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Actuellement, d’énormes incendies ravagent la forêt amazonienne. Depuis le 15 août, plus de 9500 nouveaux incendies de forêt ont éclaté au Brésil, principalement dans le bassin amazonien. En effet, le Brésil est sujet à de violents incendies depuis le début de l’été, notamment à cause de la déforestation qui est, il faut le souligner, quatre fois plus importante que l’année dernière. Jair Bolsonaro quant à lui, le président brésilien, accuse les ONG d’être responsables de cet incendie.

Jusqu’à présent, cette année, les scientifiques ont enregistré plus de 74’000 incendies, rien qu’au Brésil. Cette augmentation marque une augmentation de 83% des incendies de forêt par rapport à la même période en 2018, a rapporté l’Institut national brésilien pour la recherche spatiale. À noter également que le plus grand État brésilien, Amazonas, a déclaré l’état d’urgence ce lundi. D’ailleurs, la ville de São Paulo s’est retrouvée presque plongée dans le noir à cause des épaisses fumées provoquées par l’incendie.

En tant que plus grande forêt tropicale du monde, l’Amazonie joue un rôle essentiel dans la maîtrise des niveaux de dioxyde de carbone de notre planète… En effet, les plantes et les arbres absorbent du dioxyde de carbone et rejettent de l’oxygène dans l’air au cours de leur processus de photosynthèse. C’est la raison pour laquelle l’Amazonie, qui couvre une superficie de 5.5 millions de kilomètres carrés, est souvent appelée le « poumon de la planète » : cette forêt produit 20% de l’oxygène de l’atmosphère de notre planète.

De manière générale, la saison sèche amazonienne s’étend de juillet à octobre et culmine à la fin du mois de septembre. Un temps plus humide pendant le reste de l’année minimise le risque d’incendie à d’autres moments.

Cependant, lors de la saison sèche, les flammes peuvent provenir de sources naturelles (comme des éclairs par exemple). Il est également arrivé que des agriculteurs ou des exploitants forestiers aient délibérément incendié la forêt tropicale humide dans le but de nettoyer des étendues de l’Amazonie, à des fins industrielles ou agricoles.

Les incendies qui font rage en Amazonie ont maintenant des effets généralisés sur le reste du Brésil : les panaches de fumée des flammes se sont étendus de l’état d’Amazonas aux états voisins de Pará et du Mato Grosso, et ont même balayé le soleil de São Paulo, une ville se trouvant à plus de 3200 kilomètres…

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Image satellite de la forêt en feu, datant du 12 août dernier. Crédits : NOAA

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Vue aérienne d’une zone de la forêt totalement calcinée par l’incendie. Crédits : Rogerio Florentino/EPA

Cette semaine d’incendies fait suite à une autre étape inquiétante pour la plus grande forêt tropicale du monde. En effet, le mois de juillet a établi un nouveau record pour la plus importante déforestation jamais enregistrée en Amazonie en un seul mois. En effet, l’Amazonie a rétréci de 1345 kilomètres carrés. Cela représente plus de deux fois la superficie de Tokyo.

Les données des satellites brésiliens indiquent que des zones forestières en Amazonie, de l’équivalent de près de trois terrains de football, disparaissaient chaque minute (lors des mesures du mois dernier). À savoir que la superficie déboisée totale, en juillet, a augmenté de 39% par rapport au même mois de l’année dernière.

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De plus, il faut savoir que le président brésilien, Jair Bolsonaro, estime que la protection de la forêt tropicale n’était pas l’une de ses priorités. Bolsonaro soutient notamment des projets de développement tels qu’une autoroute et un barrage hydroélectrique en Amazonie. D’autant plus que, entre janvier à mai 2019, le gouvernement de Bolsonaro a réduit le nombre d’amendes imposées pour déforestation et exploitation minière illégales (en baisse de 34% par rapport à la même période en 2018), ainsi que de surveillance des activités illégales dans la forêt tropicale.

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Ce mardi, lorsque des journalistes de Reuters ont interrogé Bolsonaro sur ce taux record d’incendies non contrôlés au Brésil, il a souligné le fait qu’il s’agit d’un moment de l’année où les agriculteurs utilisent délibérément le feu pour défricher des terres. Un cycle saisonnier appelé queimada.

« Autrefois, on m’appelait Captain Chainsaw (Capitaine tronçonneuse). Maintenant je suis Nero, qui met le feu à l’Amazonie. Mais c’est la saison du quemaida », a déclaré Bolsonaro. Il a même insinué que certaines ONG, qui sont en faveur de l’environnement, pourraient être à l’origine de ces incendies : « Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces ONG pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés », a suggéré Bolsonaro.

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Une partie de la forêt tropicale détruite par les bûcherons et les agriculteurs le 20 août dernier. Crédits : Reuters/Bruno Kelly

Les conditions plus chaudes dues au changement climatique peuvent permettre aux incendies qui surviennent pendant la saison sèche de devenir encore plus grands et dévastateurs. À noter que le réchauffement climatique augmente également la probabilité et la fréquence des incendies de forêt dans le monde.

Dans l’ensemble, et selon Climate Central, cette année est sur le point d’être la troisième plus chaude jamais enregistrée. L’année dernière a été la quatrième la plus chaude, derrière 2016 (la plus chaude), 2015 et 2017.

Les conditions chaudes et sèches dans l’hémisphère nord sont une conséquence de ce réchauffement sans précédent. En effet, il entraîne la fonte plus précoce de la neige en hiver et un air plus chaud absorbe l’humidité des arbres et du sol. La diminution des précipitations contribue également aux forêts desséchées, qui sont alors encore plus sujettes aux incendies. Ensemble, cela a créé des conditions idéales pour les incendies de forêt au Brésil et ailleurs dans le monde…

Et l’Amazonie n’est pas la seule touchée. À l’heure actuelle, des parties de la Colombie-Britannique, du Canada et de l’Alaska sont également en train de brûler, tandis que plus de 13.5 millions d’acres en Sibérie sont également en flammes.

Sources : Reuters, Pacific Standard, Climate Central

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