Une étude démontre pour la première fois que les chiens pleurent (littéralement) de joie en retrouvant leur maître

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Depuis sa domestication par l’homme, le chien (Canis familiaris) a évolué de sorte à adopter des comportements adaptés à l’homme, et compatibles avec les besoins de l’un et de l’autre. Des compétences sociocognitives insoupçonnées ont été maintes fois scientifiquement démontrées chez le chien, notamment par le biais de certains facteurs tels que le contact visuel ou les bruits émis. Pour la première fois, une récente étude parue dans la revue Current Biology, démontre que le chien possède un lien si fort avec son maître qu’il pleure (littéralement) sous l’émotion lorsqu’il le retrouve après une longue séparation.

Le contact visuel jouerait un rôle fondamental dans le développement de l’affection entre le chien et son maître. Le chien aurait par exemple développé au fil du temps des muscles d’élévation des sourcils pour susciter l’attendrissement de son maître ou déclencher chez lui un comportement protecteur et nourricier.

Au fil de milliers d’années d’évolution, un lien privilégié s’est établi entre l’homme et le chien, mais rares sont les études scientifiques se concentrant sur le domaine. Pourtant, certaines aptitudes du chien laissent entendre qu’ils peuvent établir un haut niveau de complicité avec leur maître. Les exemples les plus proches sont les bergers allemands au service de certaines armées, qui développent des capacités extraordinaires grâce à un haut degré de confiance qu’ils ont établi envers leurs maîtres ou dresseurs. De façon plus rationnelle,  il s’agirait d’un système gagnant-gagnant, où le maître bénéficie des services du chien et en échange ce dernier est récompensé et nourri.

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Mais au-delà des besoins primaires, il existerait des liens et des besoins émotionnels profonds entre le maître et son chien. Des études antérieures ont d’ailleurs révélé que les facultés sociocognitives sollicitant l’homme chez le chien seraient fortement similaires à celles des enfants et les nourrissons, lorsqu’ils expriment la douleur ou la faim par exemple. De la même manière que chez le nourrisson, ces comportements déclencheraient chez le maître du chien un comportement affectueux.

Le regard adorablement larmoyant et attendrissant que beaucoup de chiens préservent même adultes auraient pour rôle de déclencher un comportement de soins non seulement chez la mère (qui sécrète également des larmes lors de la mise bas ou de l’allaitement), mais également chez les maîtres. Le contact visuel entre chien et maître amorce ainsi une interaction et stimule la sécrétion d’ocytocine chez l’homme, une hormone entre autres impliquée de la création de liens entre les individus.

Chez l’homme, selon le degré d’émotions positives ou négatives, cette voie hormonale active les glandes lacrymales et déclenche la production de larmes. Des chercheurs de l’Université d’Azabu (au Japon) ont donc voulu savoir si les mêmes phénomènes biochimiques étaient déclenchés chez le chien, lors de ses interactions affectueuses avec son maître.

Lorsque les chiens retrouvent leur maître, ils expriment leur joie en gémissant, sautillant, remuant la queue, etc. L’étude japonaise a révélé qu’à ce moment, leur quantité physiologique d’ocytocine augmentait considérablement. « Cela m’a donné l’idée que l’ocytocine pourrait augmenter les larmes. Nous avons donc réalisé une expérience de réunion avec les propriétaires », indique Takefumi Kikusui, professeur de médecine vétérinaire à l’Université d’Azabu et co-auteur principal de la nouvelle étude. Il s’agit notamment de la première à démontrer la sécrétion de larmes par émotion positive chez un autre mammifère que l’homme.

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Les chiens auraient plus d’affinité envers leurs « vrais » maîtres

Tout a commencé lorsque Kikusui avait remarqué que les yeux de son caniche étaient humides lorsqu’elle allaitait ses chiots. Le chercheur a alors estimé que ces « larmes » s’expliqueraient par le haut niveau d’ocytocines que la chienne présentait à ce moment.

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Pour tester sa théorie, le chercheur et son équipe ont recruté des chiens et leurs propriétaires pour quelques expériences simples. La première consistait à mesurer la quantité de larmes chez les chiens lorsqu’ils retrouvaient leurs propriétaires après une absence. Afin de voir si les chiens privilégiaient vraiment leurs maîtres, une seconde expérience a mesuré les larmes sécrétées chez les chiens lorsqu’ils retrouvent des personnes proches de leur maître. Chaque expérimentation incluait une vingtaine de chiens chez qui l’on a utilisé des bandelettes pour mesurer la sécheresse oculaire et la sécrétion de larmes (en dehors de celles qui sont produites par l’irritation provoquée par la bandelette).

Résultats : le volume de larmes a considérablement augmenté lorsque les chiens ont retrouvé leurs propriétaires, comparé aux retrouvailles avec les connaissances des propriétaires. Les chercheurs ont également remarqué que ce volume augmentait encore plus lorsque des gouttes d’ocytocine sont instillées dans les yeux des chiens.

Une autre expérience a également été menée pour observer ce que la présence de larmes chez un chien pouvait déclencher chez les maîtres. Pour ce faire, les chercheurs ont invité les participants à visionner des photos de chiens où l’on a préalablement artificiellement déclenché des larmes ou non, et demandé à quel point ils désiraient en prendre soin. Tous les participants ont alors déclaré vouloir prendre soin des chiens au regard larmoyant.

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Source : Current Biology

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