Deux gisements aurifères géants mis au jour dans les provinces chinoises du Hunan et du Liaoning pourraient receler plus de 2 000 tonnes métriques d’or. Si ces estimations se confirment, leur valeur se chiffrerait en dizaines de milliards de dollars : celui du Hunan atteindrait à lui seul plus de 80 milliards. Bien que la densité aurifère par mètre cube de roche demeure relativement faible, les experts estiment qu’il serait facilement extractible.
On estime qu’il n’y a globalement que 0,004 gramme d’or par tonne de roche dans la croûte terrestre — une concentration équivalente à quelques parties par milliard, généralement située entre 1 et 5 ppb. Certaines zones recèlent toutefois des quantités exceptionnelles sous forme de gisements isolés. Des chercheurs suggèrent d’ailleurs que ces gisements pourraient être plus nombreux qu’anticipé, car leur formation résulterait de processus géologiques encore mal intégrés aux modèles conventionnels.
Il a par exemple été avancé que les tremblements de terre favorisent la formation de larges pépites d’or en profondeur. Outre sa valeur commerciale, l’or trouve d’innombrables applications, de la biomédecine — notamment des traitements contre le cancer et les maladies neurodégénératives comme la Parkinson — aux réactifs de laboratoire, en passant par la physique des particules ou la gastronomie.
Les experts estiment que nous pourrions avoir atteint le pic de production aurifère en 2018, même si cette hypothèse demeure débattue, tandis que de vastes gisements continuent d’être découverts dans le monde. Au Canada, le gisement de Kerr-Sulphurets-Mitchell pourrait receler 4 790 tonnes d’or, et celui de Pebble, aux États-Unis, environ 3 310 tonnes.
Deux gisements qui pourraient abriter plus de 2 000 tonnes d’or
Récemment, des chercheurs chinois affirment avoir identifié deux gisements majeurs susceptibles d’accroître significativement la production nationale. Présenté l’an dernier par Xinhua, l’agence de presse officielle, le gisement de Wangu, celui du Hunan, renfermerait 300 tonnes d’or en réserves jusqu’à 2 000 mètres de profondeur, et plus de 1 000 tonnes jusqu’à 3 000 mètres. Une clarification demeure toutefois nécessaire : ces 1 000 tonnes constituent-elles un total cumulé ou un ajout aux premières estimations ? Sa valeur est établie à 600 milliards de yuans (environ 83 milliards de dollars).
Le gisement de Dadonggou, dans le Liaoning, présenté cette année par le Bureau d’information du Conseil des affaires d’État, pourrait quant à lui abriter jusqu’à 1 500 tonnes d’or. Jugé non rentable dans les années 1980, il fait désormais l’objet d’une réévaluation par la Cinquième Brigade géologique du Liaoning, qui l’inscrit dans une vaste ceinture minérale continue d’environ 3 000 mètres de long et 1 500 de large.
Toutes les carottes géologiques prélevées par les prospecteurs contenaient, selon eux, de l’or. Leur teneur, toutefois, n’atteint que 0,3 à 1 partie par million (ppm). Cette faible concentration n’empêcherait pourtant pas une exploitation rentable : les experts expliquent que les rendements annoncés — de 65 à 91 % — proviennent non de la teneur, mais de la structure favorable du minerai, qui en faciliterait la récupération.
Le gisement se situe par ailleurs à proximité de la faille de Tan-Lu, un emplacement réputé propice à l’accumulation de ressources minérales, en raison de grandes fractures de cisaillement horizontales au niveau desquelles se sont déposés de nombreux minéraux précieux.
« Cette vaste zone d’altération structurale aurifère est contrôlée par des structures de cisaillement horizontales (ou faiblement inclinées), et la minéralisation y est largement répartie », expliquent les responsables dans leur rapport, publié ce mois-ci, dans China Mining Magazine. « Ses caractéristiques géologiques sont uniques : faible teneur en or, grande échelle, contrôle stratigraphique marqué et transformations hydrothermales ultérieures ».
Le gisement de Dadonggou pourrait ainsi faire office de référence pour repérer d’autres gisements analogues. Ses spécificités suggèrent en effet que des gisements comparables ont pu être négligés parce qu’ils ne correspondent pas aux critères classiques de prospection.
« Ce gisement, que l’on pourrait qualifier de “type Dadonggou”, présente un intérêt majeur pour l’étude des gisements miniers. Une recherche approfondie pourrait permettre des avancées significatives dans l’exploration de gisements aurifères similaires dans la région du Liaodong », soulignent les chercheurs.
Il convient néanmoins de rappeler que ces estimations demeurent provisoires : la valeur réelle des deux gisements ne pourra être établie qu’au terme de mesures plus précises. Les évaluations actuelles supposent notamment que la totalité des ressources est exploitable et que les cours mondiaux de l’or resteront stables — des conditions rarement réunies dans l’industrie minière. Des rapports d’évaluation plus détaillés devraient être publiés ultérieurement.


