Une punaise d’Amérique du Sud pouvant provoquer une grave maladie infectieuse s’est répandue en quelques années seulement en Amérique du Nord, et a de fortes chances de se propager également en Europe ainsi que dans le reste du monde.

La maladie de Chagas, nom peu connu sur le vieux continent, est une infection causée par un microorganisme, le Trypanosomia cruzi.

Ce protiste se développe à l’intérieur des triatomes, une famille de punaises se nourrissant de sang. Les triatomes font le plein durant la nuit en piquant diverses espèces de vertébrés, y compris les humains.

Elles préfèrent mordre sur le visage, généralement vers les yeux et la bouche. Cependant, la transmission ne se fait pas durant leurs piqûres, mais par le biais de leurs défécations qu’elles effectuent souvent durant les repas. Si les fèces entrent en contact avec le lieu de la morsure ou avec les muqueuses, comme les yeux ou la bouche, les trypanosomes peuvent alors pénétrer dans l’organisme.

Chez la plupart des personnes, le début de la maladie reste asymptomatique, avec des fois uniquement des vomissements et des diarrhées, des paupières qui enflent et des symptômes typiques de la grippe comme la fièvre ou des maux de têtes. Les enfants peuvent cependant avoir des problèmes plus graves dès le début de l’infection, tels que des inflammations du cœur et du cerveau potentiellement mortelles.

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Si l’infection n’est pas détectée à temps, elle peut causer dans environ 30% des cas de graves complications cardiaques et intestinales chroniques, ce qui peut conduire à une insuffisance cardiaque ou une mort subite. Sa lente évolution lui a valu le surnom de « SIDA des Amériques », mais contrairement au VIH, sa détection précoce par des tests sanguins et la prise d’antibiotiques permettent d’éliminer définitivement et rapidement le parasite.

La maladie de Chagas ne se trouvait encore il y a quelques années qu’en Amérique du Sud et Centrale, mais elle s’est répandue dans le Sud des États-Unis (Texas, Arizona, Californie, Nouveau-Mexique…) puis vers le nord du continent, notamment au Canada. À présent, des cas d’infections ont aussi été reportés en Europe, en Australie et au Japon, selon l’American Heart Association et l’Inter-American Society of Cardiology, les groupes qui ont effectué l’étude.

Ils estiment aujourd’hui que plus de six millions de personnes dans le monde sont porteuses de la maladie, dont 300’000 aux États-Unis, où se trouvent plus de 11 espèces de triatomes, dont certaines capables de transmettre le trypanosome.

D’autres facteurs, qui sont en grande partie dus à la migration de personnes infectées, ont permis son exportation. Sans oublier les « migrations indirectes » comme les transfusions sanguines ou les dons d’organes, et la voie materno-fœtale.

Ce n’est pas la première fois que les médecins alertent sur la propagation inquiétante de la maladie, car elle a été longtemps considérée comme une maladie tropicale négligée, c’est-à-dire uniquement présente dans les régions pauvres. Mais les avertissements ont toujours été insuffisants.

« Nous étions choqués d’avoir non seulement trouvé un aussi haut taux d’individus testés positifs pour Chagas, mais aussi un haut taux de maladies cardiaques étant liées à Chagas », avait déclaré en 2014 Melissa Nolan Garcia, épidémiologiste de l’Université Baylor.

Sa transmission a pu être stoppée dans certains pays d’Amérique du Sud comme le Chili, mais sa détection tardive et sa présence dans des poches de sang infectées compliquent sa maîtrise dans d’autres pays.

Les chercheurs espèrent que l’estimation des populations infectées ainsi que les diagnostics et les soins, comme des traitements moins toxiques pour les femmes enceintes, seront améliorés. Autrement, le nombre de cas de maladies cardiaques, qui est déjà important pour différentes causes (obésité, tabac), pourrait augmenter significativement dans les années à venir.

Source : AHA journals

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