour ces traitements est que les cellules souches pourraient être influencées uniquement lorsqu’elles sont réveillées, ce qui complique leur détection, sachant qu’elles sont également génétiquement identiques aux cellules cancéreuses communes. De plus, les traitements sont souvent conçus pour détecter principalement ces dernières.

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Il est connu que la prolifération des tumeurs est due à des mutations de protéines spécifiques. Cependant, le lien entre ces molécules et l’activation des CSC est encore un mystère.

Les scientifiques de l’institut russe s’intéressent aux mécanismes qui permettent aux cellules souches d’un gliome (un type de tumeur du cerveau affectant les cellules gliales), de se réveiller de leur état de quiescence pour se multiplier à nouveau.

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« La méthode d’activation des cellules souches est assez risquée. Cependant, dans leur état passif, ces cellules sont presque insensibles à la chimiothérapie. En cas de tumeurs à un stade avancé, il faut toujours choisir entre les risques et les avantages potentiels d’une méthode de traitement donnée. Nous considérons que la méthode de “redémarrage” des cellules cancéreuses est l’une des plus prometteuses », explique le chef du groupe de recherche Alexander Kagansky.

Il ajoute également que les cellules souches des gliomes utilisent des mécanismes de résistance très variés, rendant impossible une thérapie ciblée. Certains canaux cellulaires sont bloqués par ces traitements, mais ceci est compensé par un certain nombre de liens moléculaires s’exerçant à un niveau différent.

Leur idée est donc d’appliquer ce qu’on appelle une thérapie différentielle, en réveillant les cellules souches pour « redémarrer » leur cycle cellulaire, et ainsi par exemple les cibler par chimiothérapie, leur mécanisme de défense étant beaucoup moins efficace lorsqu’elles sont actives.

L’équipe cherchera également à comprendre si l’activation des CSC est causée par des facteurs externes, comme le stress ou des traumatismes physiques.

« Nous voudrions nous concentrer sur une question extrêmement importante : savoir si les particularités et les mécanismes moléculaires des cellules entourant les cellules souches du gliome affectent l’activation de celles-ci, ou si elles sont indépendantes », déclare Kagansky.

Ils expliquent également dans leur étude, une autre méthode qui consiste à déterminer les particularités génétiques des cellules cancéreuses et découvrir leur gène dominant ainsi que leur marqueur spécifique.

En attendant que toutes leurs idées soient développées, de plus amples études sur les CSC, leur importance dans la prolifération d’une tumeur, ainsi que leur mécanisme d’activation et désactivation sont nécessaires.

Source : Frontiers in Cellular Neuroscience

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